‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 142 sur 303 · III. m:. M, 1: i>i; i.ii · texte numérisé non relu

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cienne par son plan, champenoise par sa luxueuse sculpture. Elle périt en 1 795 détruite par les révolutionnaires Français en même temps que l'indépendance de la vieille cité épiscopale. L'église de Saint- Paul la remplaça comme cathédrale.

L'ancienne collégiale romane, commencée par Eracle vers 966 et relevée par Notger (XI' siècle), fut reconstruite en style gothique vers le milieu du XI 11^ siècle (1232-1250)61 consacrée en 1289 ('). Elle offrait alors un chevet plat, et n'était encore couverte qu'en bois. Le rond-point, selon M. Thimister, daterait de 1334 environ. Quand on éleva cette abside, on voûta le chœur ; les voûtes des nefs et du transept, ainsi que les hauts murs percés de fenêtres flamboyantes auraient été élevées au XV' siècle (14 14- 1430) selon ce dernier auteur, un siècle plus tard selon Schayes.

1. V. Histoire de Figlise collégiale de Saint-Paul, acIiidUment cathédrale de Liège, par le chan. O. J. Thimister Liège, Grandmont, 1890.

2. Sa longueur est de 84 m. 50, sa largeur de 33 m. 60, sa hauteur, 24 m.

CATHEDRALE DE LIEGE. 217

Les chapelles latérales furent ajoutées également au XV'= siècle, ainsi que la tour (').

Malgré l'étrangeté de son plan, l'étroitesse extrême de ses bas-côtés (d'où résultent des travées barlongues allongées à l'excès) et l'absence de déambulatoire, ainsi que des bas-côtés du choeur, remplacés par des pseudo-collatéraux, Saint-Paul offre un vaisseau central majestueux et aérien ; c'est la plus belle des églises de Liège. Elle a été fortement restaurée vers 1850 par Delvaux.

La flèche, qui contient le carillon de l'ancienne cathédrale de Saint- Lambert, fut élevée au commencement de ce siècle ; les collatéraux du chœur sont encore plus récents.

Les nefs sont séparées par des piliers monocylindriques à chapiteaux octogones, ornés de feuilles d'eau sans crochets. Le triforium à arceaux trilobés, aux sveltes colonnettes, offre dans ses écoinçons une flore très variée. Les voûtes à nervures croisées, sont ornées de peintures à arabesques de la Renaissance, exécutées de 1528 à 1557, restaurées en 1860.

La nef centrale, longue de 222 pieds de Liège, est séparée de ses bas-côtés par deux rangs de colonnes monocylindriques à bases rondes et à chapiteaux à crochets. Au-dessus des arcades ogivales de la grande nef règne un triforium formé par des colonnettes cylindriques portant de légers arceaux trilobés ; il est surmonté de grandes fenêtres en style rayonnant qui, de même que les chapelles des bascôtés de la nef, ont été probablement refaites au XVI'' siècle, lorsqu'on reconstruisit les voûtes de l'église. De vastes verrières du style rayonnant le plus riche et ornées de superbes vitraux peints du XV" siècle, occupent toute la partie supérieure des murs plats, qui terminent les bras du transept. Ces derniers ont peu de profondeur. Le chœur, sans collatéraux, qui a une longueur de 84 pieds, est décoré au-dessus de ses fenêtres lancéolées d'un triforium pareil à celui de la nef centrale, mais dont les arcades ne sont pas trilobées et ne sont que figurées. Le rond-point paraît dater en partie du XIV^ en partie du XV" siècle.

A l'extérieur des contreforts d'une assez faible saillie renforcent les murs des bascôtés et du chœur ; les murs de la nef centrale, portant une balustrade à arcatures ogivales trilobées, sont contrebutés par des arcs-boutants.

Comme la cathédrale de Saint-Lambert, l'église de Saint- Paul n'a d'entrée qu'aux deux portails latéraux ; celui de gauche est remarquable par sa curieuse décoration mi-partie ogivale et de la renaissance.

La tour carrée, en tête des nefs, était restée inachevée jusqu'en 181 3, lorsqu'on la surmonta d'une haute flèche en bois, lourde et grossière imitation de celle qui surmontait la grande tour de Saint- Lambert.

