J. C, Livret guide, etc
met le pied sous leurs voûtes, simples et presque nues. Leur ampleur sévère est pleine de paix. Elles ne sont point faites pour les délibérations des assemblées
/"/f. 757. — INTÉRIEUR DE LA CATIfKDRALIC I)K ROUKN'.
mondaines, les passions s'y éteignent ; on y parle naturellement à voix basse ; on se sent dans un air saturé de prières et de générations...; le silence y règne dans la lumière tamisée des vitraux. > Cette impression de contraste est vive à Notre-Dame de Rouen, trop vive même, d'autant plus que le décor pictural intérieur ne fait pas équilibre au décor sculptural de l'extérieur.
CATHÉDRALE DE ROUEN
Ce qu'il faut admirer surtout, c'est la noblesse du plan, dû, sans doute, à Enguerrand : onze travées à la nef, trois à chaque croisillon, six au chœur, y compris le rond-point, ce vaste collatéral pourtournant l'édifice entier, comme à Paris ; deux grandes chapelles flanquaient le transept comme à Sens ; deux grandes chapelles latérales à l'abside et une, terminale, très profonde, au chevet.
Vue de l'intérieur, la lanterne, hardie entre toutes, pose sur quatre piles énormes, et légères à l'œil, tant les 31 colonnettes qui en découpent les faces s'effilent avec légèreté.
Deux étages de galeries régnent sous une voûte dont la clef plane à 30 mètres. Le chœur et le transept sont de beaux vaisseaux élancés et percés à jour, type du
gothique tertiaire ; il en est de même des nefs, qui offrent toutefois de curieuses particularités, notamment les fausses tribunes surmontant les arcades de la grande nef (disposition imitée à Eu et à Meaux), et le triforium abrité sous des décharges bandées d'une pile à l'autre. Le vaisseau lui-même regagne, par la richesse et le pittoresque de ses détails, ce qui manque aux qualités de son ensemble. Il n'offre qu'une simple nef très allongée et un transept flanqué de deux absidioles. Le chœur est entouré d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent trois chapelles. Partout, d'ail-
Fig. IjS. — CLOITRE DE LA CATHÉDRALE DE ROUEN.
CATllÉURALKS GOTHIQUES
leurs, s'accusent l'extrême acuité des arcs, chère à la Normandie, l'abondance des formes grêles, la richesse de l'ajouremenl et l'élancement quand même. En approchant du W'I"-" siècle, tout tourne au raffinement, à l'encontre de la robustesse qu'affirment, en un piquant constraste, les parties de la construction primitive.
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Le cloître gothique est d'une grande beauté, avec ses voûtes nervées puissantes, dont les longues nervures retombent en faisceaux si bien soudés, sur des groupes de fines colonnettes. On y voit sous un arcosolium romain le tombeau gothique de l'évéque Maurice.