PRELUDE
Le prélude commence à rideau baissé.
Puis le rideau s'écarte et laisse entrevoir sous un ciel de crépuscule, une plaine de brumes et de brouillards, une plaine du Nord entre les tranchées. Solitaire, un arbre tord son tronc mutilé.
Sonneries lointaines de clairons. Quelques hommes revenant d'une reconnaissance paraissent, en armes. Us fouillent des yeux l'étendue, puis s'éloignent.
L'un reste. Et c'est L'UN d'EUX, un de cette jeunesse en qui se concentre tout l'espoir du pays. Et il ne peut détacher ses regards de cette plaine désolée où était son village, ni des ruines, qui sont ce qui reste de sa maison disparue. Le prélude exprime ces sentiments pathétiques.
Au-dessus de la plaine deux grandes voix, sourdement, rugissent sans discontinuer. Et ce sont les voix du canon.
Le jeune soldat s'est arrêté ; l'âme forte, mais le corps brisé il s'est affaissé, épuisé, contre les débris d'un affût. Peu à peu, il ferme les yeux, et s'endort.
Et il rêve
Le prélude poursuit son large développement ininterrompu.
La nuit s'est faite. L'ombre, qui a envahi toute la scène, lentement, se dissipe et laisse entrevoir le ciel, l'immense ciel. Et dans ce ciel, émergeant de l'océan des nuages, des cimes de Cathédrales apparaissent, portant d'immobiles figures de pierre.
Les voix de ces figures, quand elles parleront, seront les voix de ces Cathédrales.
Au-dessous des nuages, dans les tranchées, peu à peu entre les hommes le canon se taira.
Et l'une des figures parlera :
NOTRE-DAME DE PARIS La nuit...