H. Stein, ouvr. cité
Etienne, maître de l'<L-uvre, est cité vers 1290. L'entreprise abandonnée fut reprise en 1325, avec des ressources insuffisantes. Guillaume Bosquet était le maître d'u^uvre en 135S-1360. A la fin du XIV' siècle, malgré toutes les quêtes et toutes les indulgences octroyées aux bienfaiteurs, le chœur n'était pas terminé. En 1440, on se remet à la besogne et Conrad Roger construit les piliers du collatéral Nord. En 1448, Jacques IMorel fait prévaloir un plan et un style différents et
entreprend le portail. Il disparaît un beau matin et est remjjlacé, en 1456, parThibaut Sonicr, tandis que Raymond Dolhas, dit Castelvert, avec son fils Gérard entreprennent d'achever le chœur sur l'ancien plan. Ils sont remplacés bientôt par Richard (1450), par Vincent Sermati et son fils Jean, par André Arnabric (1465) et enfin par Bernard d'Antheny (1500) (')• M. H.
Stein nous fait connaître la plupart de ces noms ; c'est ])ar bandes, on le voit, que s'évadent des archives historiques ces noms longtemps ignorés des architectes gothiques.
La grande façade Ouest forme un vaste écran ; elle est dépourvue de portail, par la raison qu'elle était primitivement acculée aux fossés. Élevée au XVI' siècle, percée seulement de deux meurtrières dans le bas, elle est d'un caractère singulièrement sévère, et quasi militaire, tempéré néanmoins par la rose flamboyante qui s'ouvre au haut du massif central, ajourée comme un muchharabieh arabe et comprise entre deux contreforts à pinacles lleuronnés, flanquée de deux pyramides gothiques. Plus haut un frontispice également délicat, mais en style renaissance et d'allure espagnole, est terminé par un léger fronton. Deux tours carrées inachevées, avec tourelle d'escalier octogonal, accusant le style du XV'' siècle avancé, s'y rattachent par des arcs-boutants. Au flanc du chœur, se dresse le très élégant clocher dont nous avons parlé, qui est un des plus savoureux ouvrages gothiques de tout le Midi. Il fut bâti de 15 10 à 1526. Carré au premier étage, octogonal au second, rond au sommet il porte à
I. L'ancienne chapelle de Saint-Michen contient un sarcophage mérovingien, qui passe pour avoir servi de sépulture au premier évûquc de Rodez, et le cénotaphe du chanoine du môme temps. Dans la chapelle du .Sacré-Cœur on conserve une table d'autel romane. iDans la première absidiole est érigé le tombeau de M. J. Crosnier, le prélat archéologue. D'intéressants bas-reliefs ornent les chajjelles suivantes.
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CATHÉDRALE DE PERPIGNAN 12
80 mètres de hauteur une statue colossale de la Vierge, qui paraît minuscule d'en bas. Les tourelles des quatre angles sont surmontées des statues des Évangélistes. Trois galeries en encorbellement divisent la tour en trois étages au décor aérien.
Deux autres tours flanquent le chevet plat, qui est aveugle sur une grande hauteur et percé d'une rose sous son couronnement en style renaissance. La tour du Midi porte une inscription qui ne brille pas par la modestie : Facessant cegyptiorum insane pyrainidaruni moles : valeant orbis viit-acula.
L'église est en croix latine, à trois belles nefs d une venue jusqu'au chevet, aux robustes piliers, aux voûtes élevées, à la claire-voie très haute. On y remarque une tribune très intéressante sur une voûte surbaissée, un jubé de 1501, aux sculptures fouillées, un sépulcre du XV" siècle, des stalles très riches, au dorsal orné de figures en bas-reliefs en pied, sous des baldaquins.
A chaque bras du transept, s'ouvre une belle porte du XV*^ siècle, dont le décor est mutilé. A l'intérieur, on remarque des vitraux anciens, oeuvre de Philandrier, un sarcophage du VI" siècle en marbre, des tombes du XV^ siècle, plusieurs tombeaux du XIV^ siècle et un sépulcre de la Renaissance (').