‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 28 sur 303 · V. G. Durand, ouvr. cité · texte numérisé non relu

V. G. Durand, ouvr. cité

CATHÉDRALE D'AMIENS

droite en signe d'octroi de grâces ; ses pieds terrassent l'image du démon. Ces deux types accomplis sont le chefd'œuvre de la décoration sculpturale qui forme le noble et riche vêtement de ce beau monument, comme des autres cathédrales de la même époque. Une autre belle et crracieuse image de Marie, qui orne les murs d'Amiens et qu'on nomme la Vte^^e dorée (fig. 62), est d'une tout autre conception. Datant de la fin duXIIP siècle, elle offre un type plus familier. C'est une mère qui est tout occupée de son enfant bien-aimé, et lui sourit avec tendresse sans s'occuper des hommages des fidèles. Toutes deux sont debout, tandis que les plus anciennes madones, jusqu'à la fin du XI ^ siècle, sont assises, et figurent des Sedes sapieiitice.

^ Sans nous arrêter aux nombreuses sculptures de portail, mentionnons toutefois la belle Ga/erie des Rois (fig- ài), qui, à la façade principale, règne au-dessus du triple et riche portail, tout comme à Notre Dame de Paris ; elle est soulignée et surmontée d'une frise de feuilles de vigne. Ses entrecolonnements sont décorés de vino-tdeux statues colossales. Elles représentent, selon quelquesuns, les monarques français bienfaiteurs de l'église, depuis Childéric II jusqu'à Philippe- Auguste ; selon beaucoup d'autres, les rois de Jtida. Enfin, plus bas, au porche central, à droite en entrant, admirons un bel Arbre de Jessé, qui est peut-être le meilleur spécimen existant de ce joli thème biblique.

Au-dessus de la Galerie des Rois rayonne ou plutôt flamboie la grande rose, du XV' s., de 35 mètres de circonférence, aux merveilleux ajours, superbe de légèreté, de grâce et de puissance éclairante : elle est encadrée d'une gigantesque couronne d'arum et de viane La construction s'arrêta longtemps à ce niveau. La balustrade qui surmonte cette partie centrale et les deux tours n'ont été élevées qu'un siècle après l'achèvement du vaisseau, et elles restent malheureusement inachevées (').

Les portails du Nord et du Sud sont plus élégants encore de forme que le grand portail. A leurs côtés s'adossent les superbes piliers butants, et les arcs-boutants du ^transept à quadruple volée, semblables à des ponts aériens, bi le grand portail appartient à l'école idéaliste du

1. Celle du Nord monte à 2,0 mètres, celle du Midi à 190 mètres ■ on s e eve au sommet de la première par un colimaçon de 306 degrés d'une con- :

struction vraiment aérienne. I

X 1 1 1" siècle, le portail méridional est de l'école réaliste du XIY"; le septentrional a peu de statues.

On admire l'effet imposant de la façade méridionale avec son vaste développement, ses puissantes proportions, ses combles aigus et sa jolie flèche (fig. 64), son beau pignon de transept percé d'une rose et ses sveltes arcs-boutants, dont chacun des pinacles porte un ange colossal. Cette façade a aussi sa triple entrée, savoir : le portail de \' Horloge ou de Saint-Christophe, celui de Saint- Honoré ou de la Vieige dorée, et celui du Puits de l'œuvre. Le portail est surmonté d'une rose figurant la roue de la Fortune.

Dans la grande nef on voit deux tombes en cuivre du XI II" siècle, et contre le chœur, deux tombeaux sculptés et polychromes dus à la générosité du chanoine d'Henancourt, au XV' siècle.

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