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IV. — CATHEDRALE DE NOYON

L'ABBATIALE de Saint-Denis, l'église de Suger, où le style gothique apparaît complet, fut la mère des cathédrales de France. Elle a eu trois filles : Noyon, Sens et Senlis. A Noyon, c'est le chœur surtout qui procède de Saint-Denis.

S'il fallait en croire la gracieuse légende transmise par le bon chanoine Levasseur, chroniqueur du XVIP siècle, le nom de la ville de Noyon serait dû au patriarche Noé lui-même, qui descendit, dit-il, en personne dans notre Gaule. Saint Médard, à moins que ce ne soit S. Eloy, aurait élevé le chœur. La Vierge Godeberte aurait arrêté d'un signe de croix l'incendie de 676. S. Mummola (en 685) reconstruisit l'édifice dans lequel Charlemagne fut sacré en 768, et sous les nouvelles voûtes Hugues Capet reçut l'onction royale. A l'ombre des voûtes de la troisième église devait grandir Jean Calvin.

Commencée en 11 15, enveloppée dans l'incendie qui consumma la ville en 1131, Notre-Dame de Noyon fut relevée par Simon de Vermandois, vers 1 145. M. Lefevre- Pontalis a établi à l'encontre de Levasseur et de Vitet, que son chœur était terminé en 1157, lors de la déposition dans une nouvelle châsse du corps de S. Eloy; ses tours furent achevées au XI II" siècle, ainsi que les voûtes et les portails latéraux. Le transept fut terminé en 1170. Renaud, successeur de Baudouin III, reprit vers 1180 les travaux de la nef. Etienne de Nemours a dû trouver en 1188 la nef presque achevée avec ses bas-côtés. A partir de cette époque on constate une reprise ; le décor se modifie et comporte de nouvelles espèces végétales, comme l'a remaqué feu E. Lambin. Les proportions s'allongent, les piles deviennent moins trapues, mais l'ordonnance antérieure est respectée ; elle offre le prototype de celle de la cathédrale de Senlis, consacrée en 191 1, et de la cathédrale de Laon. C'est au XIII" siècle que se rapportent la façade et le clocher méridional. Au milieu de XIII' siècle s'édifia le cloître. L'incendie de 1293 'e détruisit avec une partie de l'église, savoir la char-

I. V. Bulletin de la Gilde de Saint-Tliomas et de Saint-Luc, en 1903.

penie, les voûtes et l'arc triomphal. Les voûtes furent aussitôt reconstruites (■). La grosse tour Nord commencée alors fut terminée en 1320. Enfin vers 1333, furent édifiés les deux curieux éperons bâtis en dehors du porche occidental pour contrebuter les voûtes. Enfin l'église fut flanquée de chapelles latérales au cours du XV' siècle. Tel est le cji> n'cu/ii»! (rdificationis de cette intéressante cathédrale (").

Fig. 101. — ka(;ade de la cathkdhale de koyox.

Notre-Dame de Noyon est une des plus belles cathédrales de France, mais surtout une des plus intéressantes, en ce qu'elle est un des premiers édifices qui résument,

1. M. Lefebvre-Pontalis a fixé ces dates et rectifié les erreurs des annalistes. Après le sinistre eut lieu le remaniement du triple portail de la façade, la reconstruction sur plan barlong des voûtes de la nef et celle des arcs-boutanls, dont le nombre fut doublé.

2. C'est en 1335 que l'on trouve un premier nom de maître-maçon, Tassard, qui restaura la tour du Nord, et plus tard ceux de Jean Turpin. architecte de F'érouse, de Jean Massé et d'Adam Courtois, venu de Compiègne pour remédier aux désordres survenus dans les voûtes et les murs. En 1460, Massé et Turpin, avec Florent Bleuet dressent un devis pour la reprise des piles en sous-œuvre, la restauration des contre-forts et des voûtes; ces travaux n'étaient pas finis, quand intervint Pierre Tarisel en 1476.

B. Lefebvre-Pontalis, Histoire de la cathédrale de Noyon. Paris, 1900.

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