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LES TROMPETTES DE JÉRICHO

Pour la sixième fois ce soir, o Jéricho,

Autour de tes remparts les trompettes sonnèrent,

A chaque fois plus fort, plus longtemps et plus haut I

Mais seuls à nos clairons qui soufflaient le tonnerre

Tes rires et tes chants répondaient en écho.

Tes portes sont en bronze et ta muraille est sûre, Tu règnes par le fer et domines par l'or Sur les peuples vaincus que ton orgueil pressure Et parmi tes soldats, tes fleurs et tes trésors Tu te repais de sang, de vins et de luxure.

Tu crains les dieux nouveaux et Tarche te fait peur :

Sur tes autels dorés c*est Baal que tu fôtes,

Et quand vers tes banquets monte notre clameur.

Tu bouches ton oreille à la voix des prophètes

Et ferme devant eux ta porte avec stupeur.

Or nous sommes venus sans cuirasse et sans glaive Mais vêtus de lin blanc et porteurs d'olivier Vers vous dont la cité dans le meurtre s'élève, Afin que désormais paisibles vous viviez Selon notre justice et selon notre rêve.

Ces fous, ricanent-ils, qu'on voit chaque matin. S'ils croient nous effrayer par leurs clairons, se trompent Qu'ils sonnent donc l'assaut et forcent les destins. Ou qu'ils fassent plutôt danser au son des trompes Et nous les recevrons pour orner nos festins.

Maudits I nous ne sonnons l'assaut ni les vendanges Ni ne mêlons vos chants avec vos tambourins. Nos clairons sont pareils à ceux des sept archanges : Un esprit si puissant vibre dans leur airain Que les morts réveillés se lèvent de leur fange 1

En vain tu restes sourde à leur sonorité :

Les mots qui sont inscrits sur les tables de l'arche

Sont le verbe éternel de la divinité !

Nul homme ne pourrait entraver notre marche.

Pas même tes enfants, 6 superbe cité !

La septième aube luit et les veilleurs nous raillent Mais rien n'ébranlera nos cœurs ni notre foi ; S'il le faut nous ferons le tour de tes murailles. Sans reposer nos corps, septante fois sept fois Jusqu'à ce que l'enceinte en poussière s'en aille !

0 Lévites, debout pour le septième tour ! Embouchez vos clairons, 6 sonneurs de l'idée I Peut-être est-il venu l'inéluctable jour Où nos souffles plus forts qu'un mur de cent coudées Gomme un sable poudreux balayeront les tours.

Peut-être, ô Jéricho, malgré tes fils hostiles Nos trompettes ce soir feront taire tes cris ; Tes chars et tes guerriers te seront inutiles. Les portes céderont ainsi qu'il est écrit Et Tarche d'alliance entrera dans la ville.

Que l'on nous permette de donner à la suite de ces articles deux pièces de ce yolume de vers, Tune les Jets d'eau^ que bien des critiques ont citée, Fautre, V Étang qu*a reproduite le Censeur du 5 janvier 1907.

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