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SAINT-FLOUR

L'appareil de construction et la décoration murale par les matériaux forment une des plus intéressantes particularités des édifices de toutes les époques de l'Auvergne. Les pierres propres à recevoir des sculptures se trouvent difficilement , et celles de la contrée sont extrêmement dures et ingrates. Mais les montagnes, qui représentent presque toutes des volcans éteints, fournissent des substances diversement colorées. On s’en est servi pour composer des espèces de mosaïques d'un effet singulier , qui ne manquent pas d'agrément à distance. Nous ne ferons qu'indiquer ce mode de décoration, dont nous avons parlé assez longuement ailleurs en parlant des diverses écoles architectoniques en France *.

Saint-Flour, que l'on aperçoit de très-loin, est construit sur un plateau basaltique et tire son nom de saint Flour , premier évêque de Lodève, qui, après avoir prèché l'Évangile dans les montagnes de l'Auvergne, mourut vers l’an 389, sur le mont où se trouve bâtie aujourd’hui la ville.

La cathédrale de Saint-Flour, après avoir éprouvé de nombreuses vicissitudes ; fut reconstruite vers la fin du quinzième siècle. Nous ne connaissons pas la date positive de cette restauration , mais les caractères archéologiques ont une signification tellement évidente, qu'il est impossible de faire naître le moindre doute à ce sujet. Le style ogival tertiaire s’y montre avec son élégance et sa délicatesse, mais aussi avec ses défauts. Si les détails sont traités avec ce goût plein de science qu'on ne connaissait pas auparavant, on y reconnait

trop aisément la prétention et le désir de faire parade de son

* Voir : Archéologie Chrétienne, page 199 et suiv.

talent. L'église de Saint-Flour est plus simple que les autres édifices du même âge ; l’ornementation y est moins luxuriante. Les chapiteaux n’y sont point composés de ces riches guirlandes de feuilles et de fleurs qui s'épanouissent avec tant de grâce et de fraicheur : ils sont remplacés par des moulures analogues à celles que l’on voit dans l’église de Notre-Dame à Moulins. Les voûtes, tapissées de nervures, qui retombent sur de légers piliers sans chapiteaux , produisent un effet imposant. La simplicité des formes, qui semble former le caractère saïllant dans toutes les parties de l'édifice de Saint- Flour , est une simplicité noble et majestueuse ; elle communique à l’ensemble une religieuse gravité qui saisit et impressionne vivement.

La façade, bâtie à la fin de la dernière époque ogivale, n'offre pas la richesse quelquefois minutieuse des détails que l'on prodiguait alors dans les provinces où des matériaux convenables servaient l'habileté des ouvriers. Elle manque un peu d'élévation et de cet aspect grandiose qui semble faire le partage des frontispices des cathédrales ; les portes mêmes n’ont presque aucune décoration. De petites fenêtres carrées lui donnent l'apparence d’une construction civile, et sans les énormes tours qui l’encadrent, on pourrait méeonnaitre une église. Beaucoup trop larges pour leur hauteur, ces tours n’appartiennent à aucun style d'architecture; le dernier étage parait moderne. On lit sur le portail une inscription qui fixe la date de la construction de la façade, et probablement aussi de l’église entière : Cette église fut dédiée par le révérend père M Antoine de Montgon, évêque de

Saint- Flour, à l'honneur de Dieu, de saint Pierre, apôtre,

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