TOULOUSE
et aux observations. L'église épiscopale de Toulouse eut à subir de nombreuses catastrophes à cette époque désastreuse où les provinces méridionales de la France furent en proie aux plus terribles invasions. Le sort des armés fut très-varié, et dans ces vicissitudes continuelles de grands malheurs pesèrent sur tout le pays. Les Vandales , les Wisigoths, les Sarrasins, les Francs arrivèrent successivement à Toulouse, et y laissèrent des traces de leur domination ou plutôt de leur passage.
Il paraît que l'Église de Toulouse était florissante sous la dynastie carlovingienne, autant qu’on peut le présumer de divers titres de donations de toute espèce émanés de Charlemagne lui-même, de Louis le Débonnaire et de plusieurs gouverneurs d'Aquitaine. Dès cette époque mémorable, où l'architecture chrétienne prit un développement marqué dans la province d'Aquitaine, sous l'impulsion de saint Benoît d’Aniane et de saint Guillaume, la cathédrale est désignée sous le nom de Saint-Étienne. Les Goths avaient exercé une influence certaine sur l’art de bâtir dans les provinces de la Septimanie, au point que plusieurs antiquaires avaient voulu en retrouver des vestiges dans les monuments actuels de Toulouse. Les princes wisigoths n'ont certainement pas régné pendant plus de quatre-vingts ans dans cette ville sans y laisser des monuments de leur puissance. M. Éméric David a fait sur ce sujet des études fort intéressantes ; les textes curieux qu'il s'est plu à réunir et dont il n’a pas fait valoir toutes les conséquences, sont destinés à jeter du jour sur les origines de notre archéologie nationale, jusqu’à présent en-
core assez obscures.
Sans doute, l’église de Saint-Étienne fut rebâtie à plusieurs reprises, mais nous en conservons à peine le souvenir. Jusqu’au temps de Raymond VI, son histoire est plus intéressante sous le rapport des faits que sous celui de son architecture. M. d'Aldéguier, dans un travail assez étendu sur la cathédrale de Toulouse, a su réunir avec talent et expliquer avec sagacité une foule de traits qui ne sont pas à dédaigner dans un ouvrage de cette nature, mais qui n’intéresseraient pas tous les lecteurs, à cause de leur importance purement locale.
Au commencement du quatorzième siècle, la cathédrale de Toulouse acquit les honneurs d'église métropolitaine ; jusque-là elle relevait de l’église primatiale de Bourges. Le pape Jean XXII lui conféra ce titre en 1317 , à cause de son importance et de la suprématie qu’elle exerçait par la nature des choses mêmes sur plusieurs églises moins considérables des Aquitaines. Depuis ce temps elle ‘a conservé toute sa splendeur.
L'église de Saint-Étienne ne se recommande ni par l’ampleur des proportions , ni par la beauté du style, ni par la perfection de l’ensemble. Elle est irrégulière dans le plan, et n'offre point cette réunion de parties graves et imposantes de nos grands édifices du centre de la France. Elle est bien éloignée de la magnificence de l’église de Saint-Sernin, un de nos monuments romano-byzantins les plus illustres , et ne peut être rangée qu’à une place secondaire dans la série des basiliques épiscopales.
La plus ancienne construction paraît être la nef, bâtie vers
le commencement du treizième siècle, par Raymond VE,