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pril de dispulc vl de conlenlioii survit à la conformité des doctrines. Les liuniainos diver«jences d'idées et de seiiliiiieiils se font jour juscjiie dans rK;{lise qui a poussé le plus loin l'unilé, parmi les fidèles (pji acceptent le même Credo et se eourbenl sous la même aulorilé. Le terrain de la lutte a seul clianjjé. Aux anciennes contro- \ erses do«{inali(pu's, aux vieilles (pierelles tliéolo;[iques, qui ne louchaient qu'indirectement la politique et la société, ont succédé des divisions d'une tout autre importance pratique. C'est sur l'allilude de l'K'jlise vis-à-vis de la société moderne que se parlajjcnt désormais les catholiques ; et ce disscnlimcnl, il est malaisé à la ])apauté de le trancher, même à l'aide du jjlaive de Tinlaillibililé. Il y a là des questions trop délicates et tro|) complexes pour être résolues d'autorité. Les expériences laites sous Pie I\, les controverses et les équivoques suscitées par le Sijllabus ne sont |)as propres à y encourager le Saint-Siéye.
Encore une fois, il est tort invraisemblable qu'aucun j)aj)e aille en ce sens au delà de Pie IX. Ce ne serait 'toujours pas sous Léon Xlil que le Vatican irait sciemment froisser les gouvernements ou les peuples pour faire passer dans la sphère immuable du dogme ce qu'il y a de plus
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mobile en ce monde, les opinions politiques. Le Saint-Siège aurait beau s'étudier à préciser sur cette délicate matière l'enseignement de l'Eglise, les encycliques de Léon XlIIet de ses successeurs ne sauraient être accueillies avec plus de respect que celles de Grégoire XVI et de Pie IX; mais, comme ces dernières, elles échapperaient malaisément à la divergence des interprétations, d'autant que la politique du Vatican pourrait trouver son profit à ces divergences mêmes. Si, comme il en manifeste l'intention, Léon XIII intervient du haut de la chaire de Pierre entre les polémiques des catholiques, c'est moins, croyons-nous, pour fixer la doctrine , pour condanmer les uns au bénéfice des autres, que pour calmer les querelles intestines des enfants de l'Eglise et les inviter à la paix.
Certains écrivains semblent croire que. pour s'accommoder aux libertés modernes , l'Eglise serait obligée de se réconcilier formellement avec elles, en effaçant des encycliques pontificales les anathèmes du Sijllahus, ce que lui interdit l'infiùUibilité papale'.
C'est là, nous ne craignons pas de l'affirmer, une erreur capitale. Pour vivre en paix, l'Eglise
' Cela semble, par exemple, l'opinion de AI.de Laveloyc. />a crise récente en Belgique et la question religieuse, 1885.
romaine et la société moderne n'ont nullement besoin de signer un traité de paix. Rien ne les oblige à conclure un contrat ou un compromis qui leur imposerait, en effet, à Tune et à l'autre, des concessions ou des transactions de principes que ni Tune ni l'autre ne saurait admettre. Xi les catholiques, avant tout soucieux des intérêts de l'Eglise, ni les simples libéraux, préoccupés surtout du bien de la société civile, ne se peuvent bercer d'un pareil songe. Les guerres spirituelles de ce genre finissent sans traité comme sans négociation, chacun gardant ses principes et ses prétentions. Alors même qu'on prendrait les déclarations du Stjllabiis dans le sens littéral le plus étroit, l'Eglise catholique peut vivre avec les libertés modernes sans que , selon la proposition condamnée par Pie IX, ses successeurs soient tenus de se réconcilier formellement avec le progrès , avec le libéralisme et la civilisation nouvelle, cum progressa,, cum liberalismo et cum recenti civilitate sese reconciliare et componerc. Aucun accord de ce genre n'est nécessaire; et, s'il est impossible, nous ne saurions pour notre part le regretter, car nous ne le croirions pas plus dans l'intérêt de la société civile que dans celui de la religion.
L'essentiel, nous sommes contraints de le ré-
péter, c'est la pratique, et, à cet égard, rien n'autorise à regarder l'infaillibilité pontificale comme un obstacle de plus entre l'Eglise et la société contemporaine. Peut-êtra même pourraiton, malgré leur apparence paradoxale, appliquer ici les idées d'un écrivain anglais ', et dire qu'en pareille matière l'infaillibilité papale donne à l'Eglise plus de liberté de mouvement en lui donnant un organe vivant immortel.
Pratiquement , après l'infaillibilité comme après le SyUahiis, les catholiques demeurent libres de suivre la politique qui leur agrée. Us sont libres de leur opinion, et cette liberté, Rome ne saurait tenter de la leur enlever.»
1 M. Mallock, Is life irorth lieing, p. 250-255.