CELLE DE SAINT-POL-DE-LÉON
L'ombre descend
AMIENS Un jour de sang s'ajoute à d'autres jours de sang.
BOURGES
Et ces voix qu'on entend derrière les nuées, Ces monstrueuses voix qui hurlent à la mort. ..
ARLES Depuis des mois,
AMIENS Le jour,
SAINT-POL-DE-LÉON La nuit,
NOTRE-DAME DE PARIS
De l'Est au Nord,
AMIENS Paraissent cette fois se taire, exténuées...
BOURGES
Et le Soir par la main nous amène la Nuit...
ARLES
Et c'est l'heure, c'est l'heure où nous, les Cathédrales, Près des nuages, dans ce ciel d'où le jour fuit, Dans la pluie et le vent, la neige et les rafales, Au-dessus des cités et des champs envahis, Nous nous parlons, gardant l'espoir que rien ne lasse, Cathédrales de France, ô mes sœurs, à voix basse, L'une à l'autre d'un bout à l'autre du pays.
AMIENS
Et comme la veillée assemble les aïeules
Devant l'âtre en hiver pour qu'elles soient moins seules,
Nous qui toutes en France avons des fils au front,
Le danger nous rapproche. Et assises en rond,
Autour de toi, Basilique de Notre-Dame,
Nous étendons nos vieilles mains aux doigts raidis,
Ainsi que vers le feu de l'âtre, vers la flamme
Qu'est ton génie, 6 Ville immortelle, Paris.
NOTRE-DAME DE PARIS
Unissons-nous, mes sœurs. Arles, toi, de Provence ; Toi, Saint-Pol-de-Léon, du côté de la mer; — Et réservant leur place à celles dont l'absence Vers l'Est est un regret chaque jour plus amer Par l'exil où les tient l'ennemi hors de France, — Melons nos cœurs, Amiens qui du Nord nous souris ;
Bourges, abeille active au Centre du pays;
Nous, aïeules parmi les aïeules de France...
Toutes unissons-nous,pour qu'en ces joursobscurs,
Écoutant dans la ruche en travail de nos murs
L'essaim mystérieux des prières bruire,
Le pays soit content de nous et puisse dire :
« A cette heure où devant l'étranger menaçant
De l'humble au grand, chacun paye l'impôt du sang,
Elles font leur devoir aussi, mes cathédrales.
Ces vieilles! millénaires, immémoriales,
Voyez-les. Elles ont, sous leurs grands manteaux gris,
Usé leurs durs genoux à prier sur les dalles
Des places de marchés où s'ouvrent leurs parvis.
Elles sont sans couleur, ayant sur leurs visages
La poussière des temps et la cendre des âges.
A tant prier, depuis des siècles, sans repos,
Leur toit lourd d'oraisons s'est courbé comme un dos
Que portent pesamment, béquilles aux aisselles,
Les contreforts puissants étendus autour d'elles.
Et, terrible, la guerre aggrave leurs fardeaux :
Chacune se sentant affreusement meurtrie
Dans ses enfants partis au péril de la vie,
Par tout l'élan de ses piliers vers Dieu tendus,
Par ses murs, par ses arcs, par la forêt fleurie
De ses clochers, par toute sa pierre qui prie,
S'élance vers le ciel en appels éperdus.
Et dans l'ombre égrenant d'invisibles rosaires,
Elles prient. Leurs yeux clos sur le monde voient Dieu,
Eu vérité tout prie en ces âmes de feu :
L'ogive en sa ferveur, de la voûte aux verrières,
LES CATHKDRALES 13
Joint ses arceaux ainsi que des mains en prière. Vraiment je vous le dis, ces vieilles dans le chœur Ont une lampe ardente à la place du cœur.
BOURGES
Notre-Dame a raison. L'heure passe; Prions.
ARLES
A travers la nuit dans l'espace Prions de tout notre pouvoir.
AMIENS
Prions pour nos enfants partis au grand devoir.
