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CHEVET DE LA CATHEDRALE DE BAYEHX

des piliers dont elles font le tour ; à l'étage suivant les chapiteaux à crochets sont du XI Ile siècle.

Le mur est couvert d'incrustations et de gravures figurant des vanneries, des entrelacs, des disques, des quatre-feuilles ; puis règne en guise de trilorium une galerie continue d'arceaux trilobés, décor typique de l'architecture régionale. Ici l'on

passe sans transition, du style roman au gothique. Il n'y a de vrai triforiuni qu'au chœur. Plus haut vient le clair-étage, assez élevé, ayant pour trumeaux des groupes de colonnettes et encadré dans les formerets des voûtes, à simple croisée d'ogive.

Le transept ne remonte qu'au XIV' siècle ; son portail Sud a gardé son huisserie primitive. L'église possède 21 chapelles latérales y compris celles du chevet.

Le chœur est d'une grande beauté, d'une architecture plus délicate que la nef; c'est le chef-d'œuvre du gothique normand avec ses sveltes piles formées chacune d'un faisceau de 22 colonnettes, ses arches à trois rangées de claveaux d'un grand effet. Il se compose de quatre travées et d'une abside, et offre trois étages; il est entouré d'un déambulatoire avec cinq chapelles rayonnantes, précédé de chapelles rectangulaires. Son haut mur, percé de cinq lumières, est porté sur des groupes de deux colonnes et de deux colonnettes. Les tympans entre les arcades sont ornés de roses ajourées. Le triforium, très élevé, est d'une élégance remarquable ; il a l'apparence d'une tribune par le dessin de ses arches géminées à l'abri d'une décharge, avec deux lancettes trilobées inscrites dans chaque division. On est ébloui de la beauté de l'abside, bordée de cette galerie élégante, qui est le chef-d'œuvre du genre. Entre ses arcatures rehaussées d'une luxuriante sculpture végétale, s'élancent des colonnettes qui vont, à la naissance du clerestory (on nomme ainsi l'étage de fenêtres hautes), recevoir les retombées de la voûte. Ailleurs des colonnettes triples partent du sol et s'élancent jusqu'en haut de l'édifice. Les murs sont ornés de rosaces sculptées retraçant des scènes de la Bible, l'histoire de saint Loup et de saint Vigor. A la voûte sont peints les noms des vingt-et-un premiers évêques de Bayeux et les bustes de plusieurs.

Nous avons parlé du remaniement de 1857. On démolit le jubé et la tour du Sanctns avec le dôme central, que ne pouvaient plus porter les piliers du transept. Alors fut raccourci le chœur des chanoines, qui envahissait le transept, et fut mutilé l'ensemble des stalles. Celles-ci avaient remplacé au XVI I" siècle les stalles sculptées au XIV' siècle par l'huchier Jacques Lefebvre, au nombre de cent quatre. Une cloche ancienne fut refondue. On restaura enfin la chapelle du chevet, garnie de lambris Louis XIII.

La vue d'ensemble extérieure du chœur est fort belle ; le style normand s'y accuse par les quatre tourelles qui se dressent à la naissance de l'abside, et par le caractère grave, majestueux des lignes. Vers l'Ouest, s'élève le petit € poj-che dti doyennés faisant face à l'évêché. On y remarque une frise grecque, et au-dessus, une charmante galerie à arcatures trilobées.

L'église garde une verrière du XV« siècle et de curieuses peintures murales des XV" et XVI" siècles, ainsi qu'une partie des pierres tumulaires qui formaient naguère son pavement. Elle possède la chasuble de saint Thomas de Cantorbéry, et un curieux fauteuil pliant du XI II* siècle. L'ancienne armoire du Chartrier, du XIII' siècle, polychromée qu'on voit dans la sacristie, est très célèbre. Citons encore le carrelage cmaillc de la salle capitulaire, fort remarquable mais malheureusement très usé, et un beau retable en pierre conservé dans une chapelle latérale.

CATHÉDRALE DE COUTANCES

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