MOULURE A LISTEL
si l'on ne s'était avisé de l'habile expédient, consistant en un listel qui garnit dès le XIV'^ siècle
maintes moulures, et plus tard chaque colonnette, transformée en nervure prismatique (fig ijy)
La sculpture devient moins naïve, moins sympathique ; elle frise parfois la caricature ; elle
reproduit de préférence des plantes déchiquetées, comme la
chicorée et le chardon.
En même temps on voit l'arc en lancette ou en tiers-point faire place à des arcs surbaissés, et souvent même, dans les larmiers, à des arcs à contrecourbes, dits en accolade, car ils ont précisément la même inflexion, au milieu, que les traits en accolade dont nous nous servons pour grouper sous un signe d'union plusieurs lignes d'écriture.
Au XVe siècle le pilier est formé plutôt d'un faisceau de TRACÉ THÉORIQUE, moulures prismatiques que d'un assemblage de colonnes engagées {fig. ijj). Il en résulte que le chapiteau tend a disparaître, et les nervures se prolongent dans le pilier pour descendre jusqu'au sol. Les bases, de plus en plus multipliées, menacent de devenir insignifiantes. Aussi l'architecte use-t-il d'un curieux artifice : de la base proprement dite A (fig. 17c) et de la moulure C du .socle, il ne fait plus qu'un seul membre, si bien que la base, qui se développait primitivement dans le sens horizontal, s'étend maintenant tout en hauteur. Mais tant de bases minuscules finissent par être indistinctes i on recourt à un nouvel expédient, qui est de les faire ressauter l'une sur l'autre en les posant à des niveaux différents (fig. iSo).
Le jour était venu où les formes aussi pures qu'élégantes du gothique à son apogée fatiguaient les yeux, et où les ingénieuses combinaisons des fenestrages rayonnants parurent monotones. Un appareilleur de pierre imagina sans doute, à la fin du XIV^ siècle, de tracer deux demicercles en sens opposé sur les deux moitiés du diamètre d'une circonférence. Si le lecteur veut essayer cet exercice très simple de géométrie, il comprendra que, dès lors, était découverte la flamme, c'est-à-dire cet élément essentiel du style tertiaire, cette figure géométrique, désormais
Cou,,, M P
Fig. 17S.