‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme. Du nationalisme. Les femmes et la politique. Antisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps (volume 2)Chapitre 83 sur 121 · FRENCH CATHOLICS AND THE DREYFUS CASE · texte numérisé non relu

FRENCH CATHOLICS AND THE DREYFUS CASE

A notable addition to the extensive literature of l'Affaire Dreyfm appeared a few weeks ago in Paris in French Catholics and their Présent Difficulties , a book of 442 solid pages of serions and rational criticism, by Mr. Léon Chaîne, an advocate of Lyoïis. Profoundly dissatisfied with the rôle assumed by the leading dignitaries of the Church, the author, a devoted Catholic, adressed a courageous and well reasoned letter of protest on the eve of the last French Parliamentaiy élections to one of the archbishops upon the intolérance and the blindness shown by leading members of the Catholic Church in the fierce party strife excited by the question of the guilt or innocence of the unfortunate Cap tain Dreyfus. The prelate had himself appealed to the electors in a thoughtful and broad-minded spirit upon the political situation. He called upon the electors to consider the misfortunes French Catholics were suffering under as inévitable punishments for their own faults. Great historical laws proved with implacable logic that events apparently unconnected followed each other with the same certainty that effect foUows cause. If the Catholics in France were suffering heavily was it not because they had been guilty of heavy faults ? Applying this doctrine to the Dreyfus horror under which France was suffering, M. Chaîne

asks the Archbishop to consider whether the infliction was not the inévitable expiation of the pusillanimity and this intolérant attitude adopted by the immense majority of French Catholics towards the cry for justice of an unfortunate Jewish officer. The letter was treated with contemptuous silence by the prelate acldressed, with the bitterest language by many other ecclesiastical dignitaries and their organs in the Press, and by only a very few replied to in sympathetic terms. Stung by contempt and indifférence on the one side, and by the bitter invective of more violent co-religionists, the advocate détermines to unburden his soûl, and the outcome is the book under notice, which has excited much attention in ail circles in France and warm encomiunis from libéral thinkers. Leading articles hâve appeared on the subject in Le Rappel, Le Matin, Le Siècle, Le Radical, and other influential papers, and the book, which has already reached its seventh édition, has evoked, and is evoking, curses and malédictions from anti-Semitic partisans and paeans of approval from the Dreyf usités. The work does not confine itself to the crusade against the Jewish members of the community, but briiigs under calm and philosophie review militarism, the practice of duelling, the relations of the secular clergy and the congrégations, of social Christianity and the Conservatives, and generally most of the difficulties which beset the Catholics of France, their teachers, and their leaders. One important section of the work deals with the policy of the Combes Ministry. The remarkable fact is elucidated in another section that of 50,000 secular priests, of whom 45,000 are « sons of the people », the majority though esteemed as parish priests, are mistrusted as political counsellors.

L'Evénement (Paris), 29 avril 1904.

L'ECOLE DE LYON

Lorsque je consacrai à l'admirable livre de M. Léon Chaine, les Catholiques français et leurs difficultés actuelles, une série d'articles, que j'eusse voulu plus complets encore, je me doutais

bien que cette œuvre remarquable n'avait pas achevé sa féconde carrière, et qu'elle était la manifestation initiale d'un mouvement peut-être gros d'avenir.

Ce mouvement, nous le voyons, en ce moment, naître, se dessiner, s'accenluer ; la lionne parole de vérité, de sincérité a été entendue ; autour du premier prophète, des disciples s€ groupent et du livre de M. Léon Chaine, et des idées qu'il a soulevées naît une véritable Ecole, dès maintenant connue sous le titre d'Ecole de Lyon. M. Aulard, le premier, l'a baptisée ainsi en un article de la Dépêche de Toidouse, et depuis, des études importantes dans le Siècle, le Lyoti RéjMblicain, etc., ont consacré la fortune de ce terme. Qu'est-ce donc que l'Ecole de Lyon ?

