PRÉFACE. XXIX
tile pour nos lecteurs qui devront se reporter par la pensée à l'époque de chacune des controverses agitées. Toute autre maniére de combattre nos adversaires n'eüt pas laissé la partie égale, ce qui est la première condition d'un combat régulier. Il est clair que si nous avions voulu profiter des faits accomplis postérieurement, et qui étaient encore enveloppés des nuages de l'avenir quand les auteurs que nous critiquons écrivaient, nous aurions couru le risque de jouer au propos discordant, et nous nous serions attribué un avantage déloyal, qui eüt rendu notre plaidoyer coupable d'un anachronisme en un sens trés-juste quoiqu'inusité. Il n'y aura donc que ceux qui auraient oublié cette. convention tacite, qui seront parfois tentés de s'étbnner en voyant figurer sur la scène du débat des noms qui ont disparu de la scéne du monde, et reparaître comme de simples conjectures, des averlissements que l'histoire a déjà traduits en réalités, ou des menaces qu'elle a reléguées sans retour dans le monde des chiméres.
Rendu à ce terme de nos travaux, il nous semble que le public chrétien sera édifié sur la cause que
XXX PRÉFACE
nous plaidons. Il aura sous les yeux le pour et le contre. ll connaîtra les documents et les raisons qu'on peut alléguer contre le christianisme libéral, et il n'ignorera aucun des avocats et aucun des tours de force par lesquelsla partie adverse a essayé d'échapper aux anathémes du bon sens et aux censures de l'Église. Notre étude du reste n'a pas manqué de guide. Ceux qui sont au courant de ces matiéres, ne nous liront pas longtemps sans s'apercevoir que nous reproduisons sous une autre forme, mais en marchant sur le méme fond, les 85 propositions que Mgr Gerbet asignalées à l'animadversion de son clergé danssa Lettre pastorale du 23 juillet 1860, sur diverses erreurs du temps présent, pastorale qui a été trop peu remarquée du publie frivole, comme au reste tout ce que cette plume séraphique a écrit sur la question romaine; mais il est convenu que les choses belles sont insipides si elles ne sont pas relevées de bruit et de couleur, et de la charge qui produit l'unet l'autre. À peine trouverait-on une seule de ces 85 propositions, mal notées et qui devraient étre aujourd'hui mal famées, à laquelle nous n'ayons pas souscrit spontanément, et encore n'avons-nous pris cette précaution qu'afin d'éviter une équivoque.
Quand Mgr l'évêque de Perpignan condamne cette maxime : « En cas d'abus graves et prolongés, l'insurrection est un droit et méme un devoir, » il est évident que l'illustre théologien a entendu