‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 20 sur 134 · RÉPLIQUE AU GENEVOIS · texte numérisé non relu

RÉPLIQUE AU GENEVOIS

Le Genevois ne veut pas rester sous le coup de notre première réponse et revient à la charge avec des alléga-

lions qu'il n'est pas possible de laisser passer. Il veut bien admettre, en commençant, qu'on peut soutenir que les preuves de l'innocence de Dreyfus puissent ne pas paraître évidentes à nos yeux

Maïs si le Genevois nous accorde cette gracieuse concession, c'est mû plutôt par un certain sentiment de pitié à la pensée que nous sommes obligés de courir à la remorque du carrosse pontifical, comme il dit et que nos doutes sont dictés par le devoir de l'obéissance à des directions venues de Rome

Or, nous disons qu'il n'est pas exact d'affirmer, comme vous le faites, qu'il y a eu unanimité dans le camp catholique sur la manière d'envisager l'affaire. Nous sommes même étonné de nous entendre dire cela. Il y a eu un assez grand nombre de catholiques qui ont cru à l'innocence de l'ex-capitaine. Nous en avons connu personnellement à foison qui en étaient partisans convaincus et qui n'admettaient pas même la discussion là-dessus. Un ecclésiastique a fait partie du Comité de la Ligue des Droits de l'Homme ;. un excellent citoyen catholique, M. Léon Chaine, de Lyon, a publié, dans le même sens, un volume que nous avons lu. Un prêtre, M. l'abbé Pichot, a publié, toujours dans le même esprit : La conscience chrétienne et C affaire Dreyfus, Il s'est formé, à Paris, un Comité catholique pour la Défense du droite ainsi qu'il s'est appelé, dans le but d'aider à l'œuvre de la revision. Faut-il, enfin, signaler au Genevois^ qui ne l'aura pas remarquée ou l'aura perdue de vue, l'intervention dans sa propre ville, et toujours dans le même sens, de deux catholiques en vue, lesquels ont publié une correspondance qui a fait sensation.

Et la presse. Dans quel camp était la presse catholique allemande et italienne ? Pourriez-vous nous citer un seul

journal catholique de notre Suisse allemande qui ait fait campagne contre Dreyfus? Et vous venez parler d'instructions, d'ordres venus du Vatican? Ils auraient donc rencontré peu d'écho et auraient été bien mal respectés !

La Bretagne Nouvelle (Paris), 15 janvier 1905.

. . . Dans La Bretagne nouvelle du 15 février 1904, j'ai écrit quelques impressions rapides sur le livre très consciencieux de M. Léon Chaine.

L'auteur est un catholique convaincu mais il veut dire au public que l'on peut être catholique et dreyfusard, que l'on peut assister à la messe et répudier le culte de Saint Antoine de Padoue. Son livre les Catholiques français a eu un très grand retentissement et toute la presse s'en est occupée. M. Chaine nous donne aujourd'hui une seconde édition des Catholiques français contenant à la suite les articles que les journaux et revues de toute opinion ont consacrés à son livre.

Et rien n'est plus intéressant que la lecture de ces appréciations si diverses.

C'est un véritable monument historique de la question religieuse au début du xx* siècle qui vient d'élever M. Léon Chaine. C'est un précieux document qui résume et précise la situation de l'Eglise romaine, une discussion librement ouverte, une conférence contradictoire et courtoise qui ne manque ni de saveur ni d'intérêt.

J'en recommande la lecture à tous ceux qui se passionnent pour cette question brûlante.

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