VII. — CATHÉDRALE DE PALMA DE MAJORQUE
CE fut l'honneur de Jacques I^r d'Aragon (El Conquistador), d'avoir achevé l'affranchissement des Baléares en 1230. La fondation de la cathédrale de Palma est son œuvre. Cet édifice grandiose, dédié à la V^ierge Marie, fut commencé aussitôt après la conquête en 1230 et ne fut terminé qu'en 1601. 11 se distingue par la grave et imposante beauté de l'intérieur, comme par l'ornementation merveilleuse du portail faisant face à la mer. C'est l'un des plus beaux monuments de l'art gothique méridional. Il est remarquable par la majesté ; il dessine un simple rectangle orienté à trois nefs, de 100 mètres sur 40, et de 45 mètres de hauteur. Dt-s chapelles bordent les collatérau.x. Le chœur est rectangulaire. Les voûtes ogivales sont portées par deux rangées de piliers élancés, à 20 mètres de hauteur.
La façade occidentale est moderne, sauf le portail, qui remonte au XV I^ siècle. Le merveilleux portail du Sud, tourné vers la mer et nommé el mirador, commencé en J389 par Pierre Morey, fut continué par Jean de Valenciennes et Guillaume Seyrera.
L'int -rieur contient des mausolées d'évêques et de personnages historiques.
CATHEDRALE DE BARCELONE C
A L'ÉPOQUE féconle qui marque la fin du XI 1 1'- siècle, Barcelone avait atteint l'apogée de sa prospérité ; elle venait de conquérir sous Wilfride le Velu son autonomie, développait son industrie, et ne s'était pas pressée d'imiter les autres i^'\. r-.^ grands centres européens dans l'érection de cathédrales nou-
\ >^ ^ ^ y-> velles. En rebâtissant la sienne.elle resta fidèle aux traditions
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locales. Sans viser à la richesse du décor, l'église nouvelle, relativement modeste dans ses dimensions, futsurtout harmonieuse et majestueuse dans ses lignes, comme tout l'art catalan, qui est assez grand d'ailleurs pour se passer de décor. Bâtie sur l'emplacement de la basilique de Sainte-Eulalie, d'origine antique, cette église réédifiée au XI^ siècle avait été solennellement consacrée le 18 novembre 1058 sous le vocable de \ Invention de la Sainte -Croix. Elle a été reconstruite à partir de 1298 et au XIV*= siècle. C'est le chef-d'œuvre de l'art catalan (3).
I. Lii cathédrale de Palma dans l'Espagne artistique, arch/olof^iqiie, monumentale, éditée à Barcelone. , , 2. V V^.^rclon, Re7iuede PArt chrétien,i%7^,\\,X).'îi7.
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— F R. Ped>osa et abbé Gaeta Soler, Cathédrale de Barcelone, précédée d'un aperçu historique, par l'abbé G. Soler, traduct. franc, par A. H. Bertol.
3. M. l'edrosa incline à croire que le maître de l'œuvre fut Jacques P'abri, architecte de Saint-Dominique de Majorque.
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CATHEDRALE DE BARCELONE
Enserrée entre des rues étroites, on aperçoit à peine la ligne horizontale qui termine ses murs et marque sa plate superstructure. On ne jouit guère que de sa façade, refaite entièrement en 1890, et formant masque. Elle est due à la munificence de Don Manuel Girona, qui y a consacré quatre millions. Elle offre deux étîiges de fenêtres flamboyantes dans les quatre travées latérales, et dans la travée centrale, un portail à voussures, sous un éfiorme gable aigu qui atteint la corniche supérieure de la façade. Celui-ci est percé d'une rose en étoile, de style arabisant.
A l'intérieur la majestueuse architecture du vaisseau, en style du XIV^ siècle, se révèle tout entière au premier coup d'oeil, et le regard court tout droit dans les mystérieuses profondeurs des voûtes superbes ; il y est d'ailleurs conduit par l'harmonieux ensemble des piliers développés en faisceaux de colonnettes, qui rappellent ceux de Cologne et de Rouen. L'intérêt se concentre dans la riche architecture du chœur, qui recouvre la crypte de Sainte-Eulalie, et sa voûte, gigantesque araignée, avec sa clef colossale et des grandes fenêtres percées entre les nervures. Les collatéraux sont presque aussi hauts que la nef centrale, et les arches sont d'une portée énorme. L'architecte (') très habile de cet édifice, privé d'un large emplacement, chercha une compensation dans l'élancement du vaisseau ; il banda de longues arcades sur des piliers hardis ; il éleva les basses nefs à une grande hauteur, de façon à élargir d'autant le centre du vaisseau ; il ménagea sous les voûtes des collatéraux, entre les piliers très distancés, des chapelles accouplées et profondes, au chevet perpendiculaire à l'axe de l'église. Sur le déambulatoire du chœur, il rangea les chapelles rayonnantes. Enfin il voulut planter deux belles tours sur les portails latéraux ; en fait, elles ne furent pas construites.
Le vaisseau n'est pas exactement orienté. La longueur de l'édifice est de 93 m. et sa plus grande largeur, de 45. Ses trois nefs, dont la plus haute réunit ses nervures à 25 m. 50, sont d'allure majestueuse. Les fenêtres laissent passer une douce lumière à travers des vitraux du XV<^ siècle. Le porche central ouvre, chose peut-être unique, sur un vestibule grandiose destiné à recevoir le dôme octogonal, qui couvre la première travée, semblable à une croisée de transept ; puis viennent les très larges travées des tvefs, d'une hardiesse superbe, suivies de deux travées pareilles, couvrant le pseudotransept et l'avant chœur ; encore une petite travée, et puis viennent le rond-point et le chevet en éventail. Deux clochers anciens se dressent sur les porches du transept €t élèvent leur flèche à 50 mètres. Une seconde grande nef semble régner au-dessus