BOURGES
Tel celui-ci, tenez — vers cet arbre qu'ébranche Chaque jour la guerre un peu plus, Et que je vois quand je me penche Au-dessus de ces champs labourés par l'obus.
ARLES
Pauvre enfant! il était celui que rien n'arrête. Il attendait comme une fête L'heure d'aller à l'ennemi.
SAINT-POL-DE-LÉON
Ces combats que le jour en se mourant achève L'ont brisé dans sa force : il s'est endormi
NOTRE-DAME DE PARIS Et il rêve.
ARLES
Qui sait? De sa maison posée au bord des bois.
BOURGES Qui fut prise, et perdue, et reprise vingt fois.
ARLES Et que les siens peut-être en ce moment délivrent.
AMIENS 0 villages de France! 0 furieux assauts!
NOTRE-DAME DE PARIS
Une maison! Au juste ce qu'il faut
Pour renfermer la cause et la raison de vivre.
ARLES Un peu d'amour....
SAINT-POL-DE-LÉON Un peu de joie....
AMIENS
Une maison!
Quelquefois sous un toit vingt pieds de terre à peine.
NOTRE-DAME DE PARIS Sa maison! Hier encor c'était là dans la plaine.. . Ce n'est plus aujourd'hui dans cette œuvre de haine Qu'un tison refroidi qui fume à l'horizon....
Parlons lui, mes sœurs; partageons sa peine.
AMIENS C'est un de mes enfants, de ceux si courageux, Ces fils qui dans la mort apportent tant de grâce, Que nous devrions être à genoux devant eux...
ARLES Comme devant le Saint-Sacrement quand il passe.
NOTRE-DAME DE PARIS Qu'il vienne à nous. Chacun livre le bon combat Pour que le pays vive ; Appuyons une oreille attentive Contre ce jeune cœur de la France qui bat.
Elle parle du côté de la terre, vers lui,
Toi dont les pères nous ont faites,
Aux jours où sous leurs mains, par le fer et le feu
Et le sang, le pays s'élevait peu à peu,
Écoute de nos faites
En ton rêve nos voix d'autrefois t'appeler. . .
De quelque nom que l'on te nomme,
Toi qui souffres étant un homme,
Loin des hommes entends les pierres te parler.
ARLES Et toi qui sais le sens de ces choses terribles, Puisque de tout ce sang tu n'es pas encore las, Seigneur, fais s'animer notre pierre impassible, Afin que nous puissions le serrer dans nos bras.
AMIENS, voyant paraître celui qu'elles ont appelé-
Je sens déjà la vie au fond de moi qui monte
En mes membres sculptés de pierre. Et je la dompte,
Et je ferme les yeux, et je ne bouge pas,
De peur que vers ce fils dont la guerre me sèvre
Mon cœur en le voyant me jaillisse des lèvres.
Et, dès lors, à ces figures jusque-là strictement immobilela possibilité des gestes sera tolérée.
LUI, ouvrant des yeux encore brouillés de rêve-
Il semble que mon corps transformé tout à coup,
Ayant brisé ce qui l'attachait à la terre,
En ce ciel solitaire
Plane au-dessus du monde et de tout...
Au-dessus de la guerre immense,
L'immense paix... Et ce murmure du silence...
Il entrevoit autour de lui les muettes figures.
Mais non, non, ce ciel n'est pas vide.
Il est Étrangement hanté... de quels muets Et singuliers visages...
Sans couleur, sans voix et sans âge?
Parlez. Voyons, qui êtes-vous? Parlez.
à celle de Bourges.
Toi, parle, parle... Allons. Crois-tu donc m'effrayer,
Pâle figure?
J'ai vu l'effroyable blessure
Qu'a faite à mon pays l'Allemand égorgeur.
Crois-moi, celui qui peut traverser ces horreurs
Sans que la moelle au cœur de ses os ne se fige,
Ne connaîtra plus le vertige
De marcher dans le ciel comme moi, ni la peu"
AMIENS
Bien, fils; et voilà comme
Nous te voulons. Tu es un homme.
