AIRE
cintre roman, l’arcade ogivale, l’ordre corinthien ; le premier avec ses procédés graves, le second avec sa grâce et son expression religieuse, le dernier avec sa froideur classique. Quoique plusieurs générations aient contribué à l'érection de ce monument, il était réservé à la nôtre d'ajouter à la nef principale deux collatéraux étendus.
Les dimensions générales de l'église d'Aire ne sont pas très-considérables. La longueur totale de la porte d'entrée jusqu’au chevet est de quarante-huit mètres; la largeur de la nef est de huit mètres cinquante-six centimètres, et la longueur du transsept, trente-un mètres ; hauteur sous voüte, quinze mètres. Le style ogival se fait remarquer dans les voûtes du transsept sud, de la grande nef, des chapelles les plus rapprochées des extrémités de la croisée et dans quelques constructions accessoires. Le style romano-byzantin se montre dans les deux chapelles adossées au sanctuaire, ainsi que dans les piliers et les grandes arcades du centre commun. Tout le reste de l’église est moderne.
Le chœur a été bati sous l’épiscopat de M. Playcard de Raygecourt, qui dura de 1756 à 1783; c’est assez dire que le style en est insignifiant. Quelques pilastres corinthiens sont placés de distance en distance, comme pour indiquer un système d'architecture , en interrompant la monotonie des trop larges surfaces. L'entablement supporte une coupole lourde et surbaissée, couverte de caissons ornés de rosaces ; “la voûte du sanctuaire est en briques et couverte de peintures à panneaux; la décoration de toute cette partie est décente, à défaut d'autre mérite. Nous sommes bien loin de retrouver dans cette modeste basilique les magnificences de
l'architecture, jointes à la pompe des vitraux peints, qui saisissent si profondément à l'aspect de l’abside de nos grandes cathédrales; deux mesquines fenêtres corinthiennes, de chaque côté, répandent la lumière dans la partie supérieure de l’église. Peut-être à la base des murailles du sanctuaire existe-t-il extérieurement quelques portions plus anciennes que l’ensemble des constructions qui forment le chœur et l’abside.
L'intertranssept, centre commun où se coupent la nef principale et la nef transversale de la croisée, est formé de quatre arcades ou grands arcs doubleaux, dont trois sont à plein cintre et une en ogive, à l’ouverture du vaisseau. Cette disposition semble indiquer différentes époques de construction ou bien une sorte d’hésitation dans le plan des architectes, ou enfin l’époque de transition entre le style romano-byzantin et le style ogival, transition qui s’opéra généralement au commencement du. douzième siècle ; la dernière supposition est la plus vraisemblable. Ces quatre arcades reposent sur des colonnes à demi engagées, dont les chapiteaux, d'une sculpture grossière, où l'on voit de lourdes feuilles sans découpures et des figures barbares, indiquent suffisamment l’âge auquel on doit les attribuer. La voûte de l’intertranssept est ogivale, et la clef présente des armoiries appartenant à l'évêque Tristan d'Aure, qui siégeait en 1461, et au cardinal Pierre de Foix, mort en 1490. Ces signes héraldiques, Joints aux caractères de l'architecture ogivale de l'église, annoncent que cette portion, de même que la nef, date de la dernière moitié du quinzième siècle.
Les deux croisillons du transsept n’offrent rien de remar-