‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 182 sur 303 · IIL — CATHEDRALE DE WESTMINSTER · texte numérisé non relu

IIL — CATHEDRALE DE WESTMINSTER

CE qu'on appelle à Londres « l'Abbaye » est un ancien monastère bénédictin ou plutôt son abbatiale, dédiée à Saint Pierre et construite en 1065 par Edouard le Confesseur en action de grâces pour avoir recouvré son royaume usurpé par les Danois. Une poétique légende raconte que Saint Pierre en personne, au VIP siècle, avait devancé l'évèque Melitus, le jour où celui-ci voulut consacrer le premier temple.

Des bâtiments primitifs, il ne reste toutefois que quelques vestiges dans la chapelle dite «du Pyx ». Le chœur et le transept ont été reconstruits sous Henri II (1216- 1271). Les quatre premières travées de la nef datent de Edouard I" ( 1 27 1 - 1 306); le reste de la nef est du XV'siècle, sous Henri V. A l'entrée du chœur se fait remarquer par

1. Entr'autres des colonnes normandes dont le fût est tout couvert de sculptures. On y voit aussi des parties de mur maçonnées en arêtes de poisson, qu'on attribue au VI II' et même, d'après certains auteurs, au VIP siècle.

2. F. W. Farrav, Westminster Abbey. Londres, Ibister et C'"=. — Ch. Haalt, Westminster cathe^iral, Londres, Gleeson et White. — Francis Bond, Westminster Abbey. Londres, Frowde, 1909.

Fi^. J^J. — l'LAÎN. DE LA CATHKDRALE DE WESTMINSTER.

Cathédrales Gothiques

CATHÉDRALES GOTHIOUKS

sa richesse merveilleuse une somptueuse chapelle, qui est due à Henri VII. Les tours de la façade occidentale ne remontent qu'au XVI l^siècle ; elles ont été dessinées par Christophe Wren.

Mali^ré ces vicissitudes, l'ensemble, grandiose et noble, ne manque pas d'unité ; les variantes du style indiquent discrètement les stades de la bâtisse. L'influence française se fait sentir dans le plan et dans quelques détails de la construction : moulures, chapiteaux, fenestrages.

V.n 1540 le monastère fut dissous, et l'abbatiale devint la cathédrale protestante du

CATHKDRAI.K DK WESTMINSTER.

nouvel évêché de Westminster. Elle est plutôt aujourd'hui une sorte de panthéon national, abritant les cendres des monarques, rempli des monuments commémoratifs aussi disparates et encombrants que somptueux. C'est la cathédrale nationale eflectée aux pompes patriotiques, et spécialement au couronnement des rois et à leurs funérailles.

Le roi Edouard avait séjourné longtemps en Normandie. Aussi adopta-t-il pour l'église primitive le plan en croix latine, usité sur le continent, et qui apparaît ici pour la première fois dans l'ile. La nef, précédée de majestueuses tours jumelles, compte onze travées; le transept est également à trois travées, sauf dans l'angle S. O., occupé par le cloître. Le choeur, terminé par trois pans, est entouré d'un déambulatoire et de quatre chapelles rayonnantes, plus celle du chevet, qui forme un second chœur exhaussé, terminé par une couronne de cinq absidioles. Les voûtes sont des croisées d'ogives, avec une lierne longitudinale. Les piles sont formées de faisceaux de

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