LUI, les dévisageant lentement.
Mais je vous reconnais... Vos traits
Je les ai déjà vus dans mes livres... Ta es,
Toi qui me parles,
Celle où j'allais, enfant, avec les miens,
La Cathédrale d'Amiens...
Celle de Bourges, toi... Toi, celle... d'Arles.
Toi, qui ne te connaît? Paris .
AMIENS
Tu dis bien.
Avant ces jours, mes fils, ces artisans que j'aime, Filateurs, tisserands, toiliers, Étaient à leur travail en face des métiers. Quand tout à coup, comme si tout, les choses même Comprenaient le péril, Au bruit du canon dont tout tremble, La navette lancée a butté dans les fils Et les métiers se sont arrêtés tous ensemble... C'est qu'il passait dans l'air le chant des vieux Picards ! Ceux qui, de leurs poitrines Dressant au pays un rempart, Faisaient sur l'étranger cracher les couleuvrines. Ce chant, écoutez-le.
De la plaine, en-dessus d^s nuages, on entend monter la vieille chanson de* routiers Picards (XV« siècle).
« Réveillez-vous, Picquards, Picquards et Bourguignons,
Et trouvez la manière
D'avoir de bons basions.
Car veccy le printemps et aussi la saison
Pour aller à la guerre
Donner des horions. »
Le chant se perd au loin sur la route des temps.
NOTRE-DAME DE PARIS
Ce qu'ont fait tes Picards, Amiens, nos fils l'ont fait à la même heure. Car Dès le premier jour ce qu'on pouvait entendre, Dans ce Nord où la lutte encore se poursuit, C'était comme un long cri de douleur. Vers les Flandres Un grand lion blessé rugissait dans la nuit.
C'était un bruit de pas de bataillons sans nombre.
BOURGES Et ce qu'on pouvait voir,
Faisant notre ciel clair à chaque heure plus sombre, C'était l'ombre sur nous comme d'un oiseau noir Qui peu à peu rongeait un peu de notre France.
NOTRE-DAME DE PARIS
L'aigle allemand sur nous jetait son ombre immense.
Il m'a dès les premiers jours
Outragée. A l'heure où la prière
Rassemble mon peuple au pied de mes tours,
La foudre qu'il tenait dans ses serres
Il l'a laissé tomber sur moi, sur moi Paris.
LUI Oui, mais depuis?
NOTRE-DAME DE PARIS
Je l'ai chassé !... Depuis, Dans la nuit que la pluie et que le vent ilagellent, On entend battre au loin ses formidables ailes.
AMIENS
Maintenant sur le front
Il s'en prend lâchement aux villes sans défei
LUI Patience !
Nous avons des oiseaux qui nous en défendront.
BOURGES Ah! ces jours sans repos de septembre, sans trêves!
ARLES Nous les voyons la nuit repasser dans nos rêves.
AMIENS
Avec les tiens perdus, dispersés au hasard,
Et ta maison fauchée,
Ces jours tu en as eu glorieusement ta part.
NOTRE-DAME DE PARIS Mais quand tu te battais, c'était dans la tranchée Tu n'as pas vu le fond de cette horreur. Aussi
Ces jours de crime auxquels l'Avenir et l'Histoire,
S'ils ne leur sont prouvés, refuseront de croire,
Nous voulons à tes yeux, les révéler ici.
Et tout d'abord, aûn qu'il ne reste aucun doute
Je veux évoquer un témoin,
Qui a vu les fauteurs du crime, non de loin.
Mais à ses pieds et de ses yeux. Écoute.
CHŒUR, du côté de l'Est. (Vieille chanson d'Alsace/
0 Strasbourg! 0 Strasbourg!
0 ville merveilleuse!} Dans tes champs il repose Tant de braves soldats.
