‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 78 sur 134 · VŒU CONTRE LE PROJET DE LOI D'AMNISTIE · texte numérisé non relu

VŒU CONTRE LE PROJET DE LOI D'AMNISTIE

Le 10 décembre f 899,

Le Comité catholique pour la Défense du Droite

Considérant que des crimes ont été constatés par le plus haute juridiction du pays et avoués en justice ;

Considérant que la poursuite des faits délictueux, connexes à l'affaire Dreyfus, peut aider à la réparation d'une erreur judiciaire ;

Considérant que, dans les circonstances actuelles, lamnislie avant la poursuite et la condamnation impliqnerait l'abdication des droits et des devoirs sociaux, et constituerait une violation indirecte de l'arlicle (3 de la Déclaration des Droits de l'Homme : « La loi doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse; »

Emet le vœu que les Chambres ne votent pas la loi d'amnistie proposée par le ministère, la possibilité de la grâce ou de l'amnistie après justice étant, bien entendu, réservée.

LETTRE AUX DÉLÉGUÉS POUR L'ÉLECTION D'UN SÉNATEUR DANS LA LOIRE-INFÉRIEURE

Paris, le 23 janvier 1900.

Monsieur lb Délégué, Le Comité catholique pour la Défense du Droit se serait certainement abstenu d'intervenir dans les débats auxquels donne lieu l'élection de la Loire-Inférieure, si la candidature de M. le général Mercier ne prenait, dans les circonstances actuelles, le caractère d'une violation du droit.

En effet, en sollicitant vos suffrages, M. le général Mercier paraH vouloir se faire absoudre indirectement.

M . le général Mercier est sous le coup des accusations les plus graves. Tel d'entre les actes qui lui sont reprochés a été constaté par la plus haute juridiction du pays et avoué par lui- même en plein Conseil de guerre à Rennes.

Il n'est vraiment pas possible, Monsieur le Délégué, que le département de la département de la Loire-Inférieure envoie ce candidat au Sénat.

Dieu veuille que vous écoutiez le conseil désintéressé d'hommes, qui ont suivi de près les événements; qui déplorent comme vous certaines attaques dirigées contre Tarmée ; qui réprouvent comme vous toute mesure antireligieuse; qui ont, dès le premier jour, protesté contre les nouveaux projets de loi visant les catholiques 1

Rappelez -vous que la question actuelle est tout à fait indépendante de Topinion qu'on peut avoir sur Taflaire Dreyfus. N'oubliez pas que le ministère qui a combattu avec le plus d'énergie la revision ; qui, pour l'empêcher, a fait modifier la législation du pays par une loi de circonstance, a dû, pour obéir à une inéluctable nécessité, demander l'autorisation de poursuivre M. le général Mercier et que l'affaire a été seulement ajournée.

Veuillez agréer. Monsieur le Délégué, l'expression de nos sentiments distingués.

La Gazette de France (Paris), 13 septembre 1906. NOTES DE CRITIQUE

Ce qu'on les a fait circuler, ces bons néo-républicains catholiques, qu'ils fussent simplement libéraux, ou démocrates, ou anarchistes chrétiens, — on est presque gêné d'en suivre, à travers les feuillets de l'abbé Barbier, le tableau lamentable et honteux. Mais le procédé fut toujours le même. Au fur et à mesure que les déclarations de la Droite républicaine se firent plus soumises à la Constitution, les gouvernants, qui voyaient bien qu'un c]iangement de législation entraînerait l'accession d'un nouveau personnel, se défendirent en redoublant les rigueurs de cette législation. J'ai souvent expliqué le rôle qu'a tenu

Taffaire Dreyfus, dans cette Défense du Vieux parti Républicain. Selon l'exacte et belle formule d'André Buffet, dans V Enquête sur la Monarchie, le Vieux parti Républicain, se sentant serré de trop près et menacé par Tamalgame du progressisme et du ralliement, a fait subir aux néophytes une sorte d'examen d'admission : il leur proposa ce une infamie » à commettre ensemble. Sur de vagues accusations de la juiverie, consentiraient-ils à lâcher l'état-major général de l'armée française? Eh ! bien, M. de Mun n'y put consentir. M. de Mun se donna même, de tout son cœur, à la défense de Tarmée, contre l'Internationale et les juifs.

Quelques catholiques, tels que M. Paul VioUet ou M. Léon Chaîne, de Lyon, estiment que l'on aurait pu sauter le pas. Ils déplorent comme une grave faute, comme un a grand refus » la tactique adoptée alors. Qu'ils se rassurent. Cet examen passé, on leur en eût infligé d'autres. Cette épreuve, subie à la satisfaction de leurs juges et bourreaux aurait été suivie d'une épreuve plus dure. Ne comprendront-ils donc jamais ?

Charles Maurras.

V Autorité du lendemain 14 septembre a reproduit l'article dont est donné cet extrait.

AihenpRum (Londres), 15 septembre 1906.

The book attracted some attention on its publication, as it set forth the difficulties of Libéral Catholics in

France who did not approve of the line taken by most of the French Catholics in the Dreyfus affair and other political controversies. It has a certain rétrospective interest, as it was produced after the passing of the Associations Law, while as yet disestablishment did not seem inévitable, although events were shaping to bring it about. The chief and unique feature of M. Chaine's new édition is an appendix of over 500 pages, containing the newspaper articles written both in France and in foreign countries upon his book, and any one wyo has the time to peruse them will find a good deal that is valuable in the public opinion thus expressed in the journals of Europe and America on the ecclesiastical question in France, when it was approaching a definite crisis.

L* Action (Paris), 20 septembre 1906.

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