‹ Les cathédrales de FranceChapitre 80 sur 109 · DE PAMIERS · texte numérisé non relu

DE PAMIERS

7 À religion chrétienne régna la première dans %. le pays où s’élève aujourd'hui la ville de Pa-

JF miers. Toutes les campagnes qui l’environ-

au dixième siècle. Suivant les traditions populaires et le récit de quelques chroniques erronées , l'origine de Pamiers se perdrait dans la nuit des temps et devrait être attribuée aux plus anciens établissements celtiques. Les souvenirs historiques les plus reculés font mention de cette contrée comme appartenant primitivement aux comtes de Carcassonne. Le château féodal est plus récent que le monastère de Frédélas, qui subsistait déjà vers l'an 960. La bourgade qui se con-

struisit à l'ombre des murs du cloître et sous sa dépendance, en proie à des vexations révoltantes de la.part des comtes de Carcassonne, appela à son secours les comtes de Foix, qui s'empressèrent de la mettre sous leur patronage, après l’avoir délivrée. On croit que Roger IT, seigneur de Foix, fit bâtir le château, au pied duquel se déploie la cité moderne, depuis son retour de la Terre-Sainte, en 1124, et qu'il lui donna le nom d’Appamée ou d'Appamia, en mémoire de la ville d'Appamée en Syrie, d’où il avait apporté des reliques. Dans l'Histoire générale du Languedoc , il est dit que cette ville a été formée, dans sa naissance, du château de Pamiers : du village de Frédélas et de deux autres villages voisins, qui, S'étant agrandis dans la suite, n’ont composé qu’un seul corps sous le nom de Pamiers.

En 1208, la ville fut saccagée par le comte de Foix, qui défendait les droits de Raymond, comte de Toulouse, contre l’armée des croisés. Elle eut quelque peine à se remettre de ce désastre : ce fut cependant dans le cours de ce même treizième siècle que son église obtint le titre glorieux d'église épiscopale. Comme s'il eût entré dans les destinées de cette ville de souffrir à différentes époques des excès de novateurs fanatiques, au seizième siècle, les protestants, sous la conduite du prince de Condé, s'en emparèrent. I1 suffit de dire qu’elle fut abandonnée au pillage et à la discrétion du soldat, pour qu’on se fasse une idée des violences et des cruautés inouïes qui pesèrent sur la population catholique. Les monuments religieux furent la première proie de l’avidité sacrilége; rien ne fut respecté : les choses saintes furent indignement profanées.

La cathédrale de Pamiers éprouva dans son existence des vicissitudes nombreuses, jusqu'à ce qu'enfin elle fût rebâtie à peu près dans l’état où nous la voyons maintenant, sous le règne de Louis XIV. La direction des travaux avait été confiée à l’un des architectes les plus célèbres de son temps, Mansard , qui en donna les plans et dessins. En nommant le siècle de Louis XIV, nous avons tout dit pour faire connaître entièrement le style qui domine dans cet édifice; ce mot seul vaut une description. De même que le style architectonique religieux du treizième siècle parait être le plus | haut degré de perfection auquel le génie de l'Occident soit arrivé dans des âges qu'on appelle barbares, et qu'il suffit de l'indiquer pour rappeler le souvenir des plus nobles inspirations ; ainsi l'art païen, ranimé par la renaissance, eut son expression la plus complète dans la littérature et dans toutes les branches des sciences qui forment le domaine de l'esprit humain, sous la protection de ce roi, qui fut grand sans doute, mais qui à été beaucoup trop vanté.

La cathédrale de Pamiers est surmontée d'un clocher élancé, dont la pointe élevée jusque dans les nues domine

un paysage très-pittoresque.

SAMY YANCEMA

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