0 Strasbourg/ 0 Strasbourg ! Tant de soldats si beaux Tant de braves soldats Oui ne reviendront pas.
0 Strasbourg! 0 Strasbourg...
Les voix s'éloignent dans la nuit et voici qu'au dessons des nuées s'entend le bourdon d'une Cathédrale vers l'Est.
NOTRE-DAMS DE PARIS Mes sœurs, vous connaissez comme moi cette voix,
ARLES Certes, je me souviens de l'avoir entendue.
BOURGES Autrefois.
SAINT-POL-DE-LÉON Autrefois.
AMIENS Autrefois.
NOTRE-DAME DE PARIS
Autrefois.
BOURGES Nous ne l'avons jamais oubliée.
AMIENS
Éperdue,
Elle a crié vers nous, oh! des ans et des ans!
Et nous n'avons rien pu, rien pu. Mais à présent...
LUI
Cette voix qui nous vient de colline en colline, De village en village, au-dessus des ruines... — Ne me la nommez pas, ce serait outrageant, — Sans l'avoir entendue entre nous jeunes gens, Sentant mon cœur de lils bondir dans ma poitrine, Je sais qu'il s'agit d'Elle, aïeules. Je devine. C'est Strasbourg!
La Cathédrale exilée apparaît sur le fond du ciel, avi iz tours
et sa flèche immense, et la Figure qui la symfc pieds.
NOTRE-DAME DE PARIS
Échappée aux serres des vautours,
C'est Strasbourg!
Et l'Alsace!
STRASBOURG
Oui, l'Alsace et Strasbourg!
Puisqu'on se bat ici, j'ai ma place, je pense. Il y a quarante ans que j'attends, c'est mon tour. Une encore, une des Cathédrales de France, Strasbourg!
Strasbourg !
Strasbourg!
Strasbourg!
STRASBOURG
Toujours, toujours lointaine et toujours attendue,
France, la grande voix qui grondait dans mes tours,
Pour la dernière fois à travers l'étendue
Il y a quarante ans que tu l'as entendue.
Quarante ans qu'on m'outrage, ô mes sœurs, quarante ans
Que j*écoute à mes pieds se briser la colère
Du vieux Rhin furieux de ses bords allemands,
Lui qui « sur un couplet qu'on s'en allait chantant,
Avait tenu dans notre verre. »
NOTRE-DAME DE PARIS Ecoute bien cela, mon fils, et souviens t'en.
STRASBOURG Enfin! Enfin! Voilà plus de quarante années Que je portais ma croix douloureuse. Enchaînées, Metz et moi, — Pour sa part Metz a porté deux croix,
Caria croix de Lorraine a deux branches — parfois Comme vous nous mêlions dans l'espace nos voix. Nous nous disions : « Parmi leurs querelles confuses Oublient-ils? Est-ce que nos beaux rêves s'abusent? Depuis quarante ans attendus, Quand viendront-ils? Vont-ils venir? Ils sont venus !
LUI
Et puisqu'ils sont venus tes fils, qu'ils sont là, Mère,
Jusqu'à ce que l'on ait muselé cette guerre,
Jusqu'à leur devoir fait, jusqu'au but,
Jusqu'à l'œuvre accomplie
De Metz et de toi qu'on délie,
Mère, ceux qui sont là ne repartiront plus.
Ici par nous, par vous là-bas dans la tranchée,
Dans toute la patrie, est-ce juré?
LES CATHÉDRALES C'est juré!
DES VOIX dans les tranchées.
C'est juré!
DES VOIX lointaines an fond du pays.
C'est juré!
STRASBOURG
Mot sacré !
Metz ma sœur, entends-tu ?
Suivant .au-dessous des nuages une lutte invisible.
Dans cette nuit cachée Desserre un peu ta chaîne et regarde... Penchée Sur nos lignes à nous, suis nos hommes, suis-les.
