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DE DIGNE

"ÉGLISE épiscopale de Digne remonte à une très-haute antiquité, puisque, dès l’an 340, il

y eut un évèché établi dans cette ville. La ca-

thédrale actuelle est un édifice moderne sans grandeur, sans style et sans dignité. Elle est bâtie sur un roc qui domine toutes les habitations particulières, et elle ne doit qu'à sa position heureuse et pittoresque d'attirer les regards des voyageurs. M°' Sibour, prélat savant et zélé, fait en ce moment des démarches actives pour la construction d’une cathédrale nouvelle, plus grande et plus convenable. Tout fait espérer que Digne possèdera bientôt un monument élevé d’après les principes de l’art religieux , selon le modèle

des édifices chrétiens dont le midi de la France est si riche,

et que son évêque suivra les traces de nos illustres pontifes du moyen âge, qui dirigeaient et inspiraient, pour ainsi dire, l’œuvre de leurs églises.

Nous placerons ici quelques détails propres à intéresser les antiquaires sur l’église de Notre-Dame, ancienne cathédrale de Digne. Autrefois de nombreuses maisons s'étaient groupées au pied de la montagne de Saint-Vincent et à l'ombre du saint édifice; mais une peste terrible força les habitants à chercher sur les hauteurs voisines d’autres demeures et un air plus pur. Depuis ce temps, ils ne descendirent plus dans la vallée de Notre-Dame que pour mêler leurs ossements à ceux de leurs pères. Le cimetière environne l'église et rend plus sévère encore l'aspect extérieur du monument. La masse principale en est lourde et sans mouvement et n'offre rien de remarquable, si ce n’est une tour quadrangulaire adossée à l'édifice du côté de la voie publique. L’œil exercé ne tarde pas à y reconnaître les caractères du style romano-byzantin primordial, au petit appareil, aux ouvertures cintrées, et à quelques détails d'une exécution assez soignée. Cette partie est antérieure au reste de l'édifice, et c’est sans doute un vestige d’une con- Struction plus ancienne que l’église actuelle.

Le portail est légèrement ogival et décoré de colonnettes élégantes; il appartient à la phase tränsitionnelle, qui fut témoin de la naissance et de l'application de l'arc en tierspoint. Deux lions grossièrement sculptés semblent garder l'entrée du lieu saint; ils sont accroupis, et soutenaient sur leur dos deux colonnes qui.portaient probablement une pe-

tite balustrade dont on aperçoit quelques faibles traces au-

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