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BASES DE L'EPOQUE RAYONNANTE

Fig lyç

BASES DE L KPOQl E FLAMBCJYANTE.

le point de départ de tout fenestrage, ajouré ou aveugle. Supposez deux montants verticaux ou rneneaux réunis au-dessus par une arcature ; rapprochez le pied des montants, et substituez aux lignes droites des lignes ondulantes, vous aurez la même flamme, cette figure géométrique qui porte en elle un élément funeste, un germe de mort, à savoir le principe de la contre-courbure, principe irrationnel, dans les tracés d'arceaux.

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CATllEDRALKS GOTHIQUES

Ajoutons que les moulures se compénctrent, que parfois les nervures se noient directement dans les piliers, et que les voûtes se compliquent, offrant des liernes, tiercerons et autres ramifications, dessinant tantôt des étoiles, tantôt des compartiments multiples.

fig. 180.

BASES KESSAUTANTES.

Ce style a été justement qualifié de style de décadence ; toutefois il ne faut pas méconnaître les qualités de grâce et de richesse que déploie cette brillante éclosion architecturale. « Le style flambo)'ant, remarque M. Gonse, a produit des œuvres d'un caractère vivace et original, et je n'y

découvre pas, pour ma part, les symptômes de fatigue et de découragement, que les détracteurs de l'idée gothique se sont plu à y reconnaître. »

Selon M. C. Knlart, le style flamboyant est originaire d'Angleterre, et se serait implanté en France au cours de la guerre de Cent Ans. Feu Anth)'me Saint-Paul repousse cette genèse, et montre qu'en réalité les germes du flamboyant apparaissent en France dès la fin du XI 11*^ siècle. En réalité, ce style a coexisté parallèlement avec le style rayonnant, mais n'a supplanté celui-ci qu'au XV^ siècle.

Or, l'élément flamboyant va désormais tout absorber ; il va dessiner sa capricieuse sinuosité dans les vastes tympans des fenêtres et sur les larges ouvertures des roses ; mais il va en outre se déployer dans ces fenestrages aveugles, qui tapisseront désormais tous les pleins des murs ; car l'on ne supportera plus, à l'avenir, de voir un pan de muraille lisse, dépourvu de moulures.

La flamme, en tant que courbe sinueuse, engendre l'accolade, qui déformera le cintre des larmiers et même des arcades. Partout les lignes vont serpenter, danser, flageoler, et à l'architecture sévère et sage du XIV' siècle, succédera le style léger et confus du XV-^. Le poison s'infiltrera de toutes parts. Les nervures des voûtes deviendront prismatiques et sèches, maigres et compliquées ; leurs membres multiples deviendront de simples moulures se profilant à travers les piliers jusqu'au sol en faisant disparaître les chapiteaux. Les bases, réduites à de sèches moulures, pour ne pas rester inaperçues, ressauteront tapageusement l'une sur l'autre. Les contre- forts se tapisseront de dentelles, de niches, de pinacles. Les belles sculptures d'antan, qui interprétaient si magistralement la nature, vont se dessécher ; elles deviendront banales, et reproduiront à l'infini des feuilles purement conventionnelles et déchiquetées, surtout le chou frisé.

Tels sont les signes de la décadence incontestable et irrémédiable qu'amène le XV' siècle. Néanmoin.s, à côté de ces défauts, l'architecture garde encore bien des beautés, et, dans les monuments qui en sont plus ou moins affectés, nous pouvons encore admirer de beaux tracés en plan, des ordonnances superbes, de sublimes envolées vers le ciel, des prodiges de légèreté, des tours de force d'équilibre, de merveilleuses richesses. Sous Louis XI, elle montre un renouveau de vitalité, un retour de sève, une abondance de productions remarquables, qui jettent un dernier éclat sur un style qui va mourir.

Avec le règne de Charles VII, .se répand surtout cette architeeture flamboyante. On en voit des exemples dans la façade de Saint Germain-l'Auxerrois, construite par Jean Gaussel ('435-'439J. dans le portail de la chapelle d'.Xmboise, et au.ssi dans la .somptueuse façade de la cathédrale de Tours.

C'est à la dynastie des Chambiges, dit M. Gonse, architectes renommés de l'époque, et à leur école, qui s'est prolongée jusqu'au XIV' siècle, que le gothique flamboyant, dans l'Ile-de- France, doit sa forme la plus délicate, la plus savoureuse. Résumons ses caractères :

CATHÉDRALE DE PAMIKRS

Le plan reste à peu près le même. On voit apparaître, exceptionnellement, dans l'église deux nefs, chez les Ordres mendiants (exemple : les Jacobins de Toulouse).

Les contreforts perdent leur aspect massif; leurs sections, aux étages successifs, sont des carrés inscrits l'un dans l'autre, de manière à laisser à découvert des espaces triangulaires, amortis par des gables minuscules et de petits pinacles ; les arêtes alternent aux faces d'un étage à l'autre: les faces sont ornées de fenestrages aveugles. Les arcs-boutants sont séparés de l'aqueduc qu'ils portent, par une partie ajourée.

Le triforium est ajouré et se confond avec la claire-voie.

Les arcs offrent des cintres à plusieurs centres ; ils sont surbaissés, relevés, festonnés (fig. 181, 182, i8j.)

Les fenêtres, les roses, les balustrades A

et toute la partie ajourée, offrent des résil- ^%.

les flamboyantes. Les meneaux n'offrent plus de colonnettes, mais seulement des moultires prismatiques, plus ou moins compliquées comme profil.

Les colonnes et colonnettes tendent à faire place à des faisceaux de moulures prismatiques nombreuses, à profils maigres et secs, qui montent sans interruption jusqu'à la clef des archivoltes et jusqu'au sommet des voûtes, ne faisant qu'un avec les arceaux ; aucun chapiteau ne vient interrompre leur jet.

Parfois cependant les architectes reprennent l'ancienne colonne monocylindrique dans laquelle descendent et se noient les nervures.

Les nervures elles-mêmes, ramifiées, prismatiques et peu saillantes, affectent les tracés les plus complexes. C'est au XV'^ siècle que régnent les voûtes à liernes et tiercerons, à compartiments triangulaires formant des réseaux complexes, les voûtes aux travées carrées et chevauchantes, croisées comme celles de la grande nef de Saint-Bavon à Gand, les voûtes en étoile, à clefs multiples, les voûtes en éventail des Anglais, etc.

Les clefs s'allongent, deviennent pendantes et prennent la forme de stalactites suspendus à l'aide d'artifices de construction, menaçant de tomber sur la tête des fidèles, comme à la cathédrale d'Albi.

Les tores cylindriques font place à des moulures anguleuses et prismatiques. Les arcs et même les nervures se garnissent parfois de festons, formés d'une série de redents fleuronnés, suspendus à leurs intrados.

Voici les traits essentiels du style flamboyant : arcs en accolade ; résilles à flammes, avec soufflets et mouchettes, chapiteaux à moulures et bases allongées ; flore déchiquetée ; pénétration des moulures ; cintres en accolade.

Fi,i;. iSi. Fig. 182. Fig. 1S3.

ARCS FLAMliOYASTS EN ACCOLADE SURBAISSÉS.

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