‹ Les Causalgies Post-Traumatiques de Weir-Mitchell et Leur DevenirChapitre 39 sur 69 · EI · texte numérisé non relu

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détails. Les douleurs ne disparaissent pas complètement et la main est toujours froide. La cicatrisation se produit et aboutit à une ankylose du poignet et des doigts. La réforme est prononcée.

Depuis cette époque, le malade ne cesse de souffrir. Des accalmies plus ou moins lomgues se produisent, puis des recrudescences terribles. Dans ces derniers temps, les crises paroxystiques durent de quelques jours à quinze à vingt jours, suivies d’accalmies relatives de deux à irois semaines, au Cours desquelles le travail est possible.

Ce sont des douleurs atroces, empêchant tout repos, tout sommeil, faisant, Crier le malade au point d’être entendu dans toute la maison qu’il habite. Elles sont un peu calmées par la morphine, mais le malade n'est pas devenu morphinomane. Ce sont des sensations de tiraillement, de broiement, de rongement. Elles siègent au poignet principalement et se prolongent le long de lavant-bras et du coude, sans dépasser ja partie moyenne du bras.

Devant l'intensité de ces douleurs, on pratique en octobre 1925 une sympathectomie périhumérale, qui n’amène qu’une guérison passagère de six semaines. ‘

Devant l’intensité atroce de la crise qui survient peu de temps avant son entrée à l'Hôpital, intensité qui fait germer des idées de suicide, nous nous décidons à faire pratiquer, le 11 mai 1926, une radicotomie par notre collègue Robineau:

Opération (Docteur Robineau), laminectomie portant sur les vertèbres C5, C6, C7, C8, D1, D2, D3, car par erreur la première apophyse épineuse dorsale est prise pour la proéminente. Ouverture au fourreau. Assèchement. Racines repérées puis sectionnées de haut en bas (C6, C7, C8, Di, D£, D3). On reconnaît à ce moment l’erreur commise. Recherche dans la partie supérieure de la plaie de la racine C5 qui reste isolée, puis qui est chargée et coupée. Vérification: il ne zeste plus aucune radicule postérieure. On voit le ligamrent tendelé et plusieurs racines antérieures. Suture: dure-mère, muscles et peau.

Suites opératoires parfaites. Au point de vue de la plaie, les suites sort normales. Suture par première intention.

Egalement en ce qui concerne l’algie, disparition totale, absolue, des douleurs dès le réveil. Depuis ce moment, le malade ne souffre plus; il éprouve une sensation de lourdeur dans le membre supérieur en cause, mais pesanteur on douloureuse. Il note qu’il ne sent plus son bras. Il le perd dans son lit: il doit le regarder pour le saisir de la main gauche opposée. Il l’oublie complètement. Il à la sensation d’être manchot, et parfois inconsciemment il lui arrive de faire du bras opéré des mouvements globaux Dbrutaux, subits, qui létonirent.

La sensibilité objective fait complètement défaut. Tact, température, douleur, tout est aboli d’une manière superficielle et profonde jusqu’à la racine du bras en forme d’épaulette. La limite supérieure d’anesthésie se superpose pour toutes les sensibilités. C’est brusquement que la limite anesthésique se sépare de la zone de sensibilité normale. Il existe .évidemment aussi une pert2 totale des notions de position, de poids et du sens stéréognostique. La sensibilité osseuse est abolie.

L'’exarnen de la motricité ne montre, en ce qui corcerne les mouvements passifs, aucune anomalie, sauf les troubles dus à l’ankylose du poignet et des doigts. Les mouvements volontaires n’ont rien perdu de leur force dams les divers segments; mais il existe des troubles profonds de l’exécution motrice. Si on veut faire exécuter un mouvement précis, mettre le doigt sur le nez, saisir un doigt de l’autre main, porter un objet à ja bouche... l’incoordination des mouvements éclate; la maladresse est exirêéme.

Le doigt ou la main a ux départ brutal, souvent une erreur de direction: le but à atteindre est dépassé. Les rectifications des mouvements se font par une série d’actes moteurs maladroits, dysmétriques. Le malade rappelle à la fois le tabétique et le scléreux en plaques. Notons que tous ces phénomènes augmentent lorsque les yeux somt fermés. Il existe peu d’hypotonie.

Les réfrexes tendineux, osseux, musculaire sont abolis du côté opéré,

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