ST-LAURENT DE XDRENBERG
plète quand, à l'office divin, on se trouve mêlé à une pieuse assemblée de fidèles chantant les hymnes sacrées à l'unisson comme on devrait le faire dans toutes nos éelises.
Si Notre-Dame, qu'on date de 1274, brille par sa richesse et sa grâce, Saint- Laurent l'emporte par sa grandeur massive au-dehors, et svelte à l'intérieur. Nous rencontrons ici une ordonnance grandiose particulière à la région, c'est le prolongement des nefs latérales au pourtour du chœur. Celui-ci, qui date du XV^ siècle (1439), est terminé (c'est la règle constante ici), par trois pans très larges ; à chacun correspond dans le pourtour une travée carrée, et ces travées carrées sont séparées par des travées triangulaires ; l'ensemble donne un chevet à sept pans, d'une ampleur majestueuse, avec ses 22 fenêtres réparties en deux étages et séparées par une riche coursière en balcon. En réalité les huit sveltes piliers nervés, très espacés, qui supportent la super-
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CATHtDRALES GOTHIQUES
structure, ne séparent guère l'abside du collatéral, et celui-ci est comme incorporé au chœur; l'ensemble forme comme un seul vaisseau de 30 mètres d envergure, d'un effet grandiose. Ajoutons que dans le pourtour sont ménagées des pseudo-chapelles rayonnantes comprises entre les murs plats du polygone externe et les refends formés par les contreforts.
Elevée dès 12S0, achevée au X1V'= siècle la belle nef a huit travées; elle émerge
de bas côtés relativement très hauts, llanqués eux-mêmes depuis 1403 de chapelles latérales. 11 n'y a pas de triforium ; les piliers forment un faisceau de boudins, les voûtes sont barloiigues, à croisées d'ogives. La façade du XI Y' siècle, flanquée de deux belles tours, est percée d'un luxueux portail et d'une rose étoilée dont les rais dessinent des gables alternant avec des pinacles. C'est toute l'ordonnance qu'Ervin d'Echtenbacht avait conçue pour la façade de Strasbourg en place de la lourde construction que nous avons décrite. Comme Ervin, le maître de Saint-Laurent a voulu immatérialiser le pignon en jetant une dentelle de pierre devant le mur ; il a été imité en cela au transept de Ratisbonne. Telle est, dans son ensemble, cette vaste construction, qui par son riche mobilier constitue un vrai musée : citons la Salutation angélique, grande sculpture de Veit Stoss, pendue au milieu du chœur, et le tabernacle à tourelle d'Adam /,, ,,v .N.Ku„:,u ,„c ST...A, KKNT T.K N. RUN...:,.;. j^^^f^^ (,493-, 500), la croix triomphale
portée sur l'arc-en-ciel, enfin le fameux triptyque de la famille Imhof rappelant l'art de Fra Angelico.
L'église de St-Sébald présente une nef de transition émergeant des bas-côtés, avec abside occidentale, et un chœur gothique orienté. Ce chœur est gigantesque et offre à l'extérieur une masse encore plus imposante que celui de St-Laurent, avec ses immenses fenêtres à quatre lumières d'une hauteur prodigieuse, raccordées à la haute balustrade des combles par des gables et séparées par des contreforts aussi riches que pui-ssants. Le chœur, à trois pans, est entouré d'un déambulatoire à sept pans, analogue à celui de St-Laurent, mais sans les renfoncements formant des chapelles absidales. Les piles offrent un noyau octogonal entouré de quatre colonnettes rondes. Les voûtes sont en pures croisées d'ogives, sans compartiments multiples. Saint-Sébald est en effet la plus ancienne des trois principales églises de Nurenberg ; bâtie vers
cathedralp: de nurenberg
1256, elle fut consacrée en 1274. De cette époque datent le chœur oriental, les deux belles tours, la haute nef et le mur occidental du transept ; au XIV" siècle, les collatéraux des nefs furent élargis à partir du transept peu saillant; de i36( à 1377 fut
bâti le chœur et son déambulatoire, d'égale hauteur. Le chœur présente un axe sensiblement dévié.
La nef majeure comprend cinq travées avec un triforium bas ; les fenêtres hautes sont en plein cintre. Les piles sont rectangulaires oblongues, avec colonnettes engagées à chapiteaux cubiques. A signaler au portail S.-O. du XV' siècle, le
CATHÉDRALES GOTHIOUES
Jugement dernier de Veit Stoss, et au côté N.-O. du chœur, un monument funéraire
d'Adam Krafft (1492), celui de la famille Schreyer (').
L'autel de St- Pierre est orné du fameux triptyque Tucher et des peintures de Michel Wohigemut, où perce le réalisme du milieu du XV" siècle.
Les vitraux de St-Sébald [partagent avec ceux de St- Laurent la réputation d'être les plus beaux de l'Allemagne ; plusieurs furent dessinés par Hans Von Kulmbach et par Albert Diirer.
Des peintures murales ont été découvertes dans l'église en 1905 ; de nombreux ronds d'obits ornent les murs.
L'orgue est la plus ancienne de la région (1444).
Citons encore la fameuse châsse si connue de S. Sébald, à laquelle le célèbre fondeur Peter Visscher travailla 13 ans avec ses cinq fils
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