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L.Gonse, I.'Att gothique

CATHEDRALE DE SOISSONS

gamment. L'église eut six clochers abîmés ou modifiés, son [jorche est détérioré.

Le transept Sud offre un des beaux spécimens de la transition. Commencé en i 175, ses cinq travées sont pourvues de bascôtés ; il est terminé par la remarquable abside que nous avons déjà signalée, et accosté, dans l'angle Sud-Est, d'une chapelle rotonde en horsd'œuvre, d'une construction remarquable et d'une ornementation ravissante. Elle est surmontée d'un étage, qui servait anciennement de trésor. Au-dessus des bas-côtés règne une élégante galerie, surmontée d'un triforium et d'une belle claire- voie. Le transept Nord, remanié au XIV" siècle, offre, dans certaines parties, les caractères élégants mais parfois exubérants du style gothique fleuri. La paroi Nord est couverte par une résille à meneaux qui semblent la diviser en quatre baies ; une magnifique

?. — POnRTODK DU CUŒUK, CÔTE DROIT DE LA CATHÉDRALE DE SOISSONS.

rose à douze pétales couronne le vaste

i:^*^"* SffifitiUjUV^^^M fenestrage Vw^^- ■imiffî'ffll^B ^^ sanctuaire, pentagonal, est entouré

* HHHnal^^H d'un déambulatoire flanqué de cinq cha-

^^^^^^^^^ pelles absidales. Les nefs reproduisent iHi^'lj! ; ÎT '^^^H^IPIii l'ordonnance du chœur.

irTiiiii'i''! ::\', .■^■BwBr il Vue du côté du chevet, la cathédrale

offre un coup d'œil imposant, avec ses contreforts à double ressaut et ses arcsboutants superposés. Les fenêtres du clair-étage sont encadrées d'un cordonlarmier rehaussé de rosettes, et posant sur des modillons à masques humains.

La corniche est garnie de volutes végétales.

Du côté de l'Ouest, la façade montre un triple portail à voussures profondes, formant une avancée sur la grande façade. Celle-ci est percée d'une rose à seize rais de lancettes, abritée sous une arcade vigoureusement ornée de crosses véçrétales. Plus

Fig. 8S. — INTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE DE SOISSONS.

liaut court une très jolie galerie qui ceinture la leur du Sud, sous les belles et hautes ouïes formant son étage supérieur ; la tour du côté Nord est restée inachevée.

Dans la sculpture domine l'arum avec la vigne et la fougère.

Le portail qui s'ouvre à l'Est du transept Nord est surmonté d'une frise fleuragée et d'une rose à six lobes accompagnée de quatrefeuilles ; il est encadré de colonnettes et de voussures ; c'est un des morceaux délicats de l'édifice.

La cathédrale est accompagnée, vers le Nord Ouest, de l'ancien cloître canonial sur lequel s'ouvre la vaste salle du Chapitre, divisée en deux nefs. Cette partie des bâtiments capitulaires, restaurée de nos jours, est un des monuments les plus parfaits de ce genre que l'on puisse voir (').

IL — CATHEDRALE DU MANS

SUR une éminence dont la Sarthe arrose le pied, isolée au bout d'une esplanade, à l'extrémité de l'ancienne cité, se dressent la tour de Saint-Julien, son beau vaisseau roman et le chevet de son chœur gothique, qu'une double rangée d'arcsboutants enserre dans un vaste réseau de pierres d'un saisissant effet.

Cette belle église de la transition romano-gothique, à l'allure imposante et sévère, tient tête parmi les monuments de second ordre et mérite presque d'être classée au premier rang. Elle abrite 5000 mètres carrés sous ses voûtes remarquables. Ses dimensions sont de 130 m. en longueur, 53 m. en largeur au transept, 34 m. de hauteur sous la clef-de-voûte du choeur.

Elle se compose de deux parties bien distinctes : une ample et belle nef romane, un transept et un chœur vertigineux du XI1I«= siècle. Si l'église entière était de ce style, aucune église française ou étrangère ne la dépasserait en beauté.

Nous avons décrit au tome I les nefs romanes de la Saint-Julien. Le chœur constitue un merveilleux monument ogival. On l'aperçoit de trop loin quand on l'aborde par l'esplanade trop vaste qui s'étend à l'Est de la cathédrale ; mais de près, son ensemble redevient impressionnant avec ses curieux arcs-boutants à deux travées, à deux étages et dédoublés de manière à dessiner un Y en plan.

Un demi-siècle après l'achèvement de la cathédrale romane par Guillaume de Passavant, l'évêque Maurice rêva d'élever un chœur capable de rivaliser avec les plus beaux monuments qui sortaient alors du sol généreux de la France. Le nouveau sanctuaire, commencé en i 2 i 7, consacré en 1254, fut construit par l'architecte Normand Thomas Toustain et un autre architecte inconnu ('). M. Ledru ( ) n'en admet qu'un seul en présence de l'harmonie de l'ensemble, en dépit de la mouluration différente qu'on constate dans le déambulatoire et dans les chapelles ; cette mouluration se rapproche, d'un côté, du style normand, de l'autre, de celui de l'Ilede-

1. La belle ^^'lise de Soissons qui réclamait une importante restauration, nicritail d'être traitée avec de grands égards, et d'intéresser vivcmtnt les pouvoirs publics. La restauration a été commencée avec soin ; elle a été débadigeonnée au moyen d'outils en bois, sans blesser les pierres.

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