MONTAUBAN
l'autorité de leurs légitimes seigneurs. Ne cherchons point à soulever ici un voile qui couvre bien des ignominies ; arrivons à un siècle où la ville de Montauban, abjurant la foi de nos pères, devint un des plus fermes remparts du protestantisme dans le midi de la France. La réforme y fit de rapides progrès , et s’étendit bientôt jusque dans les derniers rangs de la société. Nous ne chercherons point ici à excuser d'inutiles violences, et les dragonnades de Louis XIV demeureront toujours odieuses ; nous voulons seulement constater, en passant, les excès auxquels se livrèrent les prétendus réformés sur tous les monuments religieux. Cette fureur sacrilége ne fut pas d’ailleurs particulière au midi de la France, il n’est presque aucune des grandes basiliques dont nous avons esquissé l’histoire qui n’ait plus ou moins souffert des atteintes des iconoclastes modernes. À voir la passion de détruire qui les animaiït, on eût été tenté de croire qu’ils voulaient anéantir tous les monuments qui accusaient leurs changements et qui portaient témoignage, par leur ancienneté vénérable, contre leurs doctrines nouvelles. La vérité ne date pas d’hier dans l'Église de Jésus-Christ; elle s’est conservée pure dans l’enseignement de nos pontifes , dont l’admirable succession forme une chaine non interrompue de témoins jusqu'aux temps apostoliques.
La cathédrale actuelle de Montauban est loin de pouvoir être placée au rang des constructions dont le génie catholique du moyen âge puisse s'enorgueillir ; elle est en grande partie moderne, et la construction en a été achevée en 1739 par l'architecte Larroque. Celui-ci abandonna le plan d’abord
conçu d'élever un clocher sur la coupole du milieu de l'église,
et remplaça cette tour par deux campaniles, placés de chaque côté du frontispice, et surmontés d’une boule dorée.
L'église de Montauban a la forme d'une croix grecque de quatre-vingt-sept mètres de long sur trente-huit mètres de large; vingt piliers en pierres de taille, ornés de pilastres d'ordre dorique et ayant quatorze mètres de hauteur, supportent une voûte en stuc de vingt-cinq mètres d’élévation au-dessus du pavé; seize grandes arcades, surmontées de fenêtres, établissent des communications entre la nef et les bas-côtés, qui sont bordés de chapelles accessoires. L’autel est isolé et placé entre le chœur et la nef, sous la coupole, au point où aboutissent les quatre branches de la croix. Un perron de onze marches règne sur toute la façade de la cathédrale, dans laquelle on entre par trois portes lourdes comme tout le reste de l’édifice. La porte principale est ornée de deux colonnes d'ordre dorique, isolées et accouplées de chaque côté; les deux autres portes, plus petites, sont accompagnées de pilastres du mème ordre, avec des niches entre les deux.
Nous croyons inutile de répéter encore pour la cathédrale de Montauban ce que nous avons dit déjà plusieurs fois pour certaines cathédrales modernes. IL est évident pour tous ceux qui voient ces édifices, qui n’ont point été bâtis sous l'influence des idées chrétiennes dans l’art, que le style en est froid et vide de toute signification.
SAN A-JLAN-LAPAISEE