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XIII. — CATHÉDRALE DE SEVILLE

LES Castillans aiment à dire : « Qui n'a vu Séville n'a vu merveille ». C'est vrai surtout sous les rayons magiques du soleil. La cathédrale est un colosse avec ses cinq nefs et ses voûtes montant jusqu'à 40 mètres de hauteur.

En commençant en 1402 cette église sur l'emplacement d'un temple mauresque, qui datait de 1171, les chanoines de Séville voulaient la faire si belle et si riche, qu'elle n'eût point d'égale dans la chrétienté. « Faisons, disait l'archevêque, une église si grande, que ceu.x qui la verront finie nous tiennent pour fous, nous qui la commençons ('). » De fait, tout est grand dans cette église ; elle contient le plus grand parmi les énormes retables espagnols. Elle est le plus bel édifice chrétien de la péninsule, et il est impossible d'amasser plus de trésors que ceux qui la remplissent. Ses trenie-sept chapelles, pareilles à autant d'églises ornées de somptueuses sculptures, contiennent des trésors.

Elle occupe l'emplacement d'une ancienne mosquée et conserve encore de cette époque el Patio de los A'aranjos et la tour, La Giralda, qui du dehors appelle immédiatement l'attention. C'est l'ancien minaret élevé de 1184 à 1196 par el Alarife DjabirGeber et qui est un exemplaire typique de l'architecture mahométane des almohades. Au XVI" siècle Hernan Ruiz en construisit la partie haute.

Quant au monument lui-même, son achèvement demanda plus d'un siècle ; il fut terminé en 1519. \^ç. cimborium, ou coupole de la capilla major, qui s'était écroulé en 151 1, demeura trois siècles avant d'être achevé ; on n'y mit la dernière main qu'en 1842 ; on pressentait qu'il s'effrondrerait un jour : cette catastrophe s'est malheureusement réalisée dans l'été de 1888; elle a été terrible : boiseries, grilles, retables, tableaux, sculptures, orgues, etc., ne sont plus qu'un souvenir.

Tout le monument et ses dépendances sont exhaussés sur des degrés et entourés de tronçons de colonnes antiques de marbre vert ou de granit provenant de l'antique Hispalis, qui servent à présent de bornes, réunies entre elles par des chaînes.

Cette église, la plus régulière de toutes celles d'Espagne, est d'un aspt-ct imposant. Son plan forme un rectangle régulier. Elle a 102 m. de longueur et possède cinq nefs ; celle du milieu a 39 mètres d'élévation et 15 mètres de largeur. Son plan a été tracé d'après le même canon que celui de Tolède. Chacune de ses quatre nefs collatérales, de neuf travées, mesure 29 mètres de hauteur et 10 i 2 de largeur. Les nefs latérales sont à peine moindres que celle de milif-u. Le transept est à peine sensible à l'intérieur ; le sanctuaire est réduit aux proportions d'une chapelle. Le magnifique vaisseau est si élancé, que l'on dit que < Notre-Dame de Paris pourrait se promener la tête haute dans la nef du milieu », ce qui est à peu près exact. Des chapelles bordent les nefs et le mur de chevet. Les trente-six piliers, très élancés et formés de faisceaux de colonnettes supportant les voûtes, sont comme des tours ; ils ont 50 pieds de hauteur. Cette église possède 80 autels, où se disent chaque jour 500 Messes. Les fenêtres sont au nombre de quatre-vingt-dix ; leurs vitraux, dont les meilleurs ont été peints par Arnault de Flandre en 1 640, ont coûté i ,000 ducats chacun et sont d'un

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