J'indiquerai d'abord les principales œuvres nées de la doctrine nouvelle : ce sont, avec le livre promoteur de M. Chaine, — la Déclaration des Droits de VHomme et la Doctrine catholique, de M. l'abbé J. Brugerette, les écrits des abbés Pichot, Sifflet, de M. Jorrand ,etc., et enfin le dernier paru : V Affaire Dreyfus et la Mentalité catholique en France, par M. l'abbé Henri de Saint- Poli.

M. Sentupéry, le curieux analyste de tous les phénomènes sociaux, distingue, dans tous les efforts de l'Ecole de Lyon, une triple tendance qu'il synthétise ainsi : « Fidélité à l'enseignement religieux de l'EglisCv — réaction contre tout cléricalisme — œuvre d'apaisemient et de réconciliation par le progrès et la liberté ! »

On voit de suite quelle est la ligne de conduite du groupe de libres-croyants qui n'ont pas craint d'affirmer leur foi tolérante et de placer l'intérêt supérieur de la Justice au-dessus des questions eonfessionnelles ou de parti. Ceux-là sont, bien que fermement religieux et orthodoxes, respectueux de la pensée et de la conviction d'autrui, ceux-là sont les adversaires déterminés de ces doctrines de haine que flétrissait Leroy-Beaulieu, ceux-là sont, en vérité, des catholiques anticléricaux puisque opposés à toute œuvre d'intolérance et de domination.

L'abbé de Saint-Poli caractérise bien cette tendance, lorsque rappelant les récentes crises, il dit avec Montalembert que la coalition du corps de garde et de la sacristie a toujours représenté une force caduque et lorsque attribuant au défaut de rai-

sonnemeiii F attitude de beaucoup de ses coreligionnaires pendant ces dernières années, il dit que l'Affaire fut « l'incident révélateur de cette anémie cérébrale qui suit toujours chez l'être qui pense l'atrophie du sens critique >'.

L'Ecole de Lyon nous semble infiniment respectable par le respect même qu'elle témoigne aux croyances d'autrui. Nous sommes heureux de sentir souffler, sur la mêlée surchauffée des partis, ce vent d'idées libérales et tolérantes. Avec des catholiques et des prêtres comme ceux de l'Ecole de Lyon, une entente déférente sera toujours possible sur le terrain du labeur commun en vue du mieux-être et de la liberté. C'est pourquoi nous applaudissons à leurs efforts vers la sincérité et la vérité.

José Bloch.

Cet article a été reproduit par le Paris du 30 avril, le Jour du r' mai, le National du V" mai, VEtendard du 3 mai.

José Bloch a dépassé la limite des hyperboles permises. Dans son ardeur à défendre les idées de justice, de vérité et de tolérance, il en arrive à exagérer par trop les compliments décernés à un livre qui a essayé de les servir. Mais de plus, le jeune et brillant écrivain qui envoie à VEvénement des chroniques si remarquées a commis ici, sans le vouloir, une véritable injustice qui nous oblige à protester.

Les publicistes qu'il cite comme ayant suivi un mouvement qu'aurait provoqué notre livre, nous ont, au contraire, pour la plupart devancé dans cette voie.

Les Hervé de Kérohant, les abbés Pichot, les Quincampoix et d'autres ont parlé dès la première heure ; Paul Viollet et ses amis, à Paris, avaient élevé déjà leurs fortes et si éloquentes protestations en faveur du droit violé et de la justice méconnue quand les dreyfusards catholiques de Lyon firent entendre leurs revendications.

A entendre José Bloch, le comité Paul Viollet pourrait se demander si c'est à Lyon qu'est le palais de llnstitut et si c'est sur notre Saône qu'est jeté le c( Pont des Arts ».

D'une façon générale, on nous excusera d'avoir reproduit, d'ici, de là, pour être complet, des éloges aussi outrés en remarquant que nous n'avons pas négligé de reproduire également des critiques où nous étions traité de « hibou », d'autres dans lesq^uelles il était dit que ce livre « ne valait pas deux sous », et où se trouvaient à notre adresse des aménités du même genre.

L'Extrême-Gauche (Lyon), 30 avril 1904.

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