Cette église possède dans son riche mobilier une antique couverture d'évangéliaire ' en ivoire. Le chef de saint Lambert en orfèvre est un remarquable reliquaire, donné par Charles le Téméraire. Les portes de Trésorerie sont garnies de superbes ferronneries anciennes.

L'ancien cloître chapitrai est formé de trois larges galeries qui entourent un préau carré et dont les fenêtres flamboyantes et les voûtes à compartiments prismatiques annoncent la fin du XV^ ou le commencement du XVL siècle.

I. Voir le manuscrit de Daniel de Blochem, chan. de St-Paul, 1450.

2i8 CATHÉDRALES GOTHIQUES

Y. - CATHÉDRALE D'YPRES

A TRI-IS dépendit jusqu'en 1559 de l'évêché de Thérouanne (archidiocèse de X Reims). Le siège épiscopal fut créé à la demande de Philippe II par Pie IV. La collégiale de Saint- Martin appartenait au monastère des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Par la pureté de son style et son ensemble harmonieux et complet elle est la plus belle église de Belgique.

L'église est en croix latine, à triple nef, avec chœur allongé, accosté de collatéraux ; la nef est précédée d'une haute tour. Le chœur de Saint- Martin fut construit vers 122 I par le prévôt Hugues, comme l'atteste l'épitaphe de celui-ci, qui le qualifie de « liujits cliori extrttctoris ». La dalle insérée dans le pavement porte : Hic jacet Hugo, pneposilus, fonda/or hujus cho7-i anno MCCXXI, qui obiit die scholasticae atmo MCCXXXIIC).

Construit en pierre de Tournai à l'intérieur, en grès d'Arras ou de Bethune au parement extérieur, ce chœur mesure 40 mètres sur 1 1 en plan et 25 mètres de hauteur. Il est orienté. II comprend cinq travées et une abside à neuf pans. Les deux premières travées s'ouvrent sur des collatéraux. Les voûtes, à croisées d'ogives barlongues, sont en briques à l'abside, en pierre blanche dans les travées. Les trois premières travées sont épaulées par des arcs-boutants ; l'abside a des contreforts sans retraits {').

Les fenêtres hautes sont en triplets sous des décharges profondes en arc surbaissé bandées entre les contreforts ; les verrières sont précédées d'arcades posant sur deux colonnettes en délit, qui étaient primitivement en pierre de Tournai ; entre les arcades et les verrières est réservé un triforium, selon le dispositif tournaisien, comme à Notre-Dame de Pamele. Les fenêtres basses sont à lancettes géminées en deçà du chevet, simples dans le rond-point ; elles sont surmontées de larmiers fleuragés, ce qui est un trait du style yprois. La corniche, feuillagée aussi, porte une balustrade à arcatures.

Les chapiteaux du chœur sont à double rangée de crochets, les uns à bourgeons à vives arêtes, d'autres à feuillage épanoui. Les retombées des voûtes du chœur (et également de la nef) s'amortissent sur des baldaquins, abritant des statues qui se dressent sur des culs de lampe au-dessus des chapiteaux. Au triforium, qui est en pierre

1. V. .V-G.-B. Schayes, Mémoire de l'Acad. et Htst. de Varchilect. en Belgique, t. III. — Histoire ac l'architecture en fiel^içue, 4 vol., 1849. — Ypres et ses monuments, par Ad. Aug. de Ceuleneer, dans le Bulletin de la septième réunion de la Giliie lic S. Thomas et de S. Luc, p. 1 54. — Feys et Nelis, Carlulaire de la prévôté Saint- Martin à Ypres, Bruges, Société d'Émulation.

Ke^istrum nigrum S. Martini Yprensis. fol. 5;. — V. Warnkoenig, Histoire d' Ypres, p. 364.

2. V. Sanderus, Flandria Illuslrata, t. I, p. 357. In piam memoriam Hugonis, liujus sacrœ ccdis et canonicorum rtgularium prceposili, chori extructoris, etc. Celte épitaphe remplaça en 1659 celle qui y avait été mise après la mort de Hugues, et dont Sanderus a conservé la copie. Elle était ainsi con(;ue : Hic jacet Hugo, prœpositus,fundalor hujus chori, anno 1221, qui obiit d. Scholuitica, anno /.'?.? (Flandr. illust. , t. I, p. 357).

3. MM. Feys et Nelis croient ne devoir attribuer au prévôt Hugues que le chevet du chœur. La partie occidentale du sanctuaire n'aurait été élevée qu'à la fin du .\ III' siècle, puisque, d'après un document qu'ils rapportent, les chanoines célébraient encore leurs offices dans une chapelle accessoire en 1272 et que lechœurne fut consacré que le 25 avril 1280 : chorum novi operis f>er se consecravil .

CATHÉDRALE D'YI'RES

de Tournai et de style tournaisien, les arceaux retombent alternativement sur des

Fi'T. 20b. — INTÉRIEUR DE LA (A 111 KDKA I.K liVl'IiCS

:olonnettes monolithes isolées et jumelles; les arceaux sont un plein-cintre au chœur. Les collatéraux du chœur, en bordure des trois premières travées, offrent chacun

deux nefs, lerminées par deux chapelles en hémicycle s'ouvrant suivant la diagonale du carré des travées auxquelles elles sont greffées, suivant le type de Braine à Soissonnais. Une colonnette fluette qui a perdu son aplomb, soutient la charge excessive des retombées de quatre voûtes et d'un double pilier butant. Les collatéraux que M. l'architecte I. Coomans restaure en ce moment, sont établis sous un terrasson en plomb et percés de fenêtres géminées, pareilles à celles du chœur. Le collatéral de droite (côté Nord) est consacré à N.-D. de Thuyne ; l'autre, dédié à S. Nicolas, fut élevé par Hugues en 1233.

Le transept, ainsi que les nefs, fut commencé en 1254; l'église primitive, attribuée à Robert le Frison, ayant été détruite par l'incendie du 5 juin 1240, Marguerite de Constantinople posa la première pierre de la reconstruction. Sous le triforium de la nef on lit le millésime 1255 dans un chronogramme

Lof goD Yehe Ift Daer eLC bI LeIit

La consécration eut lieu le 25 avril 1280.

Le transept Sud présente vers l'Ouest un bas-côté, prolongement, en retour de la nef basse. Trois chapiteaux français de style, qu'on y remarque seraient dus à une restauration exécutée vers 1850? Le porche du transept, qui ne date que du XI V*^ siècle, était, dans son état originel, le plus beau porche de notre pays ; il a été déplorablement restauré jadis; la restauration a été depuis reprise par M.-J. Coomans (1907), auteur du remarquable projet de restauration de tout l'édifice. Le portail grandiose s'abrite sous trois gables. Le pignon du transept est percé d'une grande rose polygonale.

La nef est portée sur des colonnes monocylindriques dont les chapiteaux sont du type de ceux de la West- Flandre, à crochets en volutes. Ces colonnes portent des arches en tiers-point à deux rouleaux, profilées en boudins et en chanfreins, surmontées d'un triforium tournaisien et de larges fenêtres flamboyantes d'époque relativement récente.

La nef latérale du nord est partiellement cachée par l'ancien cloître et par les anciennes constructions canoniales. Le long des bas-côtés Sud s'étend la vaste chapelle du St- Sacrement, construite en 1623 ; elle est éclairée par de grandes fenêtres ogivales, et couverte d'un berceau en bois divisé en compartiments peints chacun d'une manière et de couleurs différentes, ce qui produit un effet plus bizarre qu'agréable. Les fenêtres de la nef et de ses collatéraux se composent d'une arcademaitresse inscrivant des lancettes géminées et trilobées surmontées de quatre feuilles.

Les murs extérieurs de l'église sont soutenus par de nombreux arcs-boutants et couronnés de balustrades à quatre-feuilles encadrées. En tête de la nef et sous la tour, s'ouvre aussi un porche fort élégant, mais où la sculpture a été moins prodiguée qu'à celui du transept. Ce porche et la tour ont été construits en 1434 sur les plans et sous la direction de l'architecte Martin Utenhove, de Malines. et sur les fondements de l'ancienne tour détruite par un incendie l'année précédente. Victor de Lichtervelde, bourgmestre, et Anastasie d'Oulne, vicomtesse d'Ypres, en posèrent la première pierre. La tour est restée inachevée quoiqu'on y ait travaillé au delà de vingt ans, mais telle qu'elle existe, elle peut encore passer pour une des

CATHEDRALl': DK BRUGES

plus belles tours de Belgique ('). Elle est de forme carrée, bâtie en briques et haute de 57 mètres 57 centimètres.

Le cloître est d'une architecture originale, intéressante ; ses galeries s'ouvrent sur le préau par des rangées d'étroites lancettes.

CATHEDRALE DE BRUGES ( )

FONDÉE par saint Éloi, incendiée en 11 16, rebâtie en 11 79, le feu consuma de nouveau l'église de Saint-Sauveur en 1 183 et le 9 avril 1358 ; après ce dernier incendie, comme le prouve le style du monument, la reconstruction du temple dut se borner à ses parties intérieures, car la tour et les gros murs de la nef et du transept appartiennent encore aux styles roman et de transition, et datent certainement d'une époque antérieure au XlVe siècle. La tour carrée, placée en tête des nefs, est encore de style roman. Elle était restée inachevée jusqu'en 1 844, lorsqu'on y ajouta les deux étages supérieurs, flanqués de huit tourelles. La gravure ci-jointe la représente dans son état actuel (-).

1. Le projet de M. Coomans comporte la reconstruction de la flèche.

2. Verhaegen (Art.). Monographie de l'église cathédrale de St-Sauveur à Bruges. — Ch.

Verschelde, De kathedralc van S.Salvaiorvan Brugge. Bruges, 1863, n" 80.

3. La partie en veld-stccn — sans doute la plus ancienne — date probablement de 1116-1127, celle en briques, de 1 183-1228 ; ces briques, d'e.Kcellente facture, ont 36 sur i7>< et 9K centimètres ; celles du chœur, vers 1280, n'ont que iZYî sur 14 et 7 centimètres. Le haut de la partie supérieure ancienne de la tour ne date que du XV° siècle.

CATIIEDRALllS GOTIIIOUKS

Le toit de la grande nef. des transepts et du chœur s'appuie des deux côtés sur une corniche, portée par une arcature en partie romane et en partie ogivale. Les portes à l'extrémité des transepts sont encadrées d'un arc plein-cintre, à voussures ornées de tores en retraite.

Construite presque entièrcnniu vn brienns, l'église Saint-Sauveur a cent mètres

de longueur sur cinquante-trois mètres de largeur au transept, et trente-huit à la nef, hors œuvre. Les nefs furent reconstruites de 1358 à 1362, ainsi que le triforium et la claire-voie du transept. Les tourelles septentrionales du transept furent rebâties en I 5 I o, par Godefroid Cauvve ; le chevet du chœur, avec son ambulatoire et les cinq chapelles absidales, de 1482 à 1527, par /eau vau de Poêle et .Imbroise Roelandts. Les chapelles furent construites d'abord ; la réfection des piliers et arcs du chevet du chœur, qui fut soutenu sur béquilles, ne fut commencée qu'en 1509. L'ambulacre fut voûté de 1527 à 1530; à cette dernière date, aucune des cinq chapelles absidales n'était encore voûtée ; elles ne le furent toutes qu'en 1556. La partie antérieure du chœur et de l'ambulacre, élevée vers 1280, sans contredit le meilleur morceau d'architecture de cette époque à Bruges, est excellente de style et de proportions. La partie supérieure de la tour ayant été détruite en 1839, par un incendie, on la remplaça par un couronnement en style pseudo-roman, bâti en 1844-46. d'après les plans de P. Buyck, qui les fit sur un croquis de Robert Chantrell. Ce couronnement, qui a coûté environ 120,000 francs, est soutenu, non par la tour, mais par une série de voûtes superposées, construites à l'intérieur. En 1871, la flèche centrale fut ajoutée par E. Carpentier. Dans ces dernières années, les réseaux de la plupart des fenêtres ont été renouvelés d'une manière fort peu satisfaisante.

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