A PROPOS DE LA SÉPARATION DES ÉGLISES ET DE L'ÉTAT
M. Paul Sabatier vient de réunir en brochure les très intéressants articles qu'il a écrits sur ce sujet à la demande du journal le Times
Dans un dernier chapitre, le sympathique historien de Saint-François d'Assise, examinant les conséquences de
la dénonciation du Concordat, signale les indices d'une rénovation du catholicisme dans notre pays et lui, protestant, se réjouit noblement de les découvrir nombreux et réconfortants, a Ma joie, dit-il, étonnera peut-être ceux qui aavent que je ne suis pas membre de TEglise. Elle est pourtant réelle et profonde. La vie me réjouit partout où je la rencontre. On ne discute pas avec les cadavres ». Ces indices, c'est le merveilleux succès des ouvrages de Tabbé Loisy conquérant la liberté de l'exégèse; c'est le remarquable volume de M. Léon Chaîne, et les travaux des abbés Dabry, Lemire, Naudet qui mènent un semblable combat au point de vue politique; c'est le récent article de M. Edouard le Roy, un laïque, qui, sur le terrain délicat entre tous, celui du dogme, demande avec autant de simplicité que de fermeté, des explications à l'Eglise, sa mère ; c'est la création à Lyon d'une revue libérale Demain^ qui se propose de pourchasser de toutes ses forces à travers la foule, la misère intellectuelle et de «désolidariser le christianisme de tous les partis de réaction aussi bi'en de réaction intellectuelle que de réaction sociale et politique » ; c'est enfin la rencontre inopinée de jeunes catholiques avec les penseurs libres. M. Paul Sabatiér conclut avec M. l'abbé Klein qu'il y a des motifs d'espérer : « Le christianisme d'aujourd'hui avec ses pharisiens et ses saducéens, entrera dans l'histoire et sera remplacé par une civilisation nouvelle. Ceci ne tuera pas cela. Ceci sortira de cela »
La Vérité Française^ (Paris), 2 janvier 1905.