NIMES
tels que l’amphithéâtre, la Maison - Carrée , le temple de Diane, la tour Magne. Une ville d’une si haute importance sous la domination romaine dut recevoir de bonne heure la prédication de l'Évangile. La première basilique consacrée au culte chrétien fut élevée sur les débris d’un temple romain dédié à Auguste; on en retrouve encore des vestiges évidents à la base de la cathédrale actuelle.
Au neuvième siècle, il est question dans l’histoire de la cathédrale de Nîmes. L’empereur Charlemagne donna un diplôme daté de la quarantième année de son règne, c’est-àdire de l’an 808, par lequel il prend sous sa protection spéciale l’église de Nîmes. Louis le Débonnaire, son fils et son successeur, confirma les lettres de son père, et prit de nouveau, d’une manière solennelle, la cathédrale de Nîmes sous sa protection particulière.
L'église épiscopale de Nîmes, bâtie, sans doute, comme la plupart des autres églises des Gaules, ne put résister aux attaques du temps. Elle fut entièrement rebâtie au onzième siècle, et le pape Urbain IT la consacra solennellement le 5 juillet 1096, en présence de plusieurs prélats et de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, de Rouergue et de Nimes; ce prince fit donation à la nouvelle église d’un domaine situé à une demi-lieue de la ville. L'édifice était vaste et élevé dans de belles proportions ; le plan était à trois nefs , de cinquante-six mètres de longueur, sur vingt-deux de largeur ; la façade était décorée de représentations sculptées en demi-relief, dont les sujets, tirés de l'Écriture sainte, étaient la création du monde, Adam chassé du Paradis ter-
restre, Abel tué par son frère Caïn, l'arche de Noé.
Mais cette église devint la victime des fureurs des protestants au moment où l’on songeait à l'agrandir, en 1567. Un esprit de vertige s'étant emparé de ceux qui abandonnèrent la religion de leurs pères , la cathédrale tomba sous leurs coups, et il n’en resta qu’une partie de la façade, du côté gauche, où se trouve le clocher.
Lorsque la paix fut rétablie, les catholiques demandèrent la réédification de la cathédrale. À peine achevée, les religionnaires, dans un moment de rage aveugle , la démolirent entièrement. Enfin, l’an 1646, la cathédrale étant heureusement rétablie, l’'évèque Hector d’Ouvrier en fit la bénédiction, au milieu des chants de joie des catholiques. Nous ne chercherons point à comparer cet édifice à nos monuments religieux du moyen âge. Quoique nous soyons disposés à admirer le beau architectural sous quelque forme qu’il se présente, dans quelque style qu’il se montre, le parallèle ne saurait se soutenir. L'époque actuelle est aussi venue apposer son cachet sur l’église du dix-septième siècle, en couronnant l'entrée d’un fronton extrêmement aigu, qui n’a aucun rapport avec les autres parties du monument et ne caractérise que le mauvais goût de l'architecte qui l'a construit.
À la façade principale on retrouve quelques fragments très-intéressants de l'édifice du onzième siècle. Une partie de la tour a survécu à la ruine générale, ainsi qu'une frise chargée de sculptures dignes de l'attention des antiquaires chrétiens ; on y découvre plusieurs scènes tirées de l'Ancien Testament.
On voit encore dans la cathédrale de Nimes les tombeaux de deux prélats célèbres, de Fléchier et du cardinal de Bernis.