I. CATHEDRALE DE LAUSANNE
CET édifice est le plus beau monument de la Suisse. Alf. Ramé le proclame digne d'être français et le considère comme une fille de Laon. Tout dévasté qu'il est par le protestantisme, il est encore imposant. On monte du Marché à la cathédrale par un modeste escalier de i6o degrés.
Les parties les plus anciennes de ce bel édifice remontent au XII' siècle et au delà (') ; elles comprennent les murs de précinction du collatéral du chœur, y compris 1 abside du chevet. Ce collatéral offre quatre pans plats, deux de chaque côté de la chapelle ronde terminale. D'après les profils de la sculpture, ViolIet-le-Duc attribue cette partie aux années 1160 et 1170. Elles appartiennent au style du S. O. delà France. Les voiites du déambulatoire sont de la même époque. Il y avait primitivement une crypte, ce qu'atteste l'abaissement, de cinq degrés, de l'ambulacre absidal, établi de manière à laisser des vues aux soupiraux de cette crypte. Toutes les autres parties de l'édifice appartiennent au XIII' siècle, et ont été construites de 1216 à 1240, en dépit de l'incendie qui. d'après l'histoire, aurait entièrement détruit Notre-Dame. Ici l'archéologie infirme l'histoire ; seule la lanterne avec les curieux gables qui surmontent ses corniches et que coiffe la flèche aiguë peut être postérieure à 1250. Une partie de la nef peut avoir été reprise après 1270.
Le narthex présente un charmant exemple de tribunes rhénanes, plus élevées que celles du vestibule de la nef. qui devaient être d'un grand efïet, quand elles n'étaient pas masquées par des boiseries. La nef. qui n'a que 20 mètres de hauteur, offre une très curieuse variété dans la forme différente de ses onze piliers. Les deux galeries .superposées qui contournent la nef et le chœur sont ornées d'une infinité de gracieuses colonnettes, savoir le triforium et la claire-voie. Le transept devait être
J. tUmé, L'ar/ >/u m>yendxeen Suisse. ^\nn. archéoL.t. XVI). Varni, Architecture pittoresque de la Suisse.
V. Encyd. cTarc/iit., t. VI, p. 503. Semaine des Constructeurs, 1897. — Encyclopédie des sciences et des Arts de la Suisse, Paris, 1872,
2. On a retrouvé en 191 1 le tombeau de l'évêque saint Amédée; mort en 1159, et des pavements en mosaïques des trois basiliques superposées.
CATHEDRALE DE BALE
accompagné de deux tours orientales qui n'ont pas été achevées ; leur base forme à la hauteur du triforium de grandes salles s'ouvrant dans le transept, comme cela se voit dans quelques églises du Nord. L'ensemble charme par l'harmonie des proportions.
La nef a cinq travées, voûtées de croisées d'ogives hariongues, sauf une double travée, contiguë au transept, que couvre une voûte sur plan carré ; les piles alternent fortes et faibles. Les deux, premières travées, plus larges, des collatéraux du ch(i;ur portant ces tribunes, sont intéressantes ; elles n'étaient pas fermées sur le dehors, au Nord et au Sud, mais formaient un passage libre ; elles n'ont été fermées qu'au XVI' siècle ; on accède aux tribunes par deux gracieux escaliers, dont les tours sont couronnées en style rhénan.
Toute la partie primitive de l'église, notamment les arcades du pourtour du chœur, se rapprochent singulièrement du style roman-bourguignon ; mais les premières travées du narthex et les tribunes accusent une influence rhénane.
La façade devait être flanquée de deux tours ; une seule a été achevée ; elle offre une masse carrée puissante à deux étages très ajourés.
La belle rosace et les portails de l'Ouest et du Sud méritent d'être signalés. La tour centrale est couverte d'un comble en fer.
L'ancien trésor était opulent, il comprenait de nombreux et riches calices, les statues des Douze Apôtres en argent, une statue du Christ en or, etc. Il devint la proie du vainqueur lors de la conquête du pays de Vaud en 1536; dix-huit chariots les transportèrent à Berne. En l'année 1912, on a retrouvé sous le sol de l'édifice les sépultures de l'évêque Amédée (i 145- 1 159), de l'évêque Berthold de Neuchatel (1212-1220), et de l'évêque Henri Lens- ^^^^^^ bourg (985-1069). I^BHI^l^:-