IL — CATHEDRALE DE BALE
C'EST d'un coup d'œil superbe qu'on jouit, quand, de la haute terrasse enveloppant le chevet de la cathédrale de Bâle, on contemple à ses pieds la ville encerclée par le Rhin, coulant sous trois beaux ponts qui unissent le grand et le petit Bâle. Au delà, le panorama s'étend jusqu'aux montagnes de la Forêt Noire.
Cela fait penser au temps où Erasme philosophait sous les marronniers, à la place où viennent encore volontiers s'asseoir les étudiants de la plus vieille université de la Suisse.
4'- 34'- — SATAN ET L.V VAXITE JlONDAlSi;. SCIT.PTURE DE LA CATHÉDRALE DE BALE.
CWTHEDRALKS GOTHIQUES
Les puissants contreforis de l'abside, romane à sa base, gothique plus haut, s'élèvent par ressauts jusqu'à la partie supérieure du chevet, qui est percé de hautes fenêtres aux résilles gothiques à deux lancettes. De toutes parts on aperçoit les deux tours -othiques en grès rouge, qui se dressent en tête à 67 mètres de hauteur, traversées
d'étage en étage par trois balcons, et amorties par de sveltes Hèches en pierres ajourées et fleuronnées.
Ces tours ont été terminées en 1500. La nef romane de Bâle est analogue à celle de Naumbourg ; elle a en plus sur ses flancs des galeries gothiques ; le vaisseau mesure JJ mètres de long sur 32 mètres de large. La nef a des bascôtés, un transept et un chœur avec collatéral à quatre pans plats.
Une impression froide envahit le visiteur depuis que le calvinisme ■a. dépouillé l'église de ses plus beaux ornements et enlevé son sourire au vaisseau.
Commencée par Henri II, de loio à 1019, l'église fut détruite par le feu en 1 185 et reconstruite en grande partie au cours du XI 1 L siècle ; quelques parties sont postérieures au tremblement de terre de ii56. De la construction romane reste le portail de Saint- Gall, 01 né des statues des Evangélistes, des figures des Vierges Sages et des Vierges Folles, des Œuvres de Miséricorde ; on y voit aussi les curieuses statues qui figurent Satan et la Vanité mondaine; ces personnages et ces scènes sont groupés autour de la Statue du Juge Suprême qui se dresse au tympan. Au-dessus la façade est très ornée; à son sommet se dresse l'image de la Vierge Marie, qui a à ses pieds les statues de l'empereur Henri et de l'Impératrice Cunégonde, ainsi que les statues équestres de S. Georges et de S. Martin. Les portails latéraux sont du XIV'= siècle. Le beau jubé, de 1381, supporte un orgue excellent. La chaire est de i486.
Le chœur et les nefs latérales contiennent de vieilles sculptures et des pierres tumulaires ; dans la nef se voit l'ancien trône épiscopal, puis un bas-relief très remarquable du XI' siècle (le martyre de S. Vincent) et un baptistère de 1465 ; en face, adossée à un pilier, la tombe du savant Lrasme (1 1536). Dans le chœur, le tombeau de l'impératrice Anne (t 1281). femme de Rodolphe de Habsbourg et mère
POBTAII, DE SAIXT-QArX DA.NS LA CATHKDIUM; l)K HALK,
(ATHIiURALK DE BERNE 413
d'Albert I^""^ ^j; celui de son fils cadet Charles. Les combles sont couverts de tuiles émaillées multicolores dessinant des losanges, couverture usitée dans l'Est de la France.
Le monument a été restauré de 1852 à 1856.