‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 60 sur 303 · IX. — CATHEDRALE DE CHALONS-SUR-MARNE · texte numérisé non relu

IX. — CATHEDRALE DE CHALONS-SUR-MARNE

SAINT - ETIENNE de Châlons, élevé de 1158 à 1322, offre un vaisseau majestueux en partie orné encore de ses belles verrières primitives. Il a trois nefs de style secondaire, voûtées de croisées d'ogives, précédées de deux tours carrées, et flanquées au collatéral Sud d'un long portail. Le transept est saillant et le chœur, accosté au Nord d'une troisième tour, est entouré d'un groupe de chapelles rayonnantes, dont trois en absidioles encore rondes comme à l'époque romane.

Cet édifice, qui a été la proie des flammes en 1138 et en 1230, et qui a été gâté par des additions faites sous Louis XIV, reste une belle église de style gothique primaire. Quoique fondé sur un sol compressible, il a résisté victorieusement à la pesée des maçonneries, à la poussée de voûtes et aux injures du temps.

L'église possède une crypte et deux clochers, l'un roman, l'autre ogival.

Elle mesure à l'intérieur 90 m. sur 40 Elle a trois nefs, dont la centrale est majestueuse, et qui posent leurs voûtes en croisées d'ogives sur dix puissantes colonnes monocylindriques. Le triforium offre une rangée d'arcades disposées, à chaque travée, par deux paires, abritant chacune deux lancettes et un quatre-feuilles. Les bas-côtés sont ajourés de belles fenêtres rayonnantes à quatre lumières, surmontées de trois roses. Le chœur est d'une grande beauté avec son triforium à trois lancettes et ses fenêtres hautes à lancettes jumelles surmontées d'une belle rose. Les voûtes du rond-point réunissent leurs sept grandes nervures sur une clef centrale. Le maîtreautel s'abrite sous un baldaquin de marbre classique.

Le pavé est presque entièrement composé de pierres tombales de toute beauté, où les histoires de l'Ancien Testament sont figurées en grands et beaux dessins, dont le trait gravé dans les dalles de pierres blanches a été rempli de plomb.

A l'extérieur on remarque la richesse des puissants pinacles à fleurons surchargeant des piliers butants. Le portail principal est un portique classique du XVI I^ siècle, qui rappelle l'ancien portail de Metz. Celui du Sud est moderne.

Les vitraux, d'époques diverses, ornent des verrières rayonnantes.

A côté de la cathédrale s'élève un édifice de transition non moins curieux. Notre- Dame, élevée au XII^ siècle, aie plan et les allures d'une cathédrale. Le chœur, chose remarquable, est entouré d'un déambulatoire à étage ; les tribunes de la nef se prolongent sur son pourtour, s'ouvrant par des arcades jumelles. On y voit essayées des combinaisons développées plus tard dans les grandes cathédrales comme celle de Beauvais. Trois belles tours dressent dans l'air leurs flèches altières couvertes de plomb jadis doré.

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