BASILIQUE DE ST-FRANÇOIS D'ASSISE
elle pour se laisser mettre un joug sur le cou. — Enfin la Pauvreté, dont on voit que Giotto avait peur tout en célébrant sa grandeur, paraît sous la forme repoussante d'une femme en haillons, en chevelure négligée, dont les flancs sont ceints d'une corde grossière; l'épine et la chienne maigre qui vient aboyer contre elle, sont les emblèmes des épreuves et des mépris qui l'attendent dans le rude sentier de la vie. »
Dans l'église supérieure, Cimabuë a peint les quatre Docteurs de l'Église latine et de grandes fresques représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. On attribue à Margariton les gigantesques figures qui ornent les côtés d'une fenêtre. Aluigi d'Assise, surnommé \Ingcgno, a orné la voûte de la chapelle de Saint-Louis de quatre sibylles et des quatre grands prophètes. Le long des nervures des voûtes de la nef est peint un large cadre formé de feuillages et de rinceaux composés avec beaucoup de goût, qui renferme des sujets sacrés se détachant sur fond d'azur étoile d'or. Les arcs doubleaux contiennent des figures à mi-corps de saints et saintes, contenues dans des médaillons.
Une impression de tristesse saisit le voyageur chrétien qui visite le Sacro Convento à Assise. « Il dresse toujours sur son énorme base de maçonnerie ses deux églises superposées, mais il n'appartient plus à l'Ordre du saint, en sorte que, malgré leurs admirables peintures, les chapelles donnent une sensation invincible de ruine et d'abandon... » « Les constructions sont bien les mêmes et la figure visible; mais les églises vont se délabrant, le dôme s'écroulant ; les pèlerins ont été remplacés par des mendiants qui attendent les voyageurs, et, de ces voyageurs eux-mêmes, combien savent ce que fut vraiment le héros d'amour divin qui naquit et mourut sur cette colline, où du moins la dureté des temps n'a pas pu toucher au visage du sol, ce visage, comme dit tendrement un ancien, qui ne change pas si vite que le cœur d'un homme (') ! »
La vaste basilique supérieure est vide. On n'y célèbre plus la messe. Sur l'autel manquent même le crucifix et les candélabres. Les murs seuls sont restés debout avec leurs admirables fresques. Le Sacro Convento est transformé en collège national, et un seul corridor est réservé aux Franciscains conventuels, qui seront mis à la porte le jour où la mort les aura réduits au nombre de trois.
Plus heureuse que la basilique de Saint- François, la basilique de Sainte- Marie des Anges, ce lieu de prédilection de saint François, est desservie par les Franciscains de l'Observance, qui, suivant les recommandations du saint fondateur, n'ont jamais quitté ce lieu. « Faites bien attention, mes chers enfants, dit François à ses disciples, de ne jamais abandonner ce lieu. Si l'on vous chasse d'un côté, rentrez de l'autre, car ce lieu est vraiment saint, c'est la demeure de Dieu. » C'est sous le dôme
de Sainte- Marie qu'on retrouve la Portioncule du Père Séraphique, encore parfumée
de sa présence (-).