X. — CATHEDRALE DE BREDA
L'ÉGLISE réformée {/ /ervor?nde Kerk) de Bréda fut jadis une des plus gracieuses cathédrales gothiques. C'est un vaste vaisseau à trois nefs de six travées, un transept saillant avec chapelles latérales et un chœur entouré d'un ambulacre sans absidioles, ce qui est très fréquent dans les Pays-Bas. Les arches au cintre brisé <les nefs portent sur des colonnes monocylindriques aux chapiteaux brabançons ;
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brabançon aussi est le triforium à balustrade, dont les montants font suite aux meneaux de la belle clairevoie. Au Nord s'élève l'ancienne chantrerie de la famille de Nassau, au Sud, l'ancienne salle capitulaire. L'église, fondée vers 1291, reconstruite au XV'" siècle, fut consacrée en 15 10.
La tour superbe, qui se dresse en tête et domine la ville, est une des plus élégantes des régions du Nord. Ses trois étages carrés, flanqués de contreforts diagonaux richement décorés, percés de .hautes fenêtres, ne sont que légèrement en retrait l'un sur l'autre, et le dernier étage, octogonal, est rattaché aux contreforts montant de fond par de gracieux arcs-boutants ; enfin la tour est coiffée d'une flèche légère et gracieuse, quoique de style bâtard avec ses formes renflées ; elle date de 1694. La tour primitive, qui s'était effondrée en 1457, fut reconstruite de 1468 à 1509.
Le chœur, qui date de la fin du XI V'= siècle, offre une décoration extérieure très riche. Les contreforts montent jusqu'à la corniche, dont les moulures les contournent, ainsi que la balustrade à lancettes qui règne au pied du comble. Au-dessus des fenêtres basses, se dressent des gables ajourés, ornés de figures de la renaissance et de feuillages, que coupe la balustrade du comble, ainsi que nous l'avons vu à Bois-le-Duc et à Utrecht, et comme on le voit en général dans les églises du Brabant. Les autres travées des bas-côtés ont des combles masqués par des pignons aigus décorés de lancettes aveugles, autre trait caractéristique du style brabançon. Les verrières off^rent une fort belle collection de fenestrages flamboyants gracieux et typiques. Les chapelles du chevet sont couvertes par des combles en pavillon pentagonal.
Le style régional s'accuse encore dans les fenestrages aveugles qui couvrent les plats des murs au-dessus des grandes arches, dans les arcatures qui courent sous les fenêtres basses, dans les hautes lancettes du rond-point. Selon l'usage de la région du Nord, les piles sont restées monocylindriques.
L'aménagement de l'église en temple protestant en a complètement gâté l'intérieur. Le chœur abandonné garde ses anciennes stalles du XV° siècle, aux remarquables jouées, la lame tumulaire en cuivre du chanoine Guill. de Gaellen (►!< 1529) et une série d'autres dalles funéraires intéressantes ; un clocher en bois du XVP siècle le surmonte.
Le collatéral Nord contient la très remarquable suite des monuments funéraires de la renaissance, consacrés aux seigneurs de Bréda, la tombe relevée de Jean de Polanan (^ 1394) avec ses splendides armures, et de ses deux épouses : Odile de Home et Mathilde de Rotselaer (XlVes.); le somptueux cénotaphe de Jean de Nassau et de Marie Van Loon, son épouse, et de ses parents Engelbert I de Nassau et Jeanne de Polanan, un des plus grandioses mausolées du moyen âge ; le tombeau célèbre d'Engelbert II de Nassau, et de Marie de Bade (1504-1560), une des œuvres capitales de la Renaissance, attribuées jadis à Michel-Ange, puis à Jean de Bologne, où des preux portent sur une table l'armure du défunt au-dessus de sa statue couchée ; puis dans l'ambulacre, toute une série d'autres monuments où la Renaissance a étalé les grâces de son style emphatique.
CATHEDRALKS GCVniIQUES