XVI. — CATHEDRALE D'HALBERSTADT
L'ÉGLISE, dédiée à S. Etienne et à S. Sexte, fut construite en plusieurs fois; le style du XIV' siècle y est la note dominante.
On croit que la première cathédrale fut élevée en 820 par l'évêque Hildegin l'^' ; cette église s'écroula en 965, ce fut le sort de beaucoup des premiers édifices romans érigés avec peu de savoir technique, surtout de ceux que l'on voulut voûter avant d'avoir appris par l'expérience cet art difficile. L'église fut relevée à la fin du XI<= siècle par l'évêque Hildewald, et incendiée en 1060, reconstruite encore par l'évêque Burchard II et consacrée en 107 1 ; détruite encore par l'incendie que Henri le Lion alluma en 1079, reconstruite une quatrième fois en 1181, elle fut consacrée définitivement en 1220. Les parties les plus anciennes du monument actuel datent de cette époque, savoir le bas de la façade, le porche intérieur et la base des tours. La reconstruction définitive dura trois siècles ; on commença par la nef, vers 1235 ; le chœur fut élevé au milieu du XIV^ siècle. La cathédrale fut achevée et consacrée en 1492; les tours ne furent toutefois complètes qu'au XVI'" siècle.
Le plan est celui d'une basilique à trois nefs, la centrale émergeante.
C'est un très long vaisseau tout d'une venue jusqu'au fond du chœur, long de 1 12 mètres et de 20 mètres de largeur (10 mètres à la nef médiane) et coupé vers le milieu par un transept saillant. Le chevet est à trois pans comme le déambulatoire, qui est terminé par une chapelle absidale polygonale.
L'aspect extérieur, très remarquable, évoque l'idée d'une châsse brillante, magnifiquement ouvragée, dominée par deux flèches imposantes et gracieuses à la fois, dressées sur des tours carrées dénuées de contreforts. La tourelle du Saint-Sacrement couronne délicieusement l'édifice. Le porche remonte probablement à la construction du X.\' siècle.
La façade principale s'ouvre par un portail roman à double entrée, à voussures en retraite, avec ébrasements garnis de colonnettes, et avec tympan orné de lancettes aveugles ; au-dessus s'ouvre un vaste oculus, surmonté du pignon obtus. Au-dessus du portail la façade est percée de trois baies ogivales à meneaux. La flèche du Sud monte droit, carrée, jusqu'à la base de sa flèche octogonale, qui atteint go mètres.
L'extérieur offre de belles lignes gothiques, avec des piliers butants à baldaquins
CATHÉDRALE DE FREIBURG 369
et pinacles. Le pignon du transept Nord est d'une richesse un peu confuse dans sa partie inférieure.
Le chevet, garni de vitraux, présente de belles proportions ; ses arches élégantes portent sur des groupes de colonnettes joliment proportionnées, auxquelles s'adossent de belles statuesa britéessous des baldaquins à pinacles ; le collatéral du chœur, qui en est séparé par une jolie claire-voie percée de quatre-feuilles, rappelle plutôt le style anglais.
Le chœur s'ouvre par un beau jubé du XI V" siècle avec une trabes du XI IL siècle, portant la croix triomphale et quatre statues. Ce chœur mesure 38 mètres de profondeur et offre un déambulatoire. Le chevet est à trois pans, comme celui-ci que termine une chapelle polygonale.
Les bas-côtés sont très étroits. La nef, haute de 29 mètres, ne compte pas moins de huit travées, et le chœur, quatre. Le haut de la nef est porté sur des piles à noyau rond auquel se greffent quatre grosses et six fines colonnettes, dont plusieurs montent vers la retombée des voûtes. Il n'y a pas de triforium, et la claire-voie descend ses jours et ses meneaux jusqu'au cordon qui surmonte les arches. Les voûtes sont des croisées d'ogive.
L'édifice produit un effet puissant par ses dimensions grandioses, sa richesse et l'unité qui y règne malgré les nombreuses reprises de la construction.
La crypte remonte à l'an 1062.
La chapelle épiscopale, élevée en 1362 en hors-d'œuvre, à l'Est, est fort jolie.
Le vieux cloître, du pur style du XIIP siècle, est garni de tombes armoriées. Le préau, tapissé de lierre, est d'une beauté pittoresque ;aux piliers sont adossées des statues de la Vierge, de S. Augustin, de S. Maurice et de S. Georges, auxquels les protestants ont ajouté Luther, Melanchton, etc.
L'église possède un trésor somptueux, des meubles du XII* siècle, de précieuses tapisseries, de riches vêtements sacerdotaux conservés, des reliquaires de toutes formes, des vases sacrés précieux, des reliques insignes d'ailleurs conservées par les protestants avec sollicitude.