‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 29 sur 303 · V. — CATHEDRALE DE REIMS · texte numérisé non relu

V. — CATHEDRALE DE REIMS

APRES avoir admiré Notre-Dame de Chartres, dont le sol intact était primitivement appelé le /// de la Vierge, et Notre-Dame d'Amiens, où Marie a sa chapelle au chevet même des splendides caroles, nous allons visiter Notre-Dame de Reims, la plus célèbre et la plus ornée des cathédrales de France ; déjà nous avons contemplé Notre-Dame de Paris. Toujours Notre-Dame! C'est qu'ils l'aimaient bien, leur bonne Dame, les braves chrétiens du moyen-âge ! Les cathédrales de France, qui sont les plus beaux produits du génie humain, ont été élevées en l'honneur de la Vierge Marie. Notre-Dame de Reims, commencée en 121 1, est la première cathédrale de France comme importance historique ; c'est par excellence la cathédrale nationale. Les rois y ont été sacrés et le souvenir de Clovis, baptisé dans la basilique voisine, se reflète sur ce noble monument lui-même. « Reims fut la ville sainte de la France, comme Moscou, celle de la Russie, » remarque M. Gosset.

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CATHÉDRALE DE REIMS

« C'est à Reims qu'il faut aller, dit VioUet le-Duc, lorsqu'on veut se faire une idée de ce que devait être une cathédrale conçue par un architecte du XllJe siècle, de la plus belle époque de l'art ogival ('). »

La façade de Reims est une des splendides conceptions du XI Ile siècle (■^), la seule, franchement gothique, bâtie d'un jet. La division en étages horizontaux y est franchement abandonnée ; .les lignes montent du sol au sommet ; c'est une poussée idéale vers le ciel. Elle a, d'ailleurs, l'avantage d'être la seule complète. Notre-Dame de Paris est encore une façade de l'époque de transition ; il en est de même de celle de Laon ; celle d'Amiens n'a qu'une façade tronquée, non terminée ; celle de Chartres n'est qu'une réunion de fragments ; celles de Bourges et de Rouen sont des mélanges de styles de trois ou quatre siècles ; les façades de Bayeux, de Coutances, de Soissons, deNoyon, de Sens, de Séez sont restées inachevées, ont été dénaturées ou présentent des amas de constructions élevées successivement sans projet arrêté.

La cathédrale d'Hincmar, le chef-d'œuvre de l'époque, au dire du moine Flodoard, avait été richement ornée. Au moment du grand incendie de 1 2 1 1 , ce devait être, dit M. L. Gonse, un somptueux édifice, à en juger par la superbe porte romane peinte, sculptée et dorée, qu'on voit encore, englobée dans les constructions du transept Nord (^).

Un an après l'incendie de 121 1, jour pour jour, l'évêque xAlbéric de Humbert

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