AU LECTEUR
Lorsque, au mois de juillet 1904, c'est-à-dire dix-huit mois après la publication de notre livre : les Catholiques français et leurs Difficultés actuelles^ nous donnions une édition suivie de la reproduction des articles, comptes rendus, notices bibliographiques qu'il avait provoqués, nous écrivions : « Chaque livre laisse derrière lui pendant plus ou moins de temps un sillage plus ou moins léger ; il nous a paru intéressant de fixer par ce recueil la trace momentanée que le nôtre avait pu laisser de son passage sur le flot mobile et changeant de Topinion publique ».
Nous ne pensions pas alors que les pages que nous avions ainsi livrées au public éveilleraient encore de nouveaux échos. Mais les sujets, auxquels nous avions touché, sont restés d'une telle actualité et les événements qui se sont précipités ont été à un tel point la conséquence de ceux que nous avions eu à apprécier dans nos Catholiques français y qu'il a été de nouveau souvent question de notre œuvre dans des articles de journaux et de revues, dans maints chapitres de livres et de brochures.
La réunion des opinions si diverses qui forme la matière de cette ardente controverse constitue, croyonsnous, un document intéressant pour le présent et pour Tavenîr.
Tous ces commentaires, fournis par la presse française
et étrangère, complètent en quelque sorte Tœuvre modeste qui fut la nôtre, en Tèclairant de toutes les lumières que peut fournir une ample et libre discussion. Ils apportent de ce fait une abondante contribution à l'histoire des idées religieuses et politiques de notre époque. Certains pourront ainsi trouver profit à consulter, un jour ou Tautre, des pages dont le caractère documentaire et objectif éloigne très loin de notre pensée toute préoccupation personnelle.
Si nous avons cru devoir joindre, çà et là, nos propres commentaires à ceux que nous avons réunis dans ce tome 11^ de nos Catholiques français y c'est bien moins pour nous faire le juge des événements et des hommes de notre temps que pour attester la fidélité de nos sentiments aux opinions et aux causes dont nous tenons à rester Tun des plus humbles mais aussi Tun des plus dévoués défenseurs : Et ce sera Texcuse de notre témérité, si présomptueuse qu'une telle attitude pourrait encore paraître à quelques-uns.
Le Maiin (Anvers), 18 juillet 1904.