POETAIL OCCIDENTAL DE LA CATHEDRALE DE CHARTKES
Cathédrales Gothiques.
ded.ins, des Uimcurs au dehors ï> ; mais au moins elles se rattachent par une certaine similitude à l'édifice principal.
Après avoir donné libre cours à notre admiration par instants contrariée, raisonnons un peu cet édifice qu'un abîme sépare des églises romanes précédemment étudiées.
Il n'y a plus de galeries d'étage audessus des petites nefs, et celles ci prennent une élévation que jamais on n'avait atteinte avant l'invention de l'art gothique.
La grande nefoffre la largeur énorme de seize mètres, rendue possible par le merveilleux système des voûtes en arcs d'ogives. Ces voûtes sont les premières de l'espèce qu'on ait osé jeter à trente-huit mètres de hauteur. Le transept, bien développé, a ses collatéraux, et le déambulatoire du chœur est double. Les nefs sont relativement courtes, mais le vaisseau se prolonge d'une venue,.
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[■ig. 2Ç. — CHEVET DE LA CATHÉDHALF. DE CHARTRES.
avec des voûtes d'égale hauteur jusqu'au fond de l'abside ('
I. Si nous voulons nous rendre bien compte des progrès accomplis dans la construction par les principes gothiques, considérons un instant Tun des piliers de la nef. On remarquera qu'il est formé d'un faisceau de quatre colonnes soudées à un noyau central. Dans les dernières églises romanes, au contraire, nous rencontrions d'ordinaire une grosse colonne cylindrique supportant sur son chapiteau unique toutes les charges supérieures. Ici chaque colonne a son emploi : il y en a deux pour recevoir les arches ; une, vers la petite nef, qui supporte la retombée de sa voûte; enfin, remarquons-le bien, une quatrième vers la grande nef. Que supporte celle-ci ? Trois minces colonnettes groupées, rattachées au mur par des annelets, qui montent jusque bien haut sous la voûte, et vont recevoir les trois nervures de sa retombée. Voilà le système ingénieux des voûtes gothiques développant ses effets dans les murs, dans les piliers et jusque sur le sol, se répercutant jusque dans le tracé des fondations. C'est là un des grands traits du style gothique, qui ne réside pas du tout, comme on l'a si longtemps cru, dans la forme pointue des fenêtres.
Remarquons encore, entre les grandes arches et les fenêtres, cette gracieuse galerie, très décorative, qui allège le mur plein et court jusqu'au chœur, dont elle fait le tour. Des anciennes galeries en tribunes il ne restera plus désormais que le souvenir, à savoir un ensemble d'arcatures qu'on appelle le hiforium.
Les fenêtres, largement ouvertes, occupent presque toute la largeur qui reste entre les contreforts, et sont
CATHÉDRALE Dli CHARTRES
Le chœur est entouré d'une clôture de pierre, nommée vulgairement le Tour du chœur, qui est un chef-d'œuvre ; sa statuaire et ses bas-reliefs résument la vie du Christ et celle de la Vierge. Dans cette clôture les imagiers de la Renaissance
J^ig. SO. — AROS-BOnTANTS DES NEFS DE CHARTRES.
ont poursuivi une œuvre relativement belle dans sa monotone unité et de prodigieuse richesse ("). Le sanctuaire, gâté par les stucages et les marbreries postiches, est garni d'un maître-autel plutôt abracadabrant, entièrement occupé par le groupe en
divisées par des montants légers en pierre, qu'on nomme des me/maux, en deux arceaux surmontés d'une rose. Encore un trait du style nouveau que ces meneaux, dont le tracé bientôt se compliquera à l'excès. I. V. F. de Mely, Le tour du chœur de Chartres.
marbre blanc de l'Assomption de Ch. Rridon, installé de telle manière, que sur la table'sacrée il n'y a plus guère place pour les candélabres.
/ÏÇ-. J/. — AHCS-JJOUTANTS DES XEI-'S DK LA CATJllCUItALK DK CIIAHTKES.
Arrétons-nous un instant à la décoration florale.
Le chêne domine sur les'piliers de Chartres, comme si l'on avait voulu y perpétuer la tradition druidique. On sait qu'au temps de César, le pays chartrain, pays des
CATHEDRALE DE CHARTRES
Carnutes, était considéré comme le centre de la Gaule ('). Cette région, alors couverte desombres forêts, Notre-Dame de Chartres en a reçu dès son origine, une empreinte ineffaçable. On dirait que les artistes qui en ont sculpté les chapiteaux, se souvenaient de la vieille Gaule, "et que, en mémoire du passé, ils ont voulu mettre beaucoup de chêne, l'arbre préféré des aïeux, dans leur cathédrale. Il y a effectivement, à Chartres, comme le remarque feu Lambin, de nombreux chapiteaux composés uniquement de chêne, et plusieurs donnent ce chêne interprété d'une façon que l'on ne retrouve pas ailleurs, car la feuille forme la croix symbolisant en quelque sorte la Gaule païenne devenue chrétienne (').
Le pavé de Chartres, qui couvre 6000 mètres de superficie (3), offre cette particularité, qu'aucune sépulture n'y a jamais été déposée. Les gens de Chartres aimaient à voir dans le sol de leur église l'image du /// de la Vierge. <i La dicte église ha celte préé^ninence que d'estre la couche ou le lict de la Vierge. Ponr marque de ce, la terre d'icelle église ha esté jusqu'à hui conservée pure, nelte et entière, sans avoir jamais esté fossoyée ou ouverte pour aucune sépulture. » Que de poésie dans cette gracieuse fiction, scrupuleusement respectée ! '■^' ^^'
Au milieu de la nef on voit sur le sol un labyrinthe que les Chartrains nomment la Iteue, parce qu'il a, disent-ils, une lieue de développement (^), et qui est composé de