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XL — CATHEDRALE DE PERPIGNAN

L'ÉGLISE collégiale de St-Jeande Perpignan fut commencée en 1324 a la place de l'ancienne, fondée en 1 28g par Camille de Lévis-Mirepoix. Les premières pierres en furent posées par le roi Sanche et l'évêque d'Elne, Bérenger IX, ce que rappellent des inscriptions lapidaires dans la nef. L'édifice n'est pas encore terminé. Cette église devint cathédrale à partir de 1602, les évêques d'Elne y ayant transporté leur siège.

Elle a la forme usuelle de la contrée, mais dans des proportions magnifiques.

La couverture plate est bordée de pignons qui se découpent au pourtour en une série de gables déprimés, surmontant de hautes verrières à beaux fenestrages flamboyants, à trois lumières, séparées par de rudes contreforts d'une venue.

Au-dessus de l'église, à droite de la façade, se dresse l'horloge municipale dans une élégante cage de fer et sur le flanc gauche, une haute tour carrée aux angles abattus, de style du XVI II"" siècle.

L'intérieur, d'une richesse touffue, est abrité sous une seule et belle voûte comme la nef de Mirepoix ; cette voûte contient des vases acoustiques. Elle est large de i8'n30, haute de 27 mètres; elle est soutenue par de gigantesques contreforts internes entre lesquels prennent place quatorze chapelles latérales. La nef a près de 80 m. de longueur et se termine par une belle abside à cinq pans, flanquée de deux absidioles donnant sur un transept assez étroit. Les chapelles de la nef furent dotées à l'envi par les bourgeois et par les nobles animés d'un antagonisme traditionnel.

I. L. Baron de Barlavagne, Histoire de la cathédrale de Rodes, 1875.

Cathédrales Gothiques.

La façade offre dans un grand mur ave

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ugle un porche de 1631 en forme de baldaquin, surmonté d'une statue (').

L'église possède un magnifique retable du XVI*' siècle, un autre du XV', le tombeau en marbre noir de l'évêque Louis de Montmor (1991), des fonts du XP siècle en marbre blanc et des vitniux anciens. Le trésor comprend une boîte de cèdre antique ayant contenu la main de S. Jean- Baptiste.

A la porte de Bethléem, au Sud, on voit une curieuse tombe de 1291, représentant la mort du personnage et sept assistants. Philippe de Lévis (1493 à •537) a construit le cloître ; il fut le restaurateur de l'église.

Du côté .\ord, vers la cité Bartissol, se voient les vestiges romans du Vieux .St-Jean, l'église primitive accolée à la cathédrale actuelle. On y voit une curieuse porte à double baie, aux arcades et clefs pendantes, qui ont servi de socles au superbe Christ bénissant, qui orne actuellement le clocher, et qui est, d'après M. Brutails, la plus belle œuvre de statuaire romane existant dans la province.

CATHÉDRALE DE MIREPOIX

L'ANCIEN NE cathédrale de Mirepoix ('), commencée au XII P siècle, sur le plan des églises toulousanes, continuée aux XI II" et XIV' siècles, offre le plan le plus simple, le plus économique et le plus favorable aux grandes assemblées, comportant une seule nef, courte et basse, large de 21 m. 60 dans œuvre. Elle est la plus large nef de France.

Elle fut d'abord couverte d'une charpente en bois. Effrayés de l'énorme ouverture du vaisseau, ses constructeurs n'avaient pas osé entreprendre sa superstructure ; ils avaient dressé un mur environ aux deux tiers de la largeur de la nef, du côté du Midi, pour recevoir la corniche. C'est seulement de nos jours, de 1854 à 1865, qu'elle fut voûtée parles architectes de Coma et Cals. Celui-ci avait restauré d'après le plan de Viollet-le-Duc la nef analogue de Saint-Michel de Carcassonne.

1. Victor de Ghellinck, Congrès de Carcassonne. Anvers, 1907.

2. Abbé Gabaldo, Ancienne cathédrale de Mirepoix. V. Bulletin monumental, année 1884, p. 508.

CATHEDRALE DE TULLE 131

Un porche élevé au commencement du XV 1= siècle, vers la ville, au flanc Nord, s'ouvre sur la première travée. Il est décoré de niches veuves de leurs statues et de deux verrières flamboyantes qui éclairent la tribune épiscopale attenante à l'ancien évêché. A l'opposite se dresse une tour carrée. La nef est bordée de chapelles comprises entre des contreforts internes; les deux premières sont éclairées par de longues lancettes, datant des reprises de Philippe de Lévis ; les suivantes sont éclairées de grandes fenêtres flamboyantes. Les travées suivantes sont aveuglées par deux étages de salles internes, qui défigurent le vaisseau.

Le vaste chœur élevé en 1431 est inondé de lumière; il comprend une travée et un rond-point bordé de sept chapelles. Les clefs de voûtes de celles-ci nomment leurs anciens titulaires : Notre-Dame, S. Maurice, S. Pierre, S. Dominique, S. Gaudens, etc.

L'église a perdu ses anciens vitraux, notamment celui qui représentait Guillaume du Puy off"rant sa cathédrale à S. Maurice. Elle reste un des édifices les plus remarquables des provinces pyrénéennes. Elle est dominée par la flèche aiguë du clocher de Philippe de Lévis. La souche octogonale à deux étages de la tour se dresse sur un soubassement carré, soutenu par des piliers butants et flanqué d'élégantes pyramides. Une flèche à huit pans aux arêtes fleuronnées porte la croix terminale à 60 mètres de hauteur. L'escalier à vis est contenu dans des tourelles adjacentes, mais isolées d'où l'on accède à la tour par une passerelle.

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