Tu les vois? Ils nous ont juré qu'ils nous viendraient. Et c'est bien simple, alors ils viennent. Ils sont prêts. Ils ont sauté d'un bond hors la tranchée. Ils tendent A passer la rivière... Ils ne pourront jamais. .. Gardez-vous. Gardez-vous. Les autres sont tout près. Dieu ! Dieu! Que cette plaine à découvert est grande..- Gardez-vous donc!... On les sauve en les prévenant. Les voilà maintenant
En avance sur tout le front... Ah! Dieu ! à gauche Ils ne peuvent pas voir le mouvement tournant Couchez-vous !... Seigneur! comme ça les fauche!... Ils vont. Ils vont quand même.. Ils viennent! Je les vois La colline est haute... Ils l'atteignent. . .
LES CATHÉDRALES Metz ! Strasbourg !
Strasbourg! Metz!
STRASBOURG
Metz, c'est fait cette fois!
Tends-leur les bras. Déjà nos mains s'étreignent Par-dessus l'épaule des bois.
NOTRE-DAME DE PARIS
Strasbourg et Metz, sœurs d'infortune, Vous reviendrez.
STRASBOURG Mais parmi vous, mes autres sœurs, Qui faites dans la nuit la prière commune, Il en est une chère à mon cœur, Et que je ne vois pas. Une
Dont j'ai su qu'ils l'avaient blessée à en mourir. C'est Reims.
LUI Reims dont jadis, la croyant déjà sienne, Devant Rémy, évêque, Attila dut s'enfuir.
BOURGES Tu vas voir Reims, et d'autres églises chrétiennes
AMIENS
Et que ceux qui verront avec toi se souviennent.
NOTRE-DAME DE PARIS Car il convient vraiment que ces crimes conçus Contre toutes les lois divines et humaines Soient sus.
ARLES
Couronne et perle du royaume, Où par le Saint-Chrême et le Baume Ton évêque sacrait les rois, Par l'incendie et le massacre Aujourd'hui c'est toi que Ton sacre, 0 Ville que Ton met en croix.
LES CATHÉDRALES Reims!
STRASBOURG
Et voici comment cette chose se passe : Les habitants se sont terrés sous leurs maisons. Ceux qui croient, n'attendant ni pitié ni grâ
Que du Ciel, résignés disent leurs oraisons.
Les lourds canons de loin tirent sans intervalles.
Et quelqu'un est debout. Seule. La Cathédrale!...
Sur l'immense bûcher dont la flamme se tord,
— Le bûcher que peut être une ville et ses morts —
La flamme entre ses pieds fait éclater les dalles...
Elle prie, et son cou porte un carcan de feu.
Attachée au poteau des montantes fumées,
Elle prie, elle prie, et s'en remet à Dieu.
Et, tandis que là-bas se heurtent les armées
Tend ses bras que mutile un ouragan de fer.
Et dressant malgré tout sa croix dans cet enfer,
Geignant de sa charpente où passent les rafales,
De sa cloche fêlée où s'écrasent les balles,
Reims, Cathédrale, Reine entre les Cathédrales,
Cherchant le Ciel des yeux crevés de ses vitraux,
Est comme une martyre aux mains de ses bourreaux.
REIMS se révèle sur l'écran des nuées par les rouges reflets de l'incendie, ô Notre-Dame-des-Ardents. Et sa voix douloureuse chante.
Seigneur, Seigneur mon Dieu, Seigneur en qui je crois, Par le sang de mes fils — comme à vous chez Pilate — Ils m'auront fait porter le manteau d'écarlate. J'ai connu le roseau, les verges et la croix.
LE CHŒUR Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés...
REIMS Moi qui par vous, Seigneur, ai couronné les rois, J'ai senti sur mon front que la douleur incline Leur fureur enfoncer la couronne d'épines. J'ai vidé le calice et j'ai porté ma croix.
LE CHŒUR Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre.
REIMS La neuvième heure, ù Dieu, viens de sonner pour moi. Ils m'ont versé le fiel, Seigneur, et dans leur rage Ils m'ont craché le fer et la flamme au visage. Seigneur, soyez béni; je vais mourir en croix.