‹ Les cathédrales de FranceChapitre 94 sur 109 · SAINT-CLAUDE · texte numérisé non relu

SAINT-CLAUDE

des populations sans cesse agitées portaient les armes dans des guerres toujours renaissantes , les moines, serviteurs de Dieu, défrichaient péniblement les déserts qu'ils habitaient, et préparaient les éléments fondamentaux des sociétés modernes. Nous n’avons nullement intention de nous engager dans cette question qui nous écarterait du but auquel nous devons tendre, nous voulions seulement jeter en avant une pensée juste, à propos de l'abbaye de Saint-Claude, sur laquelle des écrivains passionnés et haineux ont débité des fables absurdes.

La ville de Saint-Claude se forma dans le principe à l’abri des murailles du monastère bénédictin. Quelques cabanes se groupèrent peu à peu dans le voisinage du cloître, et au bout de plusieurs siècles il en résulta une cité assez populeuse. Le site du lieu était d’ailleurs favorable à la réunion de nombreuses habitations. Saint-Claude est posé sur le bord d'une rivière, au fond d’un vallon entouré de montagnes. Si l’horizon n’est pas vaste, le climat, au moins, est tempéré et d’une douceur agréable.

L'église abbatiale reçut les honneurs d'église épiscopale au milieu du siècle dernier seulement. L'évêché de Saint- Claude fut érigé en 1742. Les souvenirs chrétiens qui peuvent s’y rattacher ne sont pas, par conséquent, fort intéressants. La cathédrale est un édifice d'architecture mélangée qui ne se fait distinguer par aucune particularité bien remarquable. Quelques portions, pourtant, ne sont pas indifférentes à l'archéologue chrétien, curieux d'étudier dans les monuments de tous les âges les vicissitudes et Les trans-

formations de l'architecture. «

de

MOTRE-DAME

DE MONTAUEAN.

"ÉGLISE épiscopale de Montauban ne remonte pas à une très-haute antiquité ecclésiastique, = et cependant elle eut à subir de grands mal-

beurs à diverses époques. Nous parlerons seu-

lement des rudes épreuves qu’elle supporta dans les premiers temps de la réforme. Les historiens aveu-

glés par la prévention ont débité des fables de toute espèce

sur la prétendue tyrannie des abbés de Montauriol et sur les

. causes de la fondation de Montauban. Ils auraient dù bien

à plutôt reconnaitre les sourdes menées que les hérésiarques LU conduisaient sous les influences de Raymond, comte de Toulouse, et les efforts cachés qu'ils faisaient pour soustraire les

populations à l'empire de leurs premières croyances et à

Page 1