I. A. Choisy, Histoire de ParckiUcture, II, p
Fig. IJl. — CATHEDRALE DE PiilTIEUS.
Cathédrales Gothiques.
L'aspect est saisissant et d'une réelle grandeur, malgré les dimensions modestes, des nefs curieuses de Saint- Pierre de Poitiers. Ce sont trois nefs d'égale hauteur et de lart^eur presqu'égale, aux voûtes puissantes portées de chaque côté sur sept forts piliers ; elles ont pour fond l'immense muraille du chevet; plat. Elles sont
couvertes de belles voûtes Plantagenet domicales, nervées, à liernes ; les nervures toriques, légères, descendent toutes sans se réunir ni se noyer dans la pile, sur des colonnes légères formant un pilier en faisceau, ornées de petits chapiteaux bien accusés. La largeur du vaisseau est de 39 mètres, et les voûtes montent à 49 mètres de hauteur.
Les voûtes de côté contrebutent celles du milieu au niveau de leur naissance. Le vaisseau est éclairé par les hautes fenêtres latérales géminées, qui jettent dans le vaisseau l'éclat d'une lumière colorée par les vitraux. Sous ces verrières régnent de grandes arcatures en plein-cintre portant une coursière, dont la saillie est soutenue par des corbeaux a figures finement sculptées.
L'impression est accrue par un raffinement d'architecture consistant dans un plan curieusement évasé, les nefs allant en se rétrécissant par le fond, comme si l'on avait voulu favoriser la présence de la grande foule, dont l'attention converge vers le sanctuaire ; mais il paraît que la forme trapézoïdale de Saint-Pierre a été déterminée par la présence de la chapelle de Saint-Sixte, sur laquelle la cathédrale est bâtie. Feu le P. de Lacroix a retrouvé la descente vers cette chapelle antique, datant de 1018, et une absidiole ayant fait partie de la cathédrale mérovingienne.
Dans le milieu de sa profondeur, l'église est flanquée de deux chapelles orientées simulant un transept ; au fond des trois nefs, le chevet est largement creusé en pseudo-absides aux dépens de l'unique mur du fond
L'édifice offre un extérieur dépourvu de silhouette avec son grand comble
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CATHÉDRALE DE VANNES 17
unique, son chevet au pignon sans saillie, et ses tours inachevées. Le transept est à peine indiqué par les chapelles latérales carrées. Les absides peu profondes ne s'accusent pas au dehors.
La façade actuelle est d'un effet magnifique ; elle est encadrée de deux tours inachevées, commencées au milieu du XIII«^ siècle ; ses parties supérieures sont des XIV et XV=.
Les trois portails, ouvrant sur les trois nefs, sont ménagés entre de oros contreforts ; ils s'enfoncent en profondes voussures ornées de rangées de niches avec leurs statuettes, et leurs tympans en cintre brisé sont habités par des rangées de petits personnages en bas-relief, distribués en deux et trois registres horizontaux ; ces basreliefs sont remarquables, surtout ceux de la porte Saint-Michel, au Nord. Les vantaux de bois de la porte occidentale, caractéristiques du style local, sont de rares spécimens d'huisseries du XIV" siècle.
Plus haut, dans la paroi calme de murs solidement appareillés, s'ajoure une belle rose inscrite dans un carré, et formée de 6 lancettes divisées chacune en trois petites placées : 2 et i, et trilobées. Au dessous, une galerie aveugle à lancettes géminées, au-dessus, une autre, à lancettes alignées et repercées ; enfin, dans le trianole du pignon fleuronné, entre deux pyramides, une petite rose ajourée de rosaces ; telle est la partie centrale de la façade. Les ailes latérales, couronnées d'une balustrade à quatre-feuilles, sont percées chacune d'une large verrière rayonnante (').
Au chœur on voit des stalles du XIV siècle, les plus anciennes de France.