‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 15 sur 134 · UNE RECTIFICATION · texte numérisé non relu

UNE RECTIFICATION

En rendant compte, il y a quelques mois, du curieux volume de M. Léon Chaine sur les Catholiques français et leurs difficultés actuelles (Paris, Storck, éditeur), nous avions, parmi les critiques et les éloges, adressé à Fauteur un reproche un peu vif au sujet d'une prétendue citation de Louis Veuillot que M. Léon Chaine avait glissée dans son livre, avec une note assez désagréable.

Très loyalement, M. Léon Chaine a non seulement reconnu son erreur, mais il a voulu immédiatement la

réparer. Sans attendre une prochaine édition de son ouvrage, il a fait ajouter aux exemplaires déjà composés, un placard portant la Rectification suivante :

Chap. VII : Rappelant cette boutade attribuée à Louis Veuillot (( Nous vous demandons la liberté au nom de vos principes nous vous la refusons au nom des nôtres », nous ajoutions : « Ce propos aurait été démenti ». G*est : a ^^ démenti que nous aurions dû dire. En effet, l'illustre écrivain a pris la peine de le démentir d'une façon catégorique, et les héritiers de son nom ont rappelé son démenti. Le fougueux polémiste, tout le monde le sait, n'était pas homme à renier un mot sorti de sa plume, une parole sortie de ses lèvres. Le propos en question est donc purement imaginaire et nous regrettons d^avoir prêté attention à cette légende, qui n'a d'ailleurs plus .cours dans les milieux tant soit peu informés.

Nous remercions très cordialement M. Léon Chaîne de cette rectification si nette et si généreuse ; il nous permettra en même temps de le féliciter d'avoir donné ce bel exemple hélas ! trop rare aujourd'hui, de sincérité absolue dans la polémique.

La Sentinelle (La Chaux-de-Fonds) [Suisse], 21 décembre 1904.

ANTIMILITARISME ET ANTINATIONALISME

Dans le numéro de décembre de la Bibliothèque univer^ selle^ que personne ne taxera de revue aux idées subversives, nous trouvons des passages antimilitaristes et antinationalistes à Tarticle « Variété » de L. Emery : Les Catholiques français et leurs difficultés actuelles^ d'après M. Léon Chaîne, un catholique convaincu, avoué à Lyon, dont le volume a vivement attiré l'attention delà presse.

Le militarisme, écrit-il, est la perversion du sentiment raisonnable que Ton doit éprouver pour Tarmée, comme le nationalisme est la caricature toute récente du véritable patriotisme... Nous sommes de ceux qui crient : guerre à la guerre I parce que ce cri si humain résume à lui seul les principes du Christianisme, parce qu'il n'est que le fidèle et légitime écho de la loi divine. Ceux qui récitent la belle prière que nous a enseigné le Christ : « Notre Père qui êtes au cieux », ne devraient-ils pas s'apercevoir enfin que la paternité de Dieu implique nécessairement la fraternité des hommes? Les chrétiens devraient donc avoir, plus que les autres, la violente horreur de la guerre, et de saintes colères contre le militarisme.

Au lieu d'associer et d'assimiler sans cesse le prêtre et le soldat (le sabre et le goupillon), de glorifier bêtement la guerre avec Joseph de Maistre, M. Chaine invite ses coreligionnaires à se souvenir et s'inspirer plutôt du beau mot de Fénélon : a Toute guerre est une guerre civile. »>

Proche parent du militarisme, le nationalisme ne vaut pas mieux. — Avec autant de raison que de courage, M. Chaine dénonce ce qu'il y a d'étroit, de puéril et d'antichrétien dans cette prétention de tant de ses coreligionnaires à revendiquer pour eux, en France, le monopole du patriotisme (et de quel patriotisme), une admiration et un enthousiasme aveugles et exclusifs pour tout ce qui est français, joints au dédain et au mépris de l'étranger. Certes, M. Chaine n'en veut pas de ce patriotisme-là; se souvenant que catholique signifie universel il veut, à bon droit, mettre la grande patrie, V humanité^ au-dessus de la petite, la France.

Voilà ce que nous lisons dans une revue conservatrice; c'est un signe des temps ; il prouve que partout on réfléchit et que l'Internationalisme fera son chemin, malgré tant de tralneurs de sabres et de patriotards en retard,..

Un ermite dans les neiges de la Jouœ-Perret .

Les Vosges Républicaines (Epinal), 24 décembre 1904.

Le démocrate chrétien du Sillon, M. Perney, Vintrépide Thaonnais^ continue à méprendre à partie, dans ces deux journaux républicains : la Croix et le Réveil Catholique des Vosges,

Dans la feuille du courtois abbé Robert, M. Joseph Perney me demande : 1*

2" Pourquoi je ne lui avais pas fourni la preuve d'une boutade de feu Veuillot.

Dans la Croix de Lorraine du bon M. CoUot, sous le pseudonyme Rodolphe^ le démocrate chrétien renouvelle ces deux questions.

J'ai rhonneur d'adresser à M. Joseph-Rodolphe les réponses suivantes : 1*

2' En ce qui concerne les paroles de Louis Veuillot, je ne puis mieux faire, que de reproduire l'entrefilet suivant paru dans le Réveil Catholique du 18 décembre 1904 :

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