‹ Les cathédrales de FranceChapitre 98 sur 109 · DIGNE · texte numérisé non relu

DIGNE

dessus du portail. Ces figures, assez fréquemment employées en Italie et dans le midi de la France, rappellent le souvenir des plus anciennes traditions ecclésiastiques. La cathédrale du Mans nous montre l'exemple le plus avancé, dans le nord, de cette curieuse disposition. Au-dessus du portail on voit une grande et belle rose, encore garnie de ses vitraux, qui fait le plus riche ornement du frontispice; la distribution de ses meneaux et le style des moulures indiquent le commencement du quatorzième siècle.

Lorsqu'on pénètre à l’intérieur de l’église de Notre-Dame, on est frappé de la noblesse et de la majesté qui y règnent. Les proportions semblent s’augmenter à l'œil et la voûte s’exhausser, à cause de l’habile ordonnance de l’architecture. Le plan est en forme de croix latine, et présente dans œuvre cinquante mètres cinquante centimètres de longueur, sur huit mètres cinquante centimètres de largeur et dix-sept mètres de hauteur.

La nef est formée de quatre travées, dont les ares, ainsi que ceux des voûtes, sont rompus au sommet. Ils doivent être rapportés à l'origine du style ogival, et, joints à d’autres caractères, ils indiquent que l’église, dans son ensemble, remonte au douzième siècle, époque à laquelle s'opéra, dans presque toutes nos provinces, la fusion du style romano-byzantin et du style à ogives. Les colonnes sont généralement bien dessinées et couronnées de chapiteaux élégants. Quelques fenêtres sont ornées de trilobes.

Sur les murailles on aperçoit des restes de peintures murales, qu’on peut attribuer aumquinzième et au seizième siècle. Malgré leur état de mutilation , on ne saurait veiller

pr ; Pt CE avec trop de sollicitude à leur entière conservation. L'iconographie chrétienne du moyen âge a fait des pertes si cruelles et si nombreuses, que nous devons en garder avec un respéct

religieux les derniers lambeaux échappés au vandalisme.

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