‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 97 sur 303 · VioIIet-leDuc, Dictionnaire tParchU., vol. III, p · texte numérisé non relu

VioIIet-leDuc, Dictionnaire tParchU., vol. III, p

2. J. C, Livret-giiide de. l'excursion en Normandie, faite par la Gilde de Saint- Thomas et Saint- Luc en iSçs-

3. feu l'abbé Sauvage hésite à reconnaître dans l'O une rose de façade. Nul doute à cet égard ; les exemples de l'emploi de ce terme dans la même acception abondent dans les manuscrits du temps.

CATHÉDRALE DE ROUEN

Les façades latérales et le chœur appartiennent au style Normand du XII I siècle.

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Les deux portes latérales et leurs arcatures sont seules du XIII' siècle; le reste a été exécuté de 1507 à 1530 par Jacques et Roland Leroux. Au tympan de la

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porte de gauche sont trois scùnes de la vie de saint Jean- Baptiste : Salomé devant

Hérode ; Salomé recevant la tête de Jean ; la décollation. Au-dessus figurait probablement la Résurrection. Au tympan de la baie de droite, le Christ glorieux et le

CATHEDRALl'. Dl-: ROUEN

martyre de saint Etienne. Les deux portes gardent des vantaux du XI II' siècle ('). Les transepts, élevés de 1200 à 1230, sont d'une construction hardie ; ils devaient être flanqués de clochers élancés ; ils offrent chacun une rose, des portails à i^âbles et statues. La lanterne de la croisée porte sur des piliers composant chacun un faisceau de 30 colonnettes.

Parmi les nombreuses sculptures qui décorent le portail de la Caleiuie on voit figurée l'histoire de Joseph, qui a donné lieu à la fameuse légende de l'usurier du Port Moront. Le portail des Libraires, ainsi nommé de la petite case qui le précède, et sur laquelle donnaient la boutique du libraire et la bibliothèque canoniale au Nord, fait voir combien les Rouennais ont excellé à découper la pit^rre. « Des nuées d'anges mouvementent ses voussures, ses murs pleurent leurs statues tombées sous le marteau de la Terreur (-) ».

Le Jugement dernier de son tympan a beaucoup souffert. La décoration du portail se complète en retour d'équerre sur les bâtiments latéraux des XIIL et XV' siècles. Viollet-le-Duc signale les deux portails comme des chefs d'œuvre de premier ordre.

La fière aiguille de la tour centrale, montée sur une lanterne à trois étages, refaite en bois en i 545 par Robert Becquet, disparut, on le sait, en quelques heures, à la suite du coup de foudre de 1822 (^). L'architecte Alavoine l'a remplacée en 1S76 par la flèche de fonte qui, à défaut de la pureté de style, a le mérite de s'élancer à une hauteur de 151 mètres. Elle est une œuvre d'ingénieur plutôt que d'artiste, «une manière de tour Eiffel religieuse {*). >> Comme œuvre métallurgique, elle a été entreprise quelques années trop tôt, car aujourd'hui on serait amené par le progrès à 1 exécuter en acier, ce qui serait la perfection dans le genre. La noire silhouette de cette flèche en fonte fait toujours partie intégrante du panorama de Rouen, et, de son belvédère culminant, on jouit d'une des plus belles vues de France. Elle fut quelque temps le plus haut monument du monde ; à cette nouvelle les restaurateurs du -Dom de Cologne se hâtèrent de surélever leur double pyramide, encore inachevée, pour retrouver le premier rang, détrôner du même coup Rouen et Anvers : ce devrait être maintenant la tour de Malines ; à quand l'achèvement du clocher de Saint- Rombaut?

Il y a beau contraste entre l'extérieur et l'intérieur de l'édifice. « Ces grandes cathédrales, observe F. de Fourcaud, d'extérieur fourmillant, semblent, dès qu'on

1. M. de Beaurepaire a fait l'historique du grand portail. En 1502 on s'aperçut que l'ancien portail avait perdu son aplomb. Le cardinal d'Amboise envoya à Rouen ISTicolas Biart et Guillaume Senault, architectes de son château, pour aviser. Divers plans furent proposés par les architectes de Gaillon et de Rouen ; ceux-ci étaient Jean le Boucher et Pierre Le Gallois. Un projet somptueux fut adopté grâces à la manificence du Cardinal ; il était de Jean Leroux, et fut exécuté par son neveu Rouland Leroux. Les chanoines étudient miàremenl les sujets iconographiques à représenter. On choisit l'arbre de Jessé, qui rappelle la première page de l'Évangile et rattache l'ancien Testament au nouveau. On le plaça au tympan et l'on rangea aux voussures les anges, les Sibylles et les patriarches; sur le devant, les saints archevêques de Rouen, avec saint Romain à la place d'honneur. Marché fut passé pour l'exécution des sculptures avec Des Obeaux en 1512. Un menuisier, Nicolas CastiUe, fut chargé de faire les portes.

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