‹ Les catholiques libérauxChapitre 9 sur 34 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

de cette tiédeur au Correspondant dont la jubilation avait éclaté dans plusieurs livraisons, ni au beau lalent d'éerivain de M. le prince de Broglie, qui ne sétait pas contenté d'exprimer son admiration dans sa revue habituelle, et dont le Journal des Débats, avait, par un privilége rare, accueilli les réponses aux articles d'un de ses rédacteurs le plus intrépidement logiques, M. Young. Nous avons donc pensé que nous ne pourrions mieux saisir sur le fait les doctrines catholico-libérales que dans le volume de Mgr l'évéque de Mayence, et c'est à lui que nous avons consacré une réfutation qui ne compromet aucun devoir, puisque dans l'espéce, la qualité d'écrivain est parfaitement séparable du titre hiérarchique.

Par une innovation à la pratiquegénéralement suivie, nous avons introduit dans notre texte les documents pontificaux, malgré leur longueur,et de plus nous les avons donnés en latin sans les traduire. Il nous semble que cette maniére d'agir peut se justifier. Il n'est point de lecteur un peu consciencieux qui n'avoue que les piéces justificatives rejetées à la fin du volume ne se lisent guére, et surtout qu'elles ne se lisent jamais à la place qu'elles occupent dans le fil de l'argumentation. Or c'était là pour nous un grave préjudice, car nous argumentons très-peu, nous nous contentons le plus souvent d'opposer aux assertions de l'auteur des propositions contradictoires prises dans les lettres apostoliques. Reléguées au loin, au lieu d'être mises

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en regard, elles conservaient sans doute leur force, mais elles perdaient tout l'à-propos de l'antithése, d'où nous espérions faire jaillr la lumière de l'évidence. Enfin nous n'avons pas traduit, parce que nous voulions donner une preuve que nous nous adressons à des lecteurs sérieux, instruits et pas à d'autres. Nous avons à découvrir des vérités peu goütées de nos jours, et que le temps a voilées sous une couche épaisse de poussiére. En allant les chercher et les épousseter dans les archives de l'Église, notre intention n'est pas de les exposer aux regards de la légéreté qui vise au sarcasme, de la pétulance follieulaire qui ne doute de rien, et de l'orgueil bourgeois qui est convaincu de sa supériorité sur tous les siécles passés. Nous avons voulu écrire pour le théologien et le canoniste, accoutumés à lire des livres où la langue vulgaire ne figure souvent pas, afin qu'ils sachent bien à quoi s'en tenir sur les principes qu'on voudrait introduire dans le dépôt des traditions dont ils ont la garde, sous l'autorité de l'Église.

Le choix décidé en faveur de Mgr de Ketteler, il fallait trouver un écrivain ecclésiastique , admirateur des principes libéraux. L'illustre dominicain dont la chaire n'oubliera jamais la voix, se présentait en premiére ligne. Mais il était difficile de trouver sa pensée sur ces questions, développée en un systéme complet. Le libéralisme est bien infus dans tout ce qu'il a dit et écrit; cependant nulle part il n'en a rédigé le traité

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