‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 221 sur 303 · V. E. Breton, Revue df V Art chrétien, !874. II. p · texte numérisé non relu

V. E. Breton, Revue df V Art chrétien, !874. II. p

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Klle atteste l'influence du Nord la plus nette ; le style est purement champenois. Construite par un architecte formé à l'école de l' Ile-de-France, c'est une basilique purement française, caractérisée, à l'encontre du caractère espagnol, par de belles lignes tranquilles dans leur aérienne légèreté. L'architecte (on cite le nom de Guillaume de Rohan) a ordonné l'édifice suivant le style gothique [lur ; il a toutefois, tout en donnant au transept des pignons aigus, couvert ses nefs, d'un comble plat revêtu

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de tuiles, ce qui donne à la cathédrale l'air d'avoir été incendiée. Le triple portail richement peuplé de statues a la belle ordonnance de ceux de Chartres. Malheureusement les tours sont pauvres de lignes et dépourvues de flèches.

Le plan, régulier, est le plan-type des églises gothiques françaises à trois nefs de cinq travées barlongues avec un transept à doubles collatéraux, un chœur de trois travées et un chevet à cinq pans, entourés d'un double collatéral auquel se soudent cinq chapelles rayonnantes, plus deux petites rectangulaires ; deux tours se dressent en tête.

Au chevet de la Capilla Major s'élève le magnifique tombeau d'Ordono IL

La grande façade de l'Ouest avec ses trois portes, aux voussures peuplées de nombreuses statuettes, est traversée par une élégante galerie à jours et percée d'une admirable rose.

Les chapelles, essaimées autour du chœur en couronne, sont intéressantes. Au fond est la chapelle de San Salvador, avec le tombeau de la Comtesse Sancha de Léon ; la chapelle de Santiago est toute couverte d'ornements capricieux.

CATHÉDRALE DE GIRONE 321

A l'intérieur les immenses verrières, au nombre de 230, versent dans la nef une lumière colorée, d'une abondance exagérée pour une église du Midi, et marquent le caractère exotique du monument. Le triforium lui-même est garni de jours vitrés. Des croisées d'ogives forment la superstructure toute aérienne. Les arches, à moulures toriques, reposent sur des piles à colonnettes multiples engagées. Une façade renaissance masque le coro.

Les arcs-boutants et les fenestrages sont aussi minces que possible, et l'espace entre les piles est entièrement ajouré de fenestrages; on a même repercé les écoinçons entre les arcs majeurs et la ligne de corniche comme à Saint-Urbain de Troyes et à Saint-Germain-en-Laye. Comme en Champagne, les chéneaux sont portés entre le mur et la voûte sur des arcs, et des coursières régnent à l'intérieur sous les fenêtres, traversant les dosserets. Une moulure torique souligne cette coursière, contournant les colonnes en forme d'annelets. Enfin, (ces remarques sont de M. C. Enlart) le triforium et le porche ont des arcs suraigus champenois, et les chapiteaux des colonnes du chœur ont deux corbeilles superposées comme à Reims et à Chartres.

Les deux tours dressées aux flancs des nefs enserrent la façade d'Ouest.

La statuaire ressemble à celle de Chartres et de Reims. Le portail du centre présente un beau Jugement dernier, apparenté à celui de Saint- Eugène près d'Orbais. On le voit, partout, dans ces églises, se multiplient les traits de famille et les indices d'origines françaises.

L'une des travées latérales du portail de Léon offre cette curieuse inscription : Locus ciàpe/Zatiouis : c'est ici qu'on appelle (en justice). Citons M. C. Enlart : « Dans le tympan de cette travée on voit en effet une grande figure de Salomon sur son trône, et cette figure est à rapprocher du Jugement de Salomon sculpté sur un contrefort de la façade de la cathédrale d'Auxerre. C'est probablement aussi sous cette sculpture que l'on rendait la justice, et l'on sait, du reste, par quelques textes, que l'usage de rendre la justice devant la porte des églises rentrait dans les coutumes du moyen âge. »

La restauration, moderne est due à feu Lavina Hernandez Collejo, et surtout à Juan de Madrosso (t 1880), ainsi qu'à D. de los Rios et D. J.-B. Lazaro.

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