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FLECHE DE LA CATHEDRALE DE DIJON

a ouvert au rond-point le premier rang de fenêtres bouchées ; les stalles rococo ont été divisées et dissimulées dans les entrecolonnements. On a repris en sous-œuvre les arches des nefs. Il restait à rétablir à la croisée cette haute aiguille, qui naguère pointait dans le ciel et était vue de plusieurs lieues ; non pas la gauche charpente ardoisée du dernier siècle remaniée au commencement de celui-ci, mais celle que l'abbé Philibert de Charmes éleva pour remplacer l'aiguille que la foudre avait détruite le 22 juin 1506. Elle était fort haute et tout ornée de plombs dorés.

M. Suisse, après avoir démoli la flèche du siècle dernier, a remis au front de la vieille capitale bourguignonne la belle aigrette, ouvragée de plomb doré, détruite par la foudre en 1506 ; au-dessus, rajeuni et doré à neuf, a repris place le coq dont

FiiJ. 100. — ANCIKNNE ABBATIALE DE ST-BÉNIGNE COUPE LONGITUDINALE.

(lîtstitution de M. lu chan. Cliomton.)

en 1870 un projectile badois avait enlevé la queue. La nouvelle llèche, aux arêtes à côtes, selon le style local (Jiç. gç), est l'œuvre la plus importante de ce genre, par les dimensions et la beauté, qui ait été élevée en France de nos jours. Elle est ornée de huit statues en cuivre couronnant les contreforts de la base (').

L'église a conservé quelques-unes de ses pierres tombales accumulées par les générations, notamment les tombes du chevalier d'Esguilly (1363); de Wladislas le Blanc, roi de Pologne (t 1388); de Sacquenier, abbé de Baure (1517); du premier président au Parlement Lefebvre (1566), qu'on se plaît à attribuer à Sambin. Citons encore les statues agenouillées du P. J. P. Legoux de la Merchère et de son épouse (1635), le tombeau du Président Jean de Berbisey (t 1697), dans la crypte, le cénotaphe de Mgr Rivet (t 1884), et sur la tour le mémorial de Bossuet ; la statue de cet Etienne Tabourot des Accords, mort en 1590. qu'on a appelé le Rabelais de la Bourgogne.

Les orgues, qui avaient beaucoup souffert pendant la Révolution, furent refaites par François Collinet en 181 2 ; restaurées par Merklin en 1859, elles comptent parmi les plus grandes et les meilleures de France.

L'autel a été reporté à la première travée du sanctuaire ; à l'ab-side on a rouvert les fenêtres de l'étage inférieur. Les stalles, réduites en nombre, n'enveloppent plus l'architecture, mais s'ordonnent bien sagement deux par deux entre les piliers. Avec l'excédant des stalles, a été composé le trône épiscopal.

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