VII. — CATHEDRALE DE LEOPOLD
LA cathedra Lzvozvska est une intéressante construction du XIV" siècle, commencée en 1350, terminée en 1493, mais fort défigurée par des remaniements ultérieurs.
Son fondateur, Casimir le Grand, s'était proposé d'élever un monument grandiose, dont l'édifice actuel n'est qu'une partie ; celui-ci n'offre qu'un tronçon de nef plus court que le chœur. D'ailleurs il a été reconstruit à partir de 1765 ; c'est alors qu'il a été flanqué de la grosse tour qui domine la ville, entourée de nombreuses annexes hybrides, et affectée, dans sa silhouette, de lignes sinueuses qui profilent son haut pignon et le sommet du clocher.
L'intérieur offre encore une belle construction gothique, trois nefs voûtées de croisées d'ogives, ainsi que le chœur, qui est clos, et comporte trois travées presque carrées et une abside à cinq pans, percés de hautes fenêtres à deux lancettes sur laquelle chevauche une troisième pointe de lancette, selon le style spécial des fenestrages de la Vistule.
Près du chevet s'élève, selon un usage de la région, la petite chapelle du Getsemam, carrée, couverte en coupole. Elle s'ouvre par un portail renaissance, embrassant toute la façade et plantureusement décorée.
AUTRICHE o
Ll . style roman n'a pas, en Autriche, évolué vers le style gothique. Celui-ci s'y est implanté tout développé, importé de France, d'Allemagne, niémc d'Anp^leterre. Il s'est juxtaposé aux constructions romanes.
La Bohème prit l'avance au XW'^ siècle, en copiant la cathédrale française. Guillaume d'Avignon bâtit le couvent de Haudnitz, dont le style fut imité à Koningraets et à Prague ; Mathieu d'Arras fut chargé de la construction du dôme de cette ville. Pierre Arler de Gmund lui succéda ; ce maître W'estphalien fit le chœur de Ste-Barbe de Kuttenberg, la Feinkirche de Prague, l'église de KarlshofF et diverses constructions civiles ; il eut une influence prépondérante sur l'art en Bohème. Ses successeurs du XV*^ siècle, Maître Jean, Mathieu de Reisek, Benoît Riep. Stanko et Kreszchetz de Krumeau, subirent une influence anglaise. Le maître Benoît, qui commença Ste-Barbe de Kuttenberg, imprima un caractère spécial aux églises élevées à partir du XVI* siècle, qui, par leurs nefs raccourcies et bordées de galeries d'étage, semblent s'accommoder aux convenances du protestantisme.
En Basse- Autriche, le style gothique apparaît au XIV siècle dans l'église cistercienne de Zwettl, imitée de Pontigny. Son chef-d'œuvre est le dôme de Vienne. L'école d'architecture de X'ienne répandit le style flamboyant dans la Basse-Autriche, et rivalisa avec l'école de Wiener-Neerstadt.
Dans la Haute- Autriche les églises restent presque romanesjusqu'au XIV' siècle. Elles off"rent deux tours en tête et trois nefs sans transept. Au XIV siècle, les nefs sont égales, larges, courtes, terminées par un triple chevet à pans d'octaèdre. Elles ont un clocher latéral et des voûtes compliquées.
En Styrie apparaît la nef centrale émergente; le monument principal est l'église cistercienne lie Strassengel.
En Tyrol règne le type de la liallenkirche ; on y trouve aussi de nombreux vaisseaux à une nef.
La IransylvanJe n'offre que de petites églises converties en forteresses, en vue des invasions des Tartares, des Mongols et des Turcs. Leurs nombreuses tours les rendent très pittoresques.
La Bohème, la Silésie, la Galicie et la Hongrie possèdent de nombreuses églises en bois.
CATHEDRALE DE VIENNE
L'EGLISH métropolitaine de Saint-Étienne remonte au XIl" siècle (1144) ; mais elle a été en grande partie rebâtie en 1359 par le duc Rodolphe IV ; elle est alors devenue cathédrale. La tour a été terminée en 1400.
Sauf une réminiscence romane dans les deux tourelles accostant la façade occidentale, lesquelles sont ornées de petites arcatures sous les cordons et de frontons triangulaires à la base des flèches, c'est un monument de style gothique pur.
I. fHttrieurs von Kirchen und Kupellen in OsUrreich. — Intérieurs (t églises et de chapelles en Autriche, depuis le .\I1« jusqu'au XVIII' siècle. Héliogravures d'après les photographies d'Otto .Schmidt à Vienne. 100 planches in-folio avec texte illustré par Toni Grubhofer, Otto Hcsse, etc. Prix : i;o fr.
catiip:drale de vienne
Elle mesure 1 14 mètres de longueur sur 74 de largeur et 29 de hauteur.
Un comble immense abrite ses trois nefs à la façon des hallenkirchen allemandes, et l'ampleur excessive de ses versants, couverts de tuiles de couleurs à dessin chevronné, est atténuée par de grands gables élevés vers 1856 sur les différentes travées des nefs latérales. Le comble offre une croupe du côté occidental, de sorte que la façade de tête est dépourvue de pignon, par une particularité des plus rares. La tour altière qui se dresse, du côté méridional, sur le flanc du collatéral au droit de sa dernière travée, s'amortit en une flèche de pierre ajourée de la manière la plus élégante ; le regard est conduit du sol au pinacle par des transitions admirablement ménagées et à travers un ensemble harmonieux d'ornements délicats ; c'est un des triomphes de l'art gothique que cette merveilleuse pyramide, qui mesure 145 mètres de haut. Endommagée plusieurs fois par la foudre, et en 1809 par des boulets français, démolie en partie en 1839, reconstruite en 1S42 et en 1860, elle a été restaurée en dernier lieu par Forster. Elle mesure 138 mètres de hauteur et occupe le second rang pour les plus hautes tours. La sonnerie se compose de 6 cloches, dont la plus grosse pèse 80 quintaux ; le grand bourdon, nommé Pummerin, logé dans la tour principale, a été fondu en 171 1 du métal des canons enlevés aux Turcs, et pèse 354 quintaux.
Sous la tour, entre les puissants contreforts, s'ouvre ^'^- ■>'■>'-• ~ ^^^ ^"^^ ^-'^ cathédrale