‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 145 sur 303 · CATHEDRALE DE 150I.S-LE-DUC · texte numérisé non relu

CATHEDRALE DE 150I.S-LE-DUC

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faute est aussi grande qu'à Anvers. Le vaisseau est admirablement terminé par un ample et gracieux chevet, faisant suite à une nef centrale de 30 mètres de hauteur bordée de quatre nefs latérales. Il forme une croix latine de 90 mètres de long. A la croisée s'élève une belle coupole î^, q

ayant à chaque angle un escalier à ' "f ^f^ 'f;' ': f' 'P.

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La membrure nerveuse, lesajours légers, les formes prismatiques y sont développés avec une richesse extrême et un goût des plus heureux. Tous les membres verticaux s'effilent avec une graduation bien conçue, et leur transition se fait en montant par une série de combinaisons ingénieuses, qui sont le triomphe de l'amortissement. La sulpture monumentale est d'une variété extrême et d'une grande valeur.

Cette église se rapproche beaucoup de Notre-Dame d'Anvers.

Elle n'a que cinq nefs au lieu de sept, mais elle est bien supérieure à sa rivale au point de vue des proportions et du charme des détails.

Elle offre à la croisée une lanterne très ajourée, plus monumentale.

Elle est la seule église de Hollande offrant deux étages d'arcsboutants ; ils sont à une seule travée. Le pilier butant occupe toute la profondeur du deuxième collatéral, mais ne se réunit pas au contrefort extérieur, qui est indépendant ; c'est en vue de l'aspect et non par nécessité de construction, qu'on a raccordé ceux-ci aux piliers butants par un petit arc en quart de cercle

Ft^. 211. — FENÊTRES DE LA CATHEDRALE DE BOIS-LE-DUC.

sous lequel règne le cheneau. Les rampants des arcs-boutants sont garnis d'une rangée de bonshommes à califourchon sur leur dos d'âne, figurant entr'autres sujets des gens de métier et le maître de l'œuvre (Jig. 210). On y voit aussi des moines lisant la bible, des hommes en prière. C'est le peuple associé dans la glorification de Dieu par les œuvres du culte, et s'acheminant vers le ciel.

A l'intérieur, les piliers sont tout en nervures prismatiques, sans trace de chapiteaux. Tout le plat des murs est couvert de résilles aveugles, qui envahissent non seulement les tympans des arcades et le triforium, mais encore les parois des murs

Cathédrales Gothiques.

intérieurs et le tympan des gables extérieurs. Dans les tympans des fenêtres des chapelles du chœur sont figurés des personnages symboliques relatifs à la Rédemption (').

Les traits que nous venons de mettre en relief et qui sont propres aux églises

brabançonnes, se retrouvent en grande partie à la cathédrale d'Anvers ; notons surtout les arcatures aveugles envahissant le tympan des arcades des nefs, les gables des pignons des bas-côtés, la lanterne de la croisée. A Anvers, aussi, l'abus du développement systématique des nervures a fait disparaître les chapiteaux et supprimé en quelque sorte les colonnes.

La cathédrale de Bois-le- Duc a été l'objet d'une intelligente restauration, due à MM. L. Veneman et Hezenmans.

La statue miraculeuse de N.-D. de Bois-le- Duc est reléguée dans la première chapelle de gauche.

Les fonts baptismaux en bronze sont admirables et dignes d'être comparés à ceux de Hal ; ils datent de 1492 ; ils sont dominés par l'image du Père Eternel.

Leur auteur est Arnold Van Tricht, le célèbre fondeur de Maestricht. Les groupes qui les ornent ont été mutilés en 1760 par l'autorité communale, parce qu'ils blessaient les convictions religieuses de ses membres. Les vitraux sont d'une tonalité moderne et faible. Un très beau lustre en cuivre du X\'e siècle pend dans

la chapelle du Saint-Sacrement.

La cathédrale possède de remarquables stalles historiées, une chaire de vérité de

la Renaissance, un buffet d'orgues de la Rennaissance très remarquable et un jubé

en marbre daté de 1625.

Le belle église de Saint-Jean est occupée par le culte réformé. Les catholiques ont leur cathédrale brabançonne, depuis que le vicariat apostolique, établi en 1801, a été érigé en évêché en 1S53. La nouvelle cathédrale a été élevée par l'architecte J. Cuypers, fils. Nous la décrirons au tome III de cet ouvrage.

f'ig. 313. — COUPE SUR LES COLU4TKBAUX DE I,A NBK. ARCS-BO0TAST8 DE LA CATHKDKALE DE BOIS-LE-DUC.

I. V. sur ce curieux cycle iconographique C. F. X. Smits, dans la He-.'ue de l'Art chrétien, année 1908, p